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Capitaine Dadis: Les cartes de la dernière chance…

Depuis le 28 septembre dernier, le " boucher " de Conakry est acculé comme un "rat" par la communauté internationale. Notre Dadis national sait que désormais son sort est scellé. Mais le ciel politique guinéen est loin d’être dégagé et de gros orages s’annoncent sur la tête des Guinéens. La série de démissions de plusieurs membres du gouvernement de Kabinet Komara( des rats qui abandonnent le navire Dadis avant qu’il ne coule) et la position adoptée par la CEDEAO et la communauté internationale ont été perçues comme une victoire par les forces vives et les « anti dadis ».Hélas, piégé par la folie meurtrière de ses hommes, notre Dadis national n’a plus le choix :quitter pour être jugé ou devenir apatride en exil , ou s’accrocher à son fauteuil pour le meilleur et pour le pire. Cette dernière option semble être le choix du « boucher » de Conakry qui joue contre la montre, quit à plonger son pays dans une crise sans fin. Evidemment, plusieurs signes nous montrent que notre Dadis national joue ses dernières cartes pour sauver sa tête, malgré la pression de la communauté internationale et les forces vives qui exigent son départ .Voyons de plus près…
La communauté internationale : deux anciens putchistes comme alliés…
Avec la communauté internationale, notre Dadis national joue à fond la carte de la division pour sauver son fauteuil ensanglanté. Bien entendu, sur la scène internationale, une règle d’or conditionne tout : l’ennemi de mon ennemi, c’est mon ami. Contre, l’ONU, l’UE (surtout nos cousins gaulois du french Doctor Kouchner ), l’Amérique du cousin Obama, la Chine est plutôt intéressée par les richesses guinéennes, au moment où les occidentaux « foutent le camp ».Et c’est tant mieux pour notre Dadis national, qui voit la manne chinoise comme un cadeau du ciel, pour mieux diaboliser le « colon occidental ».Mais au niveau de l’Afrique, le « boucher de Conakry » compte sur deux trouble-fêtes pour fausser les sanctions de la CEDEAO et l’Union Africaine.
[Primo, le médiateur Blaise Compaoré a beaucoup de « chats à fouetter « en ce moment. D’abord, avec le bourbier ivoirien qui dure depuis ….2002, où des millions de burkinabé sont concernés (ils bossent au pays d’Houphouet), tout porte à croire qu’il ne va pas se casser la tête avec l’équation guinéenne. 
Au pays d’Houphouet où il est aussi « médiateur », les élections tant attendues se profilent pour novembre 2009, si le « boulanger Gbagbo » ne roule pas tout le monde dans la farine !Ensuite, l’autre danger pour la médiation de la crise guinéenne, c’est le passé même du médiateur. Un ancien putchiste, tueur de Sankara, allié inconditionnel des rebelles libériens et sierra-léonais, avec la bénédiction de l’autre « monstre », Mouammar Kadhafi. Un passé peu reluisant donc pour Compaoré, devenu grâce à l’hypocrisie des chefs d’Etat de la sous-région le « faiseur de paix », car personne ne veut prendre la « patate chaude » guinéenne. Interrogé récemment sur la crise guinéenne, Blaise Compaoré a joué la langue de bois : « Dadis, C’est un chef d’Etat, donc un ami(…)Nous nous connaissons certes, mais cela ne nous empêche pas de lui dire ce que nous attendons de lui ou encore de lui dire : si vous continuez de faire ceci, vous partez ! ».Bien entendu, comme on ne trahit pas un « ami », Compaoré semble vouloir le dialogue avec notre Dadis national, même si les forces vives guinéennes font la sourde oreille : « Le départ de Dadis, ce n’est pas la question principale. Ce qui est primordial aujourd’hui, c’est de faire en sorte qu’il y ait désormais un processus démocratique crédible dans ce pays qui va aboutir à des élections libres, justes et transparentes. Cela doit être l’aboutissement de discussions que les parties vont entamer. » a ajouté Blaise, au micro d’Africa24, dans une langue de bois que Dadis a compris. Désormais, la question de son départ du pouvoir sera discutée devant le grand frère Burkinabé ! Devinez le reste…Comme quoi, on a gagné une bataille, pas la guerre !
