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Le ministre ivoirien Sidiki KonatĂ©:"Ce que Dadis Camara m’a dit sur les avions de Gbagbo...”





Le ministre du Tourisme et de l’Artisanat ivoirien et porte-parole des Forces Nouvelles , M.Sidiki KonatĂ© vient de sĂ©journer Ă  Conakry oĂč il a rencontrĂ© le nouvel homme fort de la GuinĂ©e, le Capitaine Moussa Dadis Camara. Dans cette interview qu’il nous a accordĂ©e, le collaborateur du Premier ministre Guillaume Kigbafori Soro , parle de la transition en cours en GuinĂ©e, de la candidature annoncĂ©e du successeur du Capitaine Moussa Dadis Camara, des avions de guerre ivoiriens stationnĂ©s Ă  Conakry, de l’opinion du numĂ©ro un guinĂ©en sur la sortie de crise en CĂŽte d’Ivoire
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Le Patriote : Monsieur le ministre vous revenez d’un sĂ©jour en GuinĂ©e, peut- on savoir les raisons de ce voyage au pays du capitaine Dadis Camara?

KonatĂ© Sidiki : D’abord, nous Ă©tions en vacances. J’en ai donc profitĂ© pour effectuer une visite en GuinĂ©e afin de saluer des amis et des frĂšres que nous avons dans ce pays. Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Forces Nouvelles, qui y a de nombreux amis, m’a chargĂ© d’un certain nombre de missions que j’ai parallĂšlement exĂ©cutĂ©es. C’était une mission politique mais en mĂȘme temps une mission de travail avec de hauts responsables du pays et des personnes que nous-mĂȘmes nous connaissons, et que le SG des FN connaĂźt Ă©galement.

Comment avez-vous trouvĂ© ce pays qui sort du long rĂšgne du gĂ©nĂ©ral ContĂ© et qui vit une transition avec l’avĂšnement du capitaine Dadis Camara?

C’est un pays qui fascine, qui est dĂ©bordant de par la vitalitĂ© de sa jeunesse, qui a d’énormes ressources naturelles, humaines, mais une nation qui sommeille encore. Ce qui frappe, c’est que quand on arrive dans ce pays, on a une population en majoritĂ© jeune qui est loin des clivages idĂ©ologiques, une jeunesse qui veut faire de la GuinĂ©e, un grand pays. Cette jeunesse est incarnĂ©e par le PrĂ©sident Dadis Camara. Conakry sa capitale est un contraste entre modernitĂ© et certains vestiges du passĂ©. D’énormes dĂ©fis restent Ă  relever, le dĂ©fi de l’électrification, celui de la distribution de l’eau aux populations, celui de la route et celui d’une administration moderne au service des populations. Bref, c’est un pays qui veut sortir de son sommeil et qui en a les moyens internes et qui va y arriver. En dĂ©montre, la volontĂ© des responsables qui ont en charge la gestion du pays et des populations.

Selon de bonnes sources, vous avez eu une rencontre avec le capitaine Dadis Camara, peut-on savoir les grands axes de vos échanges?

Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des FN m’a demandĂ© particuliĂšrement de passer un certain nombre de messages Ă  son ami et frĂšre le capitaine Moussa Dadis Camara et Ă  certains membres de l’organe de transition mis en place par la junte arrivĂ©e au pouvoir sans effusion de sang. J’ai Ă©tĂ© bien accueilli par nos amis. Je suis allĂ© au camp Alpha Yaya oĂč travaillent le capitaine Dadis Camara et toute son Ă©quipe. J’ai pu voir l’enthousiasme qu’il suscite au niveau de l’armĂ©e et j’ai pu voir un homme au travail, qui dort trĂšs peu avec son Ă©quipe, qui est trĂšs soucieux de relever les grands dĂ©fis, d’assurer une transition pacifique en GuinĂ©e qui aboutira Ă  des Ă©lections libres, transparentes et dĂ©mocratiques et qui ouvrent de nouvelles perspectives pour sa patrie.

En dehors du capitaine Dadis Camara, avez-vous eu des rencontres avec les leaders des formations politiques guinéennes?

