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La junte guinéenne en proie à des tensions...

Des divergences sont apparues au sein de la junte guinéenne dont le chef, Moussa Dadis Camara, a été pour la première fois ouvertement mis en cause par la France, mercredi.
Sur ordre du général Sékouba Konaté, numéro deux de la junte, des policiers se sont présentés mercredi soir au bureau de Camara pour arrêter son aide-de-camp, Aboubacar Sidiki "Toumba" Diakité, soupçonné d'avoir participé au massacre de plusieurs dizaines d'opposants, le 28 septembre. Une dispute a alors éclaté et les agents ont dû renoncer à leur mission.
"C'est le général Konaté qui a ordonné l'arrestation de Toumba. Il y a une discussion animée. Je suis parti à ce moment-là ", a déclaré l'un d'eux, interrogé par Reuters.
"On ne sait pas ce qui va se passer maintenant, mais il y a des tensions et on est dans l'attente", a ajouté un militaire, assurant qu'aucun coup de feu n'avait été tiré.
Selon un bilan établi par un mouvement de défense des droits de l'homme, les forces guinéennes ont tué au moins 157 personnes, le 28 septembre, lors d'un rassemblement de l'opposition dans un stade de Conakry.
L'opposition soupçonne Moussa Dadis Camara, arrivé au pouvoir en décembre à la faveur d'un coup d'Etat après la mort du président Lansana Conté, de vouloir revenir sur sa promesse de ne pas se présenter à la présidentielle du 31 janvier prochain.
INDIFFÉRENCE
"Le moins que l'on puisse dire c'est que l'on soupçonne le président intérimaire d'avoir commandé ou au moins d'avoir participé à la décision" d'intervenir dans le stade, a déclaré mercredi le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.
"Un jour on saura exactement ce qui s'est passé. Ce qu'on sait pour l'instant par les témoignages est proprement horrible, épouvantable", a-t-il poursuivi lors d'une audition devant la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.
"Les réactions de la communauté internationale ne sont pas à la hauteur de ce massacre, hélas, il y a une espèce d'indifférence", a déploré Bernard Kouchner, souhaitant une enquête internationale.
Son homologue américaine a, quant à elle, exhorté les militaires à céder le pouvoir. "Nous avons été choqués et scandalisés par les violences récentes en Guinée", a déclaré Hillary Clinton lors d'une conférence de presse.
"Les dirigeants de la Guinée doivent des excuses profondes au peuple (...) Ils doivent non seulement des excuses, mais reconnaître qu'ils ne peuvent plus rester au pouvoir, qu'ils doivent rendre au peuple le droit de choisir ses dirigeants", a-t-elle dit, ajoutant sans plus de précision que Washington allait prendre "des mesures appropriées" contre la junte.
Pour Sebastian Spio-Garbrah, membre du cabinet de conseil Eurasia Group, spécialiste du risque politique, Moussa Dadis Camara aura du mal à se maintenir au pouvoir jusqu'à la fin de l'année et encore plus à se présenter à la présidentielle du 31 janvier.
"Les pressions diplomatiques croissantes sur le régime militaire guinéen vont probablement donner lieu à une révolution de palais", écrit-il dans une note de recherches.
Niant toute responsabilité, le chef de la junte a imputé le massacre du 28 septembre à des éléments incontrôlés de l'armée et à des mercenaires étrangers. Il a proposé mercredi soir la création d'une commission d'enquête, ne réservant que quatre de ses 31 sièges à l'opposition, qui a aussitôt rejeté son offre.
Source:REUTERS |
  Rubrique: Politique  date: 08-Oct-2009 ŕ 16:42:16  Partager:   :  |
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