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Trafic de drogue en Guinée: 30 avocats dénoncent une "parodie de justice"





Une trentaine d'avocats guinéens, chargés de la défense d'anciens responsables policiers et militaires accusés de trafic de cocaïne, ont annoncé jeudi à Conakry qu'ils se retiraient de la procédure pour protester contre l'"immixtion intolérable" du chef de la junte dans l'affaire.

"Pour ne pas cautionner une parodie de justice (...), le collectif des avocats des inculpés a pris la décision de se retirer dÚs à présent de cette procédure dans laquelle les dés sont déjà jetés", selon un communiqué transmis jeudi à l'AFP à Dakar.

Les avocats assurent que le capitaine Moussa Dadis Camara, Ă  la tĂȘte de la GuinĂ©e depuis la prise du pouvoir par l'armĂ©e fin 2008, s'est rendu lundi au ministĂšre de la Justice afin d'examiner avec des magistrats "un seul point: celui relatif au dossier des prĂ©sumĂ©s narcotrafiquants".

Selon le communiqué, tous les magistrats qui ont eu en charge ce dossier ont été "sommés de justifier leurs réquisitoires et ordonnances".

Les avocats assurent que le ministre en charge de la lutte contre la drogue, le commandant Moussa Tiegboro Camara, avait auparavant convoquĂ© trois inculpĂ©s au siĂšge de la junte et leur avait dĂ©clarĂ© qu'"aucune dĂ©cision de mise en libertĂ© dans ce dossier ne pouvait ĂȘtre prise sans qu'il en soit informĂ© et que les juges devaient lui rendre compte de toute dĂ©cision de cette nature".

Les avocats dénoncent une nouvelle "immixtion grave et intolérable de l'exécutif dans le fonctionnement du pouvoir judiciaire" et estiment que les magistrats sous pression ne peuvent plus "rendre une décision impartiale".

Les prĂ©venus sont d'anciens officiers gĂ©nĂ©raux de l?armĂ©e et de hauts cadres de la police nationale, arrĂȘtĂ©s depuis le putsch. Parmi eux figurent l'ancien chef d'Ă©tat-major gĂ©nĂ©ral des armĂ©es, le gĂ©nĂ©ral Diarra Camara, et l'ancien directeur gĂ©nĂ©ral des services de police, SĂ©kou Mohamed Bangoura.

Ces avocats avaient déjà affirmé en septembre que leurs clients subissaient des "traitements dégradants et inhumains" en détention.

Le capitaine Moussa Dadis Camara, placé sous forte pression de la communauté internationale depuis le massacre d'opposants par l'armée le 28 septembre, a maintes fois annoncé que les narcotrafiquants seraient "chùtiés".

"Si je quitte aujourd'hui le pouvoir, la drogue reviendra dans le pays" avait-il affirmé fin septembre à l'AFP. "Quand vous avez un homme comme ça, qui a banni la drogue du pays, il faut le sauvegarder au lieu de parler de démocratie", avait ajouté le capitaine putschiste.

Source:AFP

  Rubrique: SociĂ©tĂ©  date: 29-Oct-2009 à 18:05:00  Partager:   :

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