Malheureusement, au moment oĂč nous Ă©tions en GuinĂ©e, presque tous les grands leaders de l’opposition Ă©taient Ă  l’extĂ©rieur. Selon des informations recueillies, certains leaders se sont retrouvĂ©s dehors suite Ă  un appel Ă  manifester. Je n’ai donc pas eu la chance de les rencontrer.

Le capitaine Dadis Camara vous a t-il parlĂ© de la CĂŽte d’Ivoire et de ce qu’il pense du processus de paix?

Bien entendu. Nous avons parlĂ© de la situation de la CĂŽte d’Ivoire. Nous avons parlĂ© du processus de paix en CĂŽte d’Ivoire, des relations de fraternitĂ© et d’histoire qui unissent nos deux peuples. Nous avons aussi parlĂ© de la spĂ©cificitĂ© des liens entre la GuinĂ©e et la CĂŽte d’Ivoire, en raison des frontiĂšres que nous partageons et d’un passĂ© rĂ©cent qui a Ă©tĂ© beaucoup mouvementĂ© surtout entre les Forces Nouvelles et feu le gĂ©nĂ©ral ContĂ©. Nous avons fait un tour d’horizon. Je puis vous assurer que le capitaine est certes jeune mais, il a une claire connaissance de l’histoire de l’Afrique, des enjeux et a la volontĂ© de faire en sorte que la GuinĂ©e et la CĂŽte d’Ivoire soient deux pays phares en Afrique. Le capitaine Dadis nous a aussi fait le point de la situation au niveau de la GuinĂ©e. Un pays qu’il conduit avec beaucoup de sĂ©rĂ©nitĂ©, de fermetĂ© aussi mais avec beaucoup d’ouverture. Il nous a expliquĂ© le processus Ă©lectoral, les avancĂ©es internes, la mise en place de la commission et des diffĂ©rents comitĂ©s de la transition qui doivent aboutir Ă  l’établissement des listes Ă©lectorales et Ă  l’organisation pratique des Ă©lections. Il a aussi abordĂ© les questions de stabilisation au niveau de l’armĂ©e, donnĂ© un aperçu de ce qu’il compte faire en urgence pour la GuinĂ©e par rapport Ă  des questions de dĂ©veloppement qui n’attendent pas. Nous avons eu Ă©galement le temps de voir les Ɠuvres dĂ©jĂ  rĂ©alisĂ©es par le capitaine Dadis Camara et le CNDD, en ce qui concerne les actions prioritaires humanitaires que sont la question de l’eau, de l’électricitĂ© tant dans la capitale qu’à l’intĂ©rieur du pays. On sait que beaucoup connaissent le capitaine et le regardent en Afrique Ă  travers un feuilleton cĂ©lĂšbre qu’on appelle «le Dadis show», oĂč on voit un capitaine en verve mais lancĂ© dans la vĂ©ritĂ©, dans le combat contre l’arbitraire, l’injustice, la corruption. Nous avons eu aussi l’occasion d’échanger sur le combat qu’il mĂšne contre la drogue qui a fait de la GuinĂ©e, la plaque tournante dans le rĂ©seau international. Ce qui menaçait dangereusement son Ă©conomie, la santĂ© de sa population et la crĂ©dibilitĂ© de ce pays. Il a Ă©tĂ© aussi question de la lutte qu’il mĂšne contre les faux contrats. Je vous disais tantĂŽt que la GuinĂ©e est un pays puissamment riche mais dont les richesses continuent de ne pas profiter Ă  sa population. L’une des causes de ce mal, c’est les faux contrats souvent signĂ©s dans des conditions calamiteuses et qui profitent plus Ă  des groupes d’amis qu’aux populations guinĂ©ennes. Ce sont des chantiers dĂ©licats. Le pays a Ă©tĂ© structurĂ© depuis plusieurs annĂ©es autour de rĂ©seaux mafieux. Il a Ă©tĂ© courageux en s’attaquant Ă  ce systĂšme. Vous savez qu’on ne s’attaque pas impunĂ©ment Ă  ces rĂ©seaux. Il a l’appui de son armĂ©e et de sa population. En mĂȘme temps qu’il gĂšre le processus pour sortir son pays de plusieurs annĂ©es de dĂ©ficits dĂ©mocratiques, il s’attaque Ă©galement au dĂ©fi du dĂ©veloppement et de l’insĂ©curitĂ©.

