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Blaise Compaoré, médiateur de la crise guinéenne:" Seul le dialogue politique peut éviter à la Guin





Le médiateur de la crise guinéenne , le président Blaise Compaoré vient de réagir face à l'enlisement de la situation politique en Guinée.Pour le président du Faso, la sortie de crise passe d'abord par le dialogue, malgré les préalables posées par les forces vives guinéennes qui exigent le départ de la junte du Capitaine Dadis Camara avant tout dialogue.Au micro de nos confrères de la télévision panafricaineAfrica 24, Blaise Compaoré aborde aussi le dossier ivoirien et les problèmes climatiques qui touchent le contient africain...

Africa 24:Le Forum sur le développement durable organisé par le Burkina est-il un tournant pour l’Afrique sur les changements climatiques? L’Afrique est-elle en danger?


Blaise Compaoré : Nous estimons qu’au-delà de l’Afrique, toute la communauté internationale est mobilisée aujourd’hui pour instaurer un leadership mondial sur la gouvernance, les changements climatiques, au regard de l’impact très négatif de ce phénomène sur notre vie, sur le devenir de notre planète et des nations et aussi sur notre prospérité future. Ouagadougou se veut une rencontre des africains avec des représentants de d’autres continents pour partager des savoir-faire, des idées, susciter des partenariats pour bien organiser cette gouvernance par rapport à la question précise de l’environnement.

Nous sommes ici à Ouagadougou, une ville qui a subi des inondations il y a quelques semaines. Est-ce que vous avez le sentiment que ces inondations sont la résultante du changement climatique ?
Il est certain que lorsque vous recevez en quelques heures 60% de la quantité d’eau qui tombe toute l’année sur Ouagadougou, il y a lieu de se poser des questions. Tous les experts s’accordent à dire que ces phénomènes sont suscités par les changements climatiques. Ce forum va donner l’occasion aux burkinabè de prendre davantage connaissance des impacts négatifs de ces phénomènes sur leur vie quotidienne, leur possibilité de développement mais aussi surtout sur leurs capacités à s’adapter à ce phénomène-là.

Quelle devrait être la position de l’Afrique sur la question des changements climatiques à Copenhague?

L’Afrique entend participer d’abord en tant que continent qui contribue faiblement à l’émission des gaz à effet de serre. Mais aussi et surtout en tant que région du monde qui a des possibilités d’adaptation directe très faibles. Mais l’Afrique voudrait à Copenhague demander aux pays industrialisés de maintenir leurs engagements. S’ils ne peuvent pas le faire, qu’ils se réfèrent aux propositions du groupe international d’experts.

Allez-vous exiger des compensations aux pays industrialisés?

Nous allons évoquer à Copenhague la question du soutien au développement de nos pays. Cela, parce qu’à travers l’énergie utilisée par leur industries, ils détruisent notre environnement. Dans certaines régions, l’énergie domestique vient chez nous à plus de 80 % de la forêt. Alors que nous avons sur le continent des feux de brousse, des vents. L’Afrique aura besoin de soutiens massifs. Le soutien de la communauté internationale à nos Etats doit concerner le domaine de l’agriculture, de la formation… Nous devons travailler à asseoir un développement qui tienne compte de la préservation de l’environnement.

Pourquoi avez-vous accepté le rôle de médiateur en Guinée? Quel sera le mode opératoire de votre médiation?

La Guinée est un pays africain. De surcroît, situé en Afrique de l’Ouest. Ce pays vit une situation exceptionnelle, qui, depuis le 28 septembre 2009, s’est empirée. A la demande du président de la Commission de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), nous avons voulu apporter notre contribution à la résolution de cette crise en rendant visite aux autorités de transition pour leur porter le message des chefs d’Etat de la Communauté. Message qui dit qu’il faut rétablir le processus démocratique selon les principes universels. Surtout sur la base des engagements pris auparavant par les uns et les autres.

Le chef de la junte vous a t-il écouté et compris?

Lorsqu’on parle de démocratie, il faut parler du dialogue politique. Or, nous avons trouvé une situation où le dialogue politique était rompu entre toutes les parties. Nous nous sommes surtout évertués à expliquer les vertus de ce dialogue politique, qui ne doit pas exclure un camp au profit d’un autre.

Vous avez invité les acteurs politiques ici à Ouagadougou. Quand s’ouvrira ce dialogue?

Ces derniers temps, les forces vives ont fait une adresse nous soumettant leurs préalables. Nous avons des appréciations à donner sur ces préalables avant qu’un quelconque dialogue ne soit entamé.

