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Maintien de la junte du Capitaine Dadis au pouvoir:Une ordonnance pour éviter le pire…

Dans la nuit du vendredi à samedi, un commando armé a débarqué chez l’opposant Jean-Marie Doré, avec pour objectif l’élimination de ce témoin « gênant ».Absent des lieux, l’opposant a frôlé le pire. Mais cette tentative d’assassinat contre Jean-Marie Doré illustre à suffisance que le pays est au bord du gouffre. Une étincelle, et c’est parti pour le chaos ! La peur au ventre, les Guinéens assistent à la folie du Capitaine Dadis Camara qui précipite son pays dans une crise sans fin. Un maigre espoir est cependant permit avec la rencontre le 2 novembre prochain, entre forces vives et le médiateur de la CEDEAO, Blaise Compaoré. Bien entendu, le dialogue étant rompu entre la junte de Dadis et les forces vives, la marge de manœuvre du « Docteur » Blaise pour soigner le « patient » Guinée est très étroite. Mais l’espoir est permit si le « Docteur » Compaoré prescrit la bonne ordonnance pour éviter le pire en Guinée. Vu la situation pourrie en Guinée où la méfiance et la psychose s’installent, quelques « pilules » sont recommandées aux uns et aux autres pour guérir le « malade » Guinée avant qu’il ne soit trop tard. Voyons lesquelles….
Première pilule : offrir une porte de sortie à Dadis
Certes, Dadis et ses hommes ont commis les crimes les plus abominables contre leurs compatriotes. Certes notre Dadis national doit à tout prix quitter son kibanyi pour que la Guinée renoue avec l’espoir , la justice, le progrès. Mais à y voir de plus près notre Dadis national risque de se radicaliser si aucune porte de sortie ne lui est offerte pour sauver le pays. Car au Camp Alpha Yaya Diallo, notre Dadis national, vomit par tous, contesté par ses proches du CNDD opte pour la solution de la dernière chance : s’entourer de milices ethniques, prêtent à semer la terreur au nom de l’appartenance ethnique de leur chef. Et le pire est à craindre pour le tissu social déjà fragilisé par des décennies d’injustice. Aussi deux acteurs-clés peuvent « sauver » le soldat Dadis avant qu’il ne plonge le pays dans le chaos.
Primo, les forces vives guinéennes doivent trouver une solution pour que Dadis sorte la « tête haute ».Aujourd’hui, plusieurs experts sont unanimes que le départ de Dadis peut-être négocié en lui offrant par exemple une immunité (provisoire ?) et le statut d’ancien chef d’Etat avec tous les privilèges s’y afférant. Une protection pour sa famille serait la cerise sur la gâteau, en lui promettant qu’au terme d’une transition civile, il est libre de ranger sa tenue et se présenter aux élections de….2010.
C’est cynique pour les esprits assoiffés de justice certes, mais réaliste vu la situation au pays, selon les analystes. Et le compte à rebours est déjà en marche…
Secundo, la communauté internationale doit trouver un « refuge » pour notre Dadis national. Un exil doré du côté de Tripoli, au Maroc, voire Ouagadougou ou Dakar sont des pistes actuellement étudiées par plusieurs chancelleries occidentales pour sauver le navire Guinée. D’ailleurs le « Guide-égaré » Kadhafi semble vouloir l’accueillir si les choses tournent au vinaigre à Conakry. Bien entendu, nos « cousins » gaulois et les américains du « frère » Obama doivent impérativement soutenir l’ONU, pour aider le futur gouvernement de transition à s’atteler à la première mission : celle de la restructuration de l’armée. Inutile de dire, qu’une armée indisciplinée, truffée de mercenaires est une bombe à retardement pour le futur gouvernement élu par le peuple. Et le compte à rebours en déjà en marche…
Deuxième pilule : Rendre justice aux victimes
Actuellement une colère indescriptible gronde dans le cœur des centaines de familles qui ont perdu leurs proches notamment lors du massacre du 28 septembre dernier. Aucune paix sociale ne peut être obtenue si les coupables de ces monstruosités continuent de s’afficher publiquement en toute impunité. A cette colère s’ajoute évidemment les décennies d’injustice chronique et de pauvreté. Deux remèdes pourraient soigner cette « plaie » qui gangrène le cœur des Guinéens.