Il est de plus en plus question de la candidature du capitaine Dadis Camara à la Présidence de son pays, vous en a-t-il fait cas?

J’ai eu la chance d’accompagner le capitaine Dadis Camara Ă  trois meetings oĂč il avait Ă©tĂ© invitĂ© par les populations, Ă  cause certainement des prouesses rĂ©alisĂ©es en matiĂšre de dĂ©veloppement durable, de gestion urgente des questions humanitaires. Mais aussi en matiĂšre de gestion pacifique de la transition qui inclut les partis politiques et les organisations de la sociĂ©tĂ© civile. Les meetings Ă©taient organisĂ©s par les populations elles-mĂȘmes. Je peux vous dire en tant qu’homme de terrain que j’ai vu une population spontanĂ©e, enthousiaste et animĂ©e de la volontĂ© de cĂ©lĂ©brer son leader qui est trĂšs proche d’elle. J’ai fait quelques circuits dans la voiture du PrĂ©sident (un pick-up). Il continue de vivre dans sa caserne, il occupe le mĂȘme bureau. Sa popularitĂ© est intacte. J’ai constatĂ© aussi que les populations avaient envie de lui passer des messages. Durant ces rencontres, la population a reconnu les actes posĂ©s par le capitaine Dadis Camara. Il y a des groupes de pression qui se sont constituĂ©s dans la population et qui estiment que le capitaine Dadis Camara aprĂšs avoir conduit la tradition, doit pouvoir ĂȘtre candidat Ă  l’élection prĂ©sidentielle. Cependant, il nous a dit qu’il n’avait pas officiellement rĂ©pondu par oui ou par non Ă  cette demande des populations. Il nous a dit qu’il se consacrait au travail. J’ai vu un capitaine qui veut ĂȘtre Ă  l’écoute de sa population mais aussi qui veut conduire un processus de façon crĂ©dible, tout en n’excluant aucune possibilitĂ©. J’ai Ă©coutĂ© le Mouvement ‘’Dadis Doit Rester’’. J’ai aussi Ă©coutĂ© les analyses d’un groupe de femmes. Selon leur argumentaire, la GuinĂ©e est un pays spĂ©cial qui a connu une histoire turbulente avec deux rĂ©gimes qui ont eu de longs rĂšgnes. Pour eux, ces deux rĂ©gimes Ă©taient presque militarisĂ©s et l’équation militaire en GuinĂ©e est une rĂ©alitĂ©. La GuinĂ©e n’est pas la CĂŽte d’Ivoire et que la GuinĂ©e restait la GuinĂ©e. L’armĂ©e a Ă©tĂ© au devant de la scĂšne pendant plusieurs dĂ©cennies. Il faut donc compter avec cette Ă©quation qu’on soit d’accord ou qu’on ne soit pas d’accord. J’ai fait une analyse rĂ©aliste. La GuinĂ©e a connu aussi beaucoup de problĂšmes sociaux entre ses diffĂ©rentes ethnies. Vous avez trois groupes qui sont dans une phase de mĂ©fiance et de suspicion par rapport Ă  la conquĂȘte du pouvoir. Cela a un impact nĂ©cessairement dans l’armĂ©e. Aujourd’hui, pour que la GuinĂ©e Ă©chappe Ă  un dĂ©chirement au niveau de l’armĂ©e et donc au niveau de sa population, il faut un homme issu d’une minoritĂ© ethnique sans problĂšme, comme Dadis Camara, pour rassurer Ă  la fois chacun des grands groupes ethniques. Au niveau militaire, ce positionnement lui donne la confiance des militaires issus des deux rĂ©gimes prĂ©cĂ©dents et des militaires issus d’autres ethnies qui ont eu Ă  un moment donnĂ©, Ă  se confronter dans le cas de la gestion du pouvoir. VoilĂ  la situation en GuinĂ©e. Une situation assez complexe oĂč il y a un fond d’intrigues ethniques qui rejaillit sur la population et mĂȘme sur l’armĂ©e. Le capitaine Dadis Camara par son positionnement ethnique, est vu comme celui qui peut rassurer. Il s’est en plus fait entourer des membres influents de chaque entitĂ© ethnique. C’est ce qui crĂ©e une sorte d’adhĂ©sion de toutes les populations Ă  ce rĂ©gime mais dans un contexte difficile.

