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Transition:"Nous n'avons plus droit à l'erreur", prévient Sidya Touré de l'UFR





L'ancien premier ministre guinéen, Sidya Touré a déclaré mercredi son opposition à toute tentative de confiscation du pouvoir par l'armée.Au cours d'une conférence de presse au siège de son parti à Conakry, le leader de l'Union des Forces Républicaines(UFR) a indiqué que la Guinée a une nouvelle chance pour instaurer la démocratie et qu'il faut la saisir."Nous avons estimé qu’il est impossible de continuer à bâtir dans un système qui va durer encore dix ou vingt ans parce que pour la Guinée c’est vraiment la dernière fois, il faut jouer ses cartes.", a déclaré M.Sidya Touré.

L'ancien locataire de la primature a exposé la position des partis politiques guinéens sur la transition menée par la junte du Capitaine Moussa Dadis Camara."L’essentiel aujourd’hui pour nous c’est d’appliquer ce qui a été prévu dans le cadre de notre transition lors des concertations de 2006 et accepté dans le cadre du document que nous avons remis au CNDD le 7 janvier 2009 à savoir : une transition courte, une transition neutre vis-à-vis de l’armée et du gouvernement, des élections rapides qui permettraient au pays de renouveler ses engagements vis-à-vis de la communauté internationale et aussi mettre en place un gouvernement civil qui serait capable de donner enfin une gouvernance qui serait à la hauteur de l’ambition de notre peuple qui attend cela depuis un demi-siècle. », a expliqué M.Touré.

Parlant de la transition militaire, le président de l'UFR a estimé qu'elle est la conséquence de toutes les crises socio-politiques qui ont secoué le pays notamment la grève générale de janvier et février 2007."N’oubliez pas qu’en 2007 sur les 33 préfectures de Guinée 30 avaient été attaquées par les manifestations pour montrer l’énormité du ras le bol au défunt Général Conté. Nous sommes rentrés dans cette transition militaire avec tout ce passé, mais également avec l’espoir qu’il y’aurait quelque chose de nouveau.", a-til ajouté.

Sidya Touré a estimé que le soutien de son parti à la junte était dû au programme annoncé par le CNDD notamment sa neutralité durant la transition et sa volonté de rendre le pouvoir aux civils après des élections libres et transparentes:"Si vous vous souvenez nous étions parmi les premiers partis à donner notre accord dès le 23 mars parce que l’idée était de faire une transition neutre au niveau de l’armée, l’organisation d’une élection libre et transparente qui permettrait de revenir à un régime civile. ".

"J’entends certains dirent que vous avez trop soutenu les militaires, oui mais au départ il n y avait aucune espèce de raison de ne pas soutenir car la déclaration faite par le CNDD disait:
+Oui nous sommes là pour assurer une transition courte, organiser des élections et rentrer dans les casernes+. Je ne vois pas de quelle manière on ne pourrait pas soutenir quelque chose comme ça. C’est pourquoi nous au niveau des partis politiques, on avait estimé qu’il fallait garder le contact avec ces militaires les encadrer si nécessaire, faire en sorte que nous puissions sortir de cela avec le moindre gaffe »,a-til insisté le leader de l'UFR.


Pour Sidya Touré tous les malheurs qui continuent de s’abattre sur les Guinéens sont causés par la modification de la constitution par Lansana Conté pour s’éterniser au pouvoir : « Le tournant essentiel de la lutte pendant cette période à mon sens a été la modification constitutionnelle de 2001 parce que tant que Conté était dans le cadre de la constitution de 1990, tout le monde était convaincu qu’en 1998 il aurait fait deux mandats et on en parlerait plus sur Conté.
Mais malheureusement la modification constitutionnelle de 2003 a introduit dans la constitution guinéenne l’idée d’une présidence à durée indéterminée », a-t-il regretté.

Un compte-rendu d’Abdourahamane Bakayoko
Depuis Conakry pour Africaguinee.com
Tel : +224 62 600 600




  Rubrique: Politique  date: 17-Sep-2009 ŕ 10:41:52  Partager:   :

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