Secundo, le grand frère Kadhafi reste fidèle à lui-même. Il adore mettre les pieds dans le plat pour attirer l’attention sur lui. Tenez lundi soir, l’imprévisible Kadhafi a utilisé le manteau de « président en exercice de l’Union Africaine » pour diaboliser la communauté internationale, contre… » toute ingérence dans nos affaires pourries ».Lundi soir, un porte-parole du « Guide-égaré », a remué le couteau dans la plaie pour secouer la CEDEAO qui veut imposer un embargo sur les armes contre la Guinée.
"l'Union africaine refuse cette ingérence avec force et la considère comme une intervention dans les affaires internes d'un pays indépendant et souverain disposant d'une armée et ayant un peuple qu'il faut respecter".
"L'armée guinéenne n'a pas déclenché de guerre contre d'autres pays comme l'avaient fait les colonisateurs qui n'ont pas été soumis à des décisions d'embargo sur les armes. Par conséquent, ledit embargo sur les armes imposé à l'armée guinéenne qui doit s'armer et être forte pour défendre son pays n'a aucun sens", a poursuivi un porte-parole du bouillant Colonel Kadhafi qui vole au secours de notre Dadis national, lâché de toutes part. Nos vénérés « présidents » africains, nos cousins gaulois, Ban-Ki Moon de l’ONU et Obama apprécieront cette « flèche » du « Guide-égaré » Kadhafi. Et dire que des armes circulent dans les quartiers de Conakry, des hors-la loi tuent sans retenue dans le silence des pauvres innocents civils qui ne demandent qu’à vivre, on comprend mieux le cynisme du « guide-égaré » Kadhafi qui adore provoquer pour mieux se faire voir. D’ailleurs, il ne cache pas son estime pour son « petit » Dadis dont il prend personnellement sous l’aile pour le protéger contre « méchants occidentaux ».Et Dadis sait qu’il peut compter sur ce « grand frère » arrivé au pouvoir par les armes un matin du 1er septembre 1969, à l’âge de 27 ans ! .Le 8 octobre dernier, le Capitaine Dadis Camara avait prévenu le "Guide-égaré" que "ce qui est colporté à l'étranger n'est que de la propagande colonialiste visant l'ingérence dans les affaires internes de la Guinée et à faire main basse sur les ressources dont regorge le pays".Et puisque le Colonel Kadhafie voue une haine aveugle contre l'occident, le message de Dadis a passé.Et il sait compter sur son "grand frère protecteur": "Moi, je n'ai demandé de l'argent à personne. J'ai mangé l'argent d'un seul homme , celui du président Khadafi. Ça, c'est l'argent propre !" avait martelé le Capitaine Dadis, le 3 septembre dernier devant le Groupe de contact international sur la Guinée. Quelques jours plus tard, c’est le massacre du 28 septembre.…Comme quoi, on a gagné une bataille, pas la guerre !
Au niveau interne : Faire peur et diaboliser la communauté internationale
Devant la pression de la communauté internationale et l’hostilité de ses compatriotes, notre Dadis national a changé radicalement de méthodes pour sauver sa peau. Fini les discours enflammés où il promet monts et merveilles, l’argent achète peu les consciences encore traumatisées par les tueries et scènes de viols en plein jour à Conakry. Désormais, il peaufine un message très révélateur à l’endroit des civils et des militaires.