Il y a tout de mĂȘme une frange non nĂ©gligeable des GuinĂ©ens qui demandent Ă  Dadis Camara de ne pas ĂȘtre candidat


Oui, c’est un vƓu qu’ils expriment. Mais ils ne dĂ©noncent pas le fait qu’il gĂšre la transition. Ce sont deux choses. Il y a une gestion d’abord de la transition qui doit aboutir aux Ă©lections. Le dĂ©bat anticipĂ© porte sur sa candidature et non pas sur la gestion actuelle de la transition. Pour ce qui est de la transition, je prĂ©cise ma pensĂ©e pour dire que le capitaine Dadis Camara donne l’assurance que la GuinĂ©e peut aller de façon paisible Ă  une transition. L’équation qui est posĂ©e est de savoir si le capitaine sera candidat ou pas Ă  la fin de la transition. Quand on Ă©coute les deux courants et quand on Ă©coute le capitaine lui-mĂȘme, on convient que pour le moment, il mĂšne la transition qu’il veut ouverte. En mĂȘme temps, il ne peut pas ĂȘtre contre le fait que d’un cĂŽtĂ©, certains GuinĂ©ens lui demandent d’ĂȘtre candidat et que d’un autre cĂŽtĂ©, d’autres s’opposent Ă  sa candidature. Il se donne les moyens d’ĂȘtre jugĂ© sur la transition. S’il doit ĂȘtre candidat, il dit qu’il le dĂ©clarerait et il en donnerait les raisons. Pour moi, je considĂšre qu’il y a un dĂ©bat prĂ©maturĂ© sur sa candidature. C’est lĂ©gitime que l’opposition dise dĂ©jĂ  que le capitaine Dadis Camara ne doit pas ĂȘtre candidat. Cela est lĂ©gitime par rapport Ă  ses propres apprĂ©hensions. Mais en mĂȘme temps, il y a une action qui se fait pour que la transition aboutisse Ă  des Ă©lections dĂ©mocratiques. Nous, nous avons regardĂ© et nous avons Ă©coutĂ© le capitaine Dadis Camara sur sa volontĂ© rĂ©elle d’organiser des Ă©lections dĂ©mocratiques. Ceci est possible parce qu’il promet de donner tous les pouvoirs Ă  la commission Ă©lectorale qui est composĂ©e de toutes les forces vives, de toutes les forces politiques. Il compte avoir un listing Ă©lectoral inattaquable, crĂ©er les conditions sĂ©curitaires pour que ces Ă©lections soient vĂ©ritablement dĂ©mocratiques. Sur toutes ces questions, nous avons eu des assurances. Nous avons aussi eu des gages sur sa volontĂ© de faire en sorte que la GuinĂ©e n’explose pas avant et aprĂšs les Ă©lections. Il se rĂ©serve aussi le droit de rĂ©pondre aux populations qui veulent ou ne veulent pas qu’il soit candidat. Il estime que pour le moment, le dĂ©bat n’est pas Ă  l’ordre du jour.

Monsieur le ministre, la presse a fait Ă©cho d’avions militaires stationnĂ©s en GuinĂ©e par le rĂ©gime ivoirien. Avez-vous Ă©voquĂ© la question avec votre illustre hĂŽte?