Allez-vous exiger du capitaine Dadis Camara qu’il respecte sa promesse initiale de ne pas se présenter à la présidentielle?

Pour nous, ce n’est pas la question principale. Ce qui est primordial aujourd’hui, c’est de faire en sorte qu’il y ait désormais un processus démocratique crédible dans ce pays qui va aboutir à des élections libres, justes et transparentes. Cela doit être l’aboutissement de discussions que les parties vont entamer.

L’opposition a exigé comme préalable le départ de Dadis Camara avant toute négociation. Comment allez vous faire pour les convaincre?

Nous n’en doutons pas c’est une décision souveraine de l’opposition.

C’est radical comme position !

Nous estimons qu’en Afrique, nous avons connu des tragédies, des crimes…Cela ne doit pas empêcher les parties de dialoguer. En Afrique du Sud, Nelson Mandela et Frédéric De Klerk ont discuté alors qu’il y avait des obstacles énormes pour un dialogue. Cela n’a pas empêché De Klerk de sortir Mandela de prison. L’opposition devrait comprendre que pour éviter d’autres drames et remettre ce processus sur les rails, le choix du dialogue politique me paraît incontournable.

Après les évènements du 28 septembre, le capitaine Moussa Dadis Camara reste t-il un interlocuteur crédible?




Nous refusons de donner des qualificatifs à Dadis Camara à partir de ces évènements.

Connaissez-vous bien le capitaine Dadis Camara?

Nous l’avons rencontré par deux fois. C’est un chef d’Etat, donc un ami. C’est une personne qui a de hautes charges au niveau de l’Etat guinéen. C’est un interlocuteur. Nous nous connaissons certes, mais cela ne nous empêche pas de lui dire ce que nous attendons de lui ou encore de lui dire : si vous continuez de faire ceci, vous partez !

La question des listes électorales en Côte d’Ivoire suscite déjà de la controverse. Ne craignez-vous pas que le contentieux retarde la tenue des élections?

Au départ, nous avions eu l’impression qu’il s’agissait d’un contentieux énorme. Mais de ce qui ressort de la présentation de la liste au président, qui lui-même nous a rassuré à nouveau, l’élection va bel et bien avoir lieu. Nous ne pensons pas qu’il faille en douter. Il y a encore des réajustements à opérer pour donner de la transparence et de la clarté là où se sont glissées les toiles.

Près de deux millions de noms sont querellés et contestés sur cette liste. C’est une tâche énorme?

Il est vrai qu’il s’agit d’une liste qui reste à valider. Le dispositif électoral technique qui existe actuellement permettra de corriger très vite des défaillances s’il y en a.

Etes-vous confiant comme tous les acteurs politiques en Côte d’Ivoire que les élections vont se tenir le 29 novembre comme prévues?

Les listes sont prêtes. Aucun acteur politique n’est jusque là opposé à la tenue d’élections à la date prévue.

La communauté internationale pourrait-elle s’accommoder d’un nouveau report de l’élection en Côte d’Ivoire?

Est-ce une question à laquelle nous devons répondre? Elle doit être plutôt adressée à la communauté internationale…

Vous êtes le médiateur de la crise ivoirienne...

La communauté internationale souhaite simplement qu’il y ait des élections libres, justes et transparentes en Côte d’Ivoire cette année.

Pensez-vous que vous arriverez à convoquer le cadre de concertation permanent dans les délais, s’il vous arrivait actuellement de constater des obstacles?

Nous avons prévu d’avoir une réunion juste après la publication de la liste électorale.

Vous faîtes recette hors du Burkina à travers vos médiations. Or, vos opposants au Burkina estiment qu’il est temps que l’alternance se réalise après les vingt-deux années que vous avez passées au pouvoir?

Les opposants eux-mêmes ne sont-ils pas des obstacles au processus démocratique dans notre pays?

Ils estiment qu’ils sont la solution au développement du pays…
Cette réaction est propre à toutes oppositions à travers monde. Chaque opposition se dit être la solution aux problèmes de la société.

Vous leurs donnez rendez-vous en 2010?

Ils auront face à eux le candidat du parti au pouvoir. Ils doivent se soumettre au choix du peuple. Il n’y a que cela. On ne peut pas passer toute la journée à débattre sur l’alternance sans recueillir l’avis du peuple. Autrement c’est faire de la libation inutile.

Thierry Hot
Source:Africa24

  Rubrique: Interview  date: 11-Oct-2009 ŕ 22:38:20  Partager:   :

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