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Elections présidentielles en 2010: Les dangers qui menacent la transition

Les Guinéens ont eu le souffle coupé ce lundi!Enfin, la junte semble revenir à la raison ! Enfin, les forces vives semblent tirer leur épingle de jeu dans ce jeu morbide pour sortir le pays du gouffre :le capitaine Dadis a « promis « d’accepter les élections pour janvier 2010.Pour beaucoup de Guinéens, c’est le soulagement, tant cette rencontre entre les forces vives et la junte ce 17 août était cruciale. Après de dures labeurs, le comité ad-hoc a accouché un nouveau chronogramme fixant les élections présidentielles pour le 31 janvier 2010 et les législatives pour mars 2010.Finalement, on s’embrasse, on se félicite mutuellement pour cet acte « patriotique » conçu par la junte et les forces vives. Cependant, plusieurs « menaces » guettent dangereusement ce fragile consensus entre la junte et les forces vives. Sans basculer dans un pessimisme chronique, on s’est réjouit un peu tôt en Guinée, mais le travail est loin d’être terminé. Pire, c’est une course contre la montre, car comme des « vautours », plusieurs menaces planent dans le ciel politique en Guinée. Voyons de plus près…
Le Commandant Moussa Keita :"la bĂŞte noire" des forces vives
On l’a vite oublié celui là ! Le sulfureux secrétaire permanent du CNDD incarne l’aile dure du régime de Dadis qui veut le maintien de la junte au pouvoir. D’ailleurs ce que ses acolytes du CNDD pensent plus bas, il le dit plus haut : « La démocratie, oui c'est beau et c'est bien. Mais quelle démocratie pour la Guinée ? Dadis n'est-il pas un guinéen ? N'a-t-il pas de valeur ? N'est-il pas capable ? Je vous demande de le soutenir, car il va gagner. Alors, Dadis ou la mort. C'est le Général De Gaulle de la Guinée.», a-t-il claironné récemment à N’zérékoré. Sous-estimé par ses adversaires, le commandant Moussa Keita peut faire très mal, à cause de son poste hautement stratégique.
Primo, il y a quelques mois, le commandant Moussa Keita a réaffirmé que le fameux conseil national de transition (l’organe chargé de réviser la constitution guinéenne) sera subordonné au…CNDD ! Malgré les réticences des forces vives, c’est Niet estime le (démagogue) commandant Keita. Le 13 août dernier, le capitaine Dadis a griffé une ordonnance mettant en place le conseil national de transtion(CNT).Selon ce décret de Dadis, c’est le ministre secrétaire permanent du CNDD, le commandant Moussa Kéita qui assure, selon l’ordonnance, l’interface entre le CNT et le chef de l’Etat.Et comme notre commandant penche plutôt pour le maintien de Dadis, imaginer l'ambiance de travail du CNT pour élaborer la constitution.Bien entendu, sans constitution, pas d’élections ! Attention…danger !
Secundo, pendant que Dadis prêche la bonne parole auprès des forces vives(pour se faire applaudir car il adore ça), le commandant Moussa Keita est le seul qui gueule sur les micros à Conakry après l’interdiction aux autres membres du gouvernement et CNDD de cracher sur un micro, sans l’autorisation de Dadis. Vous voulez savoir pourquoi ?Et bien notre commandant s’occupe des « orchestres » chargés de flatter le chef de la junte pour qu’il reste au pouvoir. Premier griot recruté :l’ancien premier ministre Lansana « Judas » Kouyaté qui mobilise un fantomatique « Bloc des forces patriotiques » pour mettre des bâtons dans les roues de la transition et diviser nos forces « éteintes ».Deuxième griot :le mouvement Dadis Doit Rester(MDDR), piloté par un autre opportuniste , le « vautour » Aly Mané.Ce mouvement d’ailleurs rappelle curieusement le''Mosalac''(mouvement de soutien à Lansana Conté) et le''Cosalac'' (comité de soutien à Lansana Conté).On connaît la suite…Attention…danger !
La double jeu du capitaine Dadis
Fan inconditionnel des bains de foules et des applaudissements (il aime plaire), le capitaine Dadis Camara a renouvelé sa « bonne foi » en acceptant le nouveau chronogramme des forces vives qui fixent les élections en janvier 2010 :Dans nos mosquées et églises, on prie Dieu pour que Dadis ne « trahit » pas ses engagements. Mais les mauvaises langues se souviennent de certains signes qui inquiètent sur la bonne foi de Dadis.
D’abord, son refus catégorique de se prononcer sur son éventuelle candidature pour 2010.Avec l’exemple de la Mauritanie où le Général Ould Abdel Aziz a troqué sa tenue militaire pour le boubou afin de revenir au pouvoir, le capitaine Dadis hésite !Et rien de plus facile que « prêcher la bonne parole, et tout bloquer dans l’ombre » pour le chef de la junte.Attention…danger !
Ensuite, malgré les dépenses inutiles de la junte dans les mamayas (dont