Il ne faut pas oublier que pendant bien longtemps, et il faut le dire clairement, les relations entre les FN et la GuinĂ©e qui partagent prĂšs de 700 km de frontiĂšres, Ă©taient trĂšs turbulentes. C’étaient des relations faites d’accusations mutuelles. TantĂŽt les gens nous disaient que la GuinĂ©e devrait servir de base arriĂšre, dans le contexte de la guerre, au rĂ©gime du FPI. D’autres disaient Ă  Conakry que la zone FN devait servir de bases arriĂšre Ă  l’opposition guinĂ©enne pour porter un coup au gĂ©nĂ©ral ContĂ©. De 2002 jusqu’à la mort du gĂ©nĂ©ral ContĂ©, les relations entre une partie de la CĂŽte d’Ivoire et de la GuinĂ©e Ă©taient des relations de suspicions, d’accusations et de peur parce que chacun vivait sur le qui-vive tout le long de la frontiĂšre. En tant que porte parole des FN et Ă©missaire du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral et ami de beaucoup parmi ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir dont le capitaine Dadis Camara, il est Ă©vident qu’on parle de ces questions. Il m’a regardĂ© droit dans les yeux pour me dire qu’il considĂ©rait la CĂŽte d’ Ivoire comme son deuxiĂšme pays, son pays d’adoption aprĂšs la GuinĂ©e. Pour toutes ces raisons, il ne saurait ĂȘtre le responsable d’une quelconque brouille entre les deux peuples. Par consĂ©quent, il ne travaillera pas contre le processus de paix en CĂŽte d’Ivoire. Il nous a rassurĂ©s que sur la question, il a dĂ©jĂ  Ă©changĂ© avec les autoritĂ©s ivoiriennes Ă  qui il a dit que la GuinĂ©e ne servira pas de base arriĂšre Ă  qui que ce soit, pour porter atteinte Ă  la CĂŽte d’Ivoire. Nous l’avons aussi rassurĂ© que la CĂŽte d’Ivoire ne servira pas de base arriĂšre Ă  qui que ce soit pour faire mal Ă  la GuinĂ©e. C’était le message essentiel que le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des FN m’avait donnĂ© pendant mon sĂ©jour. Comme les deux se portent beaucoup d’amitiĂ©, ils se font beaucoup confiance, ils croient l’un en l’autre, et ils ont toute la volontĂ© de faire en sorte que les derniĂšres pages difficiles des relations entre ces deux pays ces huit derniĂšres annĂ©es, soient dĂ©finitivement rayĂ©es et qu’on regarde deux pays qui se battent pour sortir de la transition afin d’apporter la tranquillitĂ© dans la sous-rĂ©gion. Sur les armements, j’ai eu l’assurance de la part du PrĂ©sident que la GuinĂ©e n’a pas d’armements du rĂ©gime d’Abidjan sur son sol. La GuinĂ©e n’est pas une base arriĂšre ni pour le rĂ©gime ni pour les FN. La GuinĂ©e est pour toute la CĂŽte d’Ivoire.

Comment entrevoyez- vous l’avenir de cet Ă©tat voisin?

Les perspectives pour la GuinĂ©e sont bonnes. Nous pensons qu’il faut faire confiance au capitaine Dadis Camara et au CNND qui mĂšnent une mission dĂ©licate. Nous pensons que l’opposition guinĂ©enne peut bĂ©nĂ©ficier de l’ouverture d’esprit du capitaine Camara. Il n’est pas le PrĂ©sident ContĂ©. Il est conscient que l’opposition doit exister dans le pays, la diffĂ©rence et le multipartisme doivent exister dans le pays. Je pense que ce sont des atouts pour un Chef d’Etat dans un tel contexte qu’il faut pouvoir exploiter. Il demeure pour beaucoup de jeunes en Afrique, un exemple de courage pour avoir dĂ©cidĂ© de se dĂ©marquer des narcotrafiquants. C’est Ă  la fois une menace et un espoir que devant des milliards, on peut aussi dĂ©cider de se battre pour plus de moralitĂ©. Il demeure aussi une alternative dans la conduite de cette transition par rapport Ă  son positionnement mesurĂ© qui est au carrefour des ethnies, parce qu’il est anti tribal et contre la logique ethnique. C’est une chance qu’il faut pouvoir prĂ©server jusqu’aux Ă©lections pour que la GuinĂ©e puisse ĂȘtre sauvĂ©e.

Interview réalisée par Bakary Nimaga
Source:Le patriote


  Rubrique: Interview  date: 15-Sep-2009 à 12:24:36  Partager:   :

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