Primo, pour les civils, il s’agit désormais de faire peur pour décourager d’éventuels téméraires qui oseraient défier son kibanyi souillé par le sang de ses compatriotes. Et le « boucher de Conakry » a promis le pire à ceux qui oserait le défier. Devant les forces armées guinéennes réunies au Camp Alpha Yaya Diallo, notre Dadis national n’a pas mâché ses mots : « Tous les leaders politiques ont signé un code de bonne conduite : de ne pas inciter à la haine et d’éviter de provoquer la violence. Si donc ils organisent des mouvements (contre moi ou ma candidature, ndlr) de nature à empoisonner le pays, ils seront responsables de tout ce qui arrivera. Ils l’auront cherché ». Plus loin, il prévient que « Ce qui s’est passé le 28 septembre permettra aux Guinéens de tirer les leçons. C’est un système machiavélique. Nous venons de prouver que nous ne nous laisseront pas faire. », sans commentaires !Comme quoi, on a gagné une bataille, pas la guerre !
Secundo, devant la menace d’une mutinerie au sein de l’armée qui n’apprécie pas les actes barbares de la junte et l’insertion dans l’armée de mercenaires étrangers( d’ex rebelles de l’ULIMO), notre Dadis national a trouvé les mots qu’il faut pour flatter l’ego de ses frères d’armes. 
Parlant de l’envoi d’une force d’interposition en Guinée, Il a diabolisé la communauté internationale, qui veut envoyer « une armée » pour défier les militaires guinéens. En jouant sur la fibre du nationalisme, Dadis veut lier son sort à celui du pays. :« Je suis devenu encombrant pour les superpuissances parce que j’ai refusé de leur donner mes mines, c’est pour cela qu’elles veulent envoyer une force d’interposition pour me déstabiliser. Tous ceux qui préparent une force internationale d’interposition et de protection de civiles, n’ont qu’à se préparer aussi aux conséquences »,avait-il prévenu le 16 octobre dernier au Camp Alpha yaya diallo avant d’ajouter : « On parle de force d’interposition quant la sécurité du peuple est menacée. Nous n’avons pas besoin de force d’interposition. Je voudrais dire à la communauté internationale que nous accepterons n’importe quelle solution de dialogue, mais que nous rejetterons toute autre solution comme une force d’interposition. Si une force d’interposition arrive en Guinée, le pays ira directement en Guerre », dit-il pour calmer les esprits surchauffés de nos bidasses qui tuent, violent en toute impunité. Tans pis pour les pauvres populations civiles prises au piège par une armée incontrôlable de l’aveu même de notre Dadis national !Comme quoi, on a gagné une bataille, pas la guerre !
En définitive, le Capitaine Dadis Camara joue ses dernières cartes pour sauver sa tête désormais mise à prix par le Cour pénale internationale et par tous ceux qui ont été victimes de son régime aussi médiocre que sanguinaire ! Pour une fois, les forces vives doivent saisir cette dernière occasion pour coincer le « boucher de Conakry ».S’il faut négocier, ce serait son départ avec sa junte !Toute autre alternative, risque de plonger le pays dans une crise dont l’issue peut-être catastrophique pour les Guinéens et leurs voisins immédiats !Avec un peu de recul, les Guinéens ont compris qu’un chef humilié, coincé doit quitter à tout prix,sinon sa vengeance sera terrible. Les mutins des journées du 2 et 3 février 1996, en savent quelque chose lorsque le défunt président Conté était à un doigt de sauter de son kibanyi. Mais hélas, l’hypocrisie et la naïveté au sein des mutins a permit au vieux général de se maintenir. On connâit la suite…Aujourd’hui notre Dadis national joue sur la division de la communauté internationale et la naiveté de certains compatriotes pour gagner du temps pour mieux ….frapper ! Heureusement que l’alerte a été donnée par le téméraire Mouctar Diallo de l’opposition qui prévient que le report de la décision sur la candidature de Dadis : "C'est une fuite en avant. C'est une stratégie pour le Capitaine Dadis Camara pour gagner du temps;il veut trouver un échappatoire. Et nous demandons à l'Union Africaine et à la communauté internationale de ne pas tomber dans ce piège »Mais encore faut-il que les forces vives et la communauté internationale affichent une unité à toute épreuve contre le soldat Dadis… Mais ceci est une autre histoire. A la semaine prochaine !
Amadou Diallo
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Coup de gueule  date: 20-Oct-2009 ŕ 16:18:20  Partager:   :  |
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