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Bah Ousmane, président de l'UPR:"Nous sommes frustrés de voir les mauvais gestionnaires se recycler

Le président de l'Union pour le progrès et le renouveau(UPR), El-hadj Bah Ousmane salue l'initiative de la junte du capitaine Moussa Dadis Camara , de faire les audits.Le patron de l'UPR estime que les audits restent une "priorité" pour préserver le patrimoine national.Dans ce entretien, il revient aussi sur l'atmosphère qui règne au sein des forces vives, suite à l'éventuelle candidature du Capitaine Moussa dADIS Camara aux élections du 31 janvier 2010...
Le Démocrate : Quel commentaire faites-vous du report des élections pour 2010 ?
Elhadj Bah Ousmane : Je ne suis pas du tout surpris par ce report, dans la mesure où les différentes séquences du chronogramme telle que envisagées initialement pour les échéances en 2009 ont connu beaucoup de retard dans leur exécution. Je voudrais dire que ce qui reste cher à l’UPR est surtout la qualité des élections. Je souhaite que ces élections soient organisées dans les conditions telles qu’elles soient acceptables. J’ai entendu dire qu’il n’y a pas d’élections tout à fait correctes. Mais qu’elles soient acceptables. Il n’y a rien de parfait en matière électorale. Techniquement, il faut reconnaître qu’il y a eu assez de problèmes. Le fichier électoral basé sur l’enrôlement des électeurs aussi bien sur le plan national que pour les guinéens vivant a l’étranger. Pour celui des guinéens de l’étranger, cela a mis beaucoup de temps. L’enrôlement au niveau des électeurs en Guinée a connu des balbutiements. Il y a aussi le retard constaté au niveau de la mise en place du CNT, un autre problème important qui explique le report des élections.
Le CNT a pour vocation de procéder à la révision de la Loi Fondamentale et du Code électoral. Evidemment qu’on ne peut pas envisager un processus électoral sans un cadre juridique, puisque la il n’y a pas eu de réalisation immédiate, il y a eu du retard dans la mise en place du CNT. Je pense que tous les retards se sont répercutés sur le chronogramme. Et comme j’aime à le dire un chronogramme est une succession de séquences. Des lors qu’une séquence retarde, elle aura des répercussions sur celles qui suivent.
Depuis le report des élections pour 2010, les forces vivent ne semblent plus parler d’une même voix. Qu’est-ce qui explique ces querelles intestines ?
Il est toujours difficile de réunir les hommes. Il y a des objectifs parfois convergents et des intérêts divergents. Nous avons les mêmes objectifs qui consistent à conquérir le pouvoir. Si à un moment donné, on peut faire profil bas pour avancer dans le cadre d’un consensus. L’expérience a montré que plus on approche des échéances, plus les problèmes surgissent. Les divergences de vue se font jour et le plus souvent se sont des alliances qui volent en éclat, d’autres se mettent en place ou disparaissent.
Je ne suis pas surpris que cet état de fait se fasse aujourd’hui. Il faut dire également que vous vous mettez dans une entité, dans un groupement parce que vous défendez les mêmes vues. Et dès lors que vous constatez que ces vues ne sont pas fondamentalement partagées par vos partenaires, il faut tirer les conclusions et prendre position. En tout cas de notre expérience, c’est ce que nous avons vu, vécu jusqu’à nos jours.
Le président Dadis réitère sa volonté de poursuivre les audits concernant la gestion des anciens PM. Qu’est ce que cela vous inspire-t-il ?
Vous savez qu’au départ lorsqu’il y a eu l’avènement du CNDD au pouvoir, il y a eu un programme qui a été annoncé aux Guinéens. Ce programme a suscité assez d’intérêt au sein des populations tant en Guinée qu’à l’étranger. Ce programme recoupait des revendications aussi vielles que l’opposition en Guinée. Il était donc, tout à fait normal qu’une bonne frange de la population guinéenne prenne cause et effet dudit programme qui doit permettre aux citoyens de connaître qui est qui et qui a fait quoi dans la gestion de la chose commune. Il y a eu d’autres aspects aussi, notamment la lutte contre la corruption, la lutte contre les narcotrafiquants, la lutte contre l’insécurité. Toutes ces questions sont des préoccupations des populations guinéennes. Dès lors que les programmes allaient dans ce sens, il y a eu donc un engagement, disons un soutien quasi unanime en faveur du CNDD. Mais ultérieurement, nous avons constaté que certes, il a mis du temps, comme si c’était un désintérêt vu les objectifs du départ. Maintenant que le président ait parlé tout récemment devant les témoins de l’histoire, je veux nommer les journalistes, cela redonne un peu d’espoir à certaines positions. Que des audits soient engagés, pour savoir ce qu’on a fait du patrimoine national est tout a fait fondé.
Qu’on le fasse aujourd’hui, c’est utile, qu’on le fasse demain est encore utile. De toutes les façons, lorsqu’on hérite d’une situation telle que celle que nous avons vécue au lendemain du décès du président Lansana Conté, il est indispensable de faire un diagnostic. Un diagnostic qui permet de faire savoir au peuple ce qui s’est passé. Il ne faut pas penser que l’audit est nécessairement dirigé contre une personne.
Lorsque vous avez exercé une responsabilité, il est tout à fait normal qu’on vous demande des comptes. L’audit est un procédé qui permet aux contribuables de savoir ce qu’on a fait des ressources mobilisées en son nom. Pour ce qui nous concerne à l’UPR, à travers nos composantes originelles, nous avons toujours lutté contre la mal gouvernance politique et économique. Nous nous sommes inscrits dans ce tableau là très tôt. Et depuis, nous n’avons de cesse de dénoncer la mauvaise gestion des ressources financières. Nous l’avons fait en tant que parti politique présent à l’Assemblée nationale. Les audits peuvent aboutir à des résultats tels que certains qui ont bien géré et qui ne sont pas responsables d’aucune malversation puissent être sanctionnés positivement. Et si c’est le contraire, qu’ont sanctionne ceux qui ont été responsables. Les événements douloureux de janvier et février 2007 se sont déroulés parce que les populations en avaient ras-le-bol.
Ils ont surtout, les jeunes gens exprimé leur désapprobation par rapport à la méthode, le système de gestion de l’Etat. Nous sommes frustrés qu’on puisse continuer à ne pas dénoncer et à mettre à nu les mauvais gestionnaires.
Nous sommes aussi frustrés de voir les responsables de ces dégâts qui à un moment donné ont assumé des responsabilités, qui sont supposés avoir des comptes à rendre de leur gestion puissent aujourd’hui venir dans l’arène politique, qui se recyclent en leaders politiques.
Et si vous voulez se mettre à notre niveau pour pouvoir dire aujourd’hui, bon on va lutter contre la mauvaise gestion, les détournements, etc. L’histoire est là , on ne culpabilise pas tout le monde.
Les jeunes qui sont tombés lors des événements de 2007 ne revendiquaient que le changement. Il s l’ont fait par ce que les dirigeants ont très mal géré les ressources nationales.
Propos recueillis par Aly Badara Condé
Source:Le Démocrate
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  Rubrique: Interview  date: 09-Sep-2009 ŕ 18:47:37  Partager:   :  |
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