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Tueries Ă Conakry:"Je ne contrĂ´le pas ce mouvement...", avoue le chef de la junte, Capitaine Dadis C

Au moment où des dizaines de Guinéens sont froidement abattus par des militaires de la garde présidentielle, le chef de la junte , Capitaine Moussa Dadis Camara a avoué ce mardi qu'il ne "contrôle pas ce mouvement".Au micro de nos confrères de RFI, le Capitaine Dadis Camara démontre qu'il est loin de maîtriser ses hommes qui continuent de tuer, violer les populations civiles à Conakry...
RFI : Pourquoi vos hommes ont-ils tiré sur la foule ce lundi à Conakry ?
Moussa Dadis Camara : Les leaders politiques avaient fait un programme de manifestations et ils ont jugé nécessaire d'en fixer la date au 28 septembre. On ne peut pas falsifier une journée historique. Le 28 septembre est la date du référendum qui a conduit notre pays à l’indépendance. Ce jour du 28 septembre, c’était une journée de recueillement. Et le 29, il devrait y avoir cette manifestation mais ils ont jugé nécessaire de manifester le 28 septembre.
Donc, le matin à 10 heures, on commence à comprendre qu’il y a déjà une marche et que les commissariats ont été saccagés. Ils ont pris des armes, et donc les gens ont continué en direction du stade du 28- Septembre. Moi-même je n’étais pas sur le terrain… Les hommes ont, semble-t-il, défoncé le portail du grand stade, ils sont rentrés et cela a attiré l’attention des sympathisants du CNDD (Centre national pour la démoratie et le développement), qui sont d’ailleurs mes sympathisants. Ils ont été alertés.
Et quand ils sont rentrés dans le stade il y a eu – finalement – accrochage. Donc, je crois qu’il y a eu certainement des bousculades, et on m’a dit que le stade était vraiment perturbé.
Vous dites que tout cela est survenu à cause d’une bousculade au stade, mais d’après de très nombreux témoignages, beaucoup de gens, plusieurs dizaines de personnes ont été tuées par des tirs à balles réelles de la part de vos hommes, de la part des Bérets rouges…
Moi-même je n’étais pas au Stade. On m’a dit qu’il y avait des bousculades et on m’a dit également qu’il y a eu des tirs et que les gens avaient pris des armes au niveau du commissariat de police. Donc, dans cette marée humaine, il y a eu des tirs... Mais qui aurait tiré ? Pont d’interrogation ! Mon plus grand souci était d’abord de savoir combien de personnes ont été blessées et aussi quelles sont celles qui ont perdu leur vie.
On parle de plusieurs dizaines de cadavres, qui sont à la morgue aujourd’hui…
J’attends, effectivement, qu’on me donne la vraie statistique de ceux-là , qui ont effectivement ce cas malheureux… c’est vraiment triste ! Effectivement, il y a eu des morts. Mais la statistique… le nombre, je ne l’ai pas encore eu par rapport à ce cas très malheureux. Mais très franchement parlant, je suis très désolé, je suis très désolé…
Il y a de nombreux témoignages qui parlent de femmes qui ont été déshabillées et violentées, avec le canon des fusils des militaires. Il y a aussi des témoignages qui disent que les militaires ramassent les corps à la morgue, pour éviter que l’on fasse un comptage des victimes…
Si au moins j’avais été sur le terrain, si on m’avait permis… Et là , vous pouvez demander, quand j’ai appris qu’il y avait des accrochages partout, je me suis dit : si j’étais sur le terrain, j’aurais peut-être demandé si effectivement les militaires avaient les armes. Parce que moi, je suis habitué à cela...
Toutes les fois que les militaires venaient avec les armes, moi-même je leur disais : si vous voulez renverser le général Lansana Conté en passant par l’humiliation ou en essayant de faire du mal aux généraux, je demande que vous me fusilliez.
Donc, je suis resté dans mon bureau. Du bureau, mettez-vous à ma place, je ne suis pas vraiment un sorcier pour savoir. En toute sincérité, comment ces événements se sont passés ? J’ai le compte-rendu qu’on vient de me faire. Compte-rendu faux ou vrai ? Je suis dans un dilemme !
J’ai dit que c’est un cas très malheureux mais j’ai dit aussi que j’avais une armée, une armée qui est patriote, mais où les droits ont été bafoués et pour laquelle on demande une restructuration.
Il s'agit donc d'un mouvement incontrôlé, même le chef de l’Etat ne peut pas contrôler ce mouvement. Et c’est pour cette raison, d’ailleurs, que je ne sais pas encore dit si je serais candidat. Parce que je sers ce peuple. On ne peut plus commander dans la dictature.
Un entretien réalisé par Christophe Boisbouvier
Source:RFI |
  Rubrique: Interview  date: 29-Sep-2009 ŕ 14:24:38  Partager:   :  |
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