Primo, la justice internationale doit se pencher dans l’urgence sur le dossier « Guinée » pour indexer et interpeller au plus vite les auteurs de ces crimes. D’ailleurs la Cour pénale internationale a compris l’intérêt d’une justice pour les victimes sinon, les règlements de compte sont vite utilisés pour réparer le tort, par les uns et les autres ( à Cona-cris, les assassinats ciblés ont déjà commencé).Devinez la suite…Bien entendu, vu la complexité et le besoin d’équité dans la « tragédie guinéenne », aucune autorité nationale ne peut rendre justice sans créer une polémique. La justice internationale semble donc être le derniers recours pour que les auteurs de ces crimes soient punis aux yeux de tous. Et le compte à rebours est déjà en marche…
Secundo, une conférence de réconciliation nationale semble être de mise pour que « bourreaux et victimes » se regardent en face .L’avenir du pays sera miné si des décennies de rancunes, injustices, ne sont pas « extériorisées » pour que le pardon des uns soit accepter par les autres. Bien entendu, le pardon ne signifie pas « oublie », mais combien sont ils ces Guinéens de toute origine, qui ont été victimes durant nos 50 annéess d’indépendance et de misère ? Aujourd’hui ces milliers de victimes anonymes n’attendent qu’une chose : la reconnaissance des torts qu’elles ont subis pour (éventuellement) pardonner, au nom de la paix sociale dans le pays.
Et le compte à rebours est déjà en marche…
Troisième pilule : Renforcer l’unité nationale
Aujourd’hui plus qu’hier, le tissu social a pris un sérieux coup. Avec le climat de psychose et de méfiance qui s’installe, les Guinéens se regardent désormais du coin de l’œil selon l’origine ethnique de chacun. Et comme la mémoire collective a vite oublié la tragédie rwandaise, l’interminable conflit chez nos frères ivoiriens, des pyromanes s’attèlent à allumer un « incendie ethnique » dont les conséquences font frémir. Si notre Dadis national dans sa « folie » continue de recruter des milices ethniques, les Guinéens doivent comprendre un message : Un jour Dadis partira, mais la Guinée est éternelle avec tous ses fils et filles quelque soit leur origine ethnique. Inutile de dire que personne n’a intérêt à brûler la maison commune (sauf Dadis et ses complices qui n’ont rien à perdre depuis les crimes du 28 septembre).Avant que Dadis et ses « amis » n’allument le feu, plusieurs « sapeurs pompiers » peuvent éteindre cet incendie (volontaire) qui risque d’embraser le pays et même la sous-région.
Primo, nos chefs religieux et vieux doivent pour une fois abandonner l’hypocrisie et dire la vérité aux uns et aux autres. Aucune paix n’est possible si nos « barbes blanches » continuent de bénir les « assassins « du peuple. Aujourd’hui leur mission sacrée c’est de sensibiliser les populations dans les mosquées, églises et même dans les familles pour montrer que la Guinée est « une et indivisible ».Aucun leader politique, aucun membre de la junte ne peut gouverner sur un pays en lambeau. Nos Imams, nos prêtres doivent prêcher la justice, l’amour du prochain en….servant d’exemple à leurs compatriotes. Inutile de dire qu’ils vont prêcher dans le désert s’ils continuent à bouffer l’argent de la junte, à demander des prières pour les chefs et autres. Et leur mission sera autant plus facile que toutes les villes guinéennes sont multiethniques et les Guinéens toutes ethnies confondues vivent (pour l’instant) en paix malgré l’appel des groupes extrémistes pour semer la terreur. Et le compte à rebours est déjà en marche…
Secundo, l’armée guinéenne symbolise la cohésion même du tissu social. Après les tueries et multiples exactions, nos hommes en uniforme doivent se rappeler de leur mission sacrée : celle de défendre les Guinéens contre tout danger même interne. Aujourd’hui, nos militaires ont une dernière chance pour sauver le pays du chaos. Ils doivent choisir le côté du peuple contre les extrémistes qui veulent enflammer le pays. Certes notre Dadis national a verrouillé nos casernes avec ses milices, mais que valent des milices devant une armée ?Déjà notre Dadis national a trahi ses compagnons en infiltrant des mercenaires étrangers dans les troupes, faut-il mourrir pour un chef de la junte prêt à sacrifier son pays et sauver son fauteuil ?A défaut d’une solution diplomatique à la « plaie » Dadis, l’armée guinéenne reste le seul salut pour les Guinéens qui ne veulent qu’une chose :vivre en paix de manière décente !Inutile de rappeler que bon nombre de nos soldats ont vécu le cauchemar du Libéria, de la Sierra-léone à cause de la folie meurtrière d’un Charles Taylor ou un Foday Sankhon. Aujourd’hui ces deux pays pensent leurs « plaies » et se remettent difficilement de ces cauchemars. Chez nos voisins de Bissau, l’armée a fait « le ménage » pour se ranger derrière le président élu Malam Baicai Sagna, pour sauver l’unité du pays. Et bien à nos militaires de choisir entre la "plaie" Dadis et le peuple, car le compte à rebours est déjà en marche…
Tertio, les médias guinéens doivent jouer la carte de l’apaisement. Nos pauvres populations doivent comprendre que la junte de Dadis est un « système » mais ne représente en aucun cas une ethnie comme il veut le faire croire. Et nos scribouillards doivent à tout prix éviter de ventiler des messages ethnocentristes qui risquent d’attiser la haine des uns contre les autres (évidemment votre canard Africaguinee et votre râleur du lundi sont concernés).Et Dieu sait que nos con(de)frères ne manqueront pas d’arguments pour rappeler que la Guinée est une et indivisible, car si la maison commune brûle, et bien ce sera le début de la fin !Aucune ethnie, aucune région ne doit être stigmatisée, car demain Dadis partira mais la Guinée reste. Et le compte à rebours est déjà en marche…
Finalement, fidèles à leurs habitudes, les Guinéens attendent la « solution miracle » avec la médiation du « Docteur » Compaoré .Certes le coup de main de la communauté internationale est salutaire pour sauver le pays, mais le vrai boulot appartient aux Guinéens eux-mêmes. Aucune solution internationale ne peut s’appliquer à la Guinée sans la volonté et le courage des Guinéens. Aujourd’hui plus que jamais la patrie est en danger face à la « plaie » Dadis. Malgré les menaces et intimidations, la junte de Dadis n’est qu’une goutte d’eau face à la volonté inébranlable de tous les Guinéens qui aspirent à la liberté et au changement. Mais ce changement à un prix : l’unité de tous face à la menace « du système Dadis » D’ailleurs, le secrétaire d’Etat français à la coopération Alain Joyandet a rappelé que les sanctions internationales sont inefficaces sans l’unité des Guinéens : « Il faut que les sanctions tombent, des sanctions justes. Je pense qu'un élément est important, c'est la pression intérieure qui viendra des Guinéens eux mêmes».Cet aveu de ce cousin « gaulois » est à méditer. Même si « l’ennemi intime des Guinéens » , reste la France depuis un matin du 28 septembre 1958.50 ans plus tard, c’est le drame du 28 septembre 2009.Mais ceci est une autre histoire. A la semaine prochaine !
Amadou Diallo
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Coup de gueule  date: 26-Oct-2009 ŕ 15:28:06  Partager:   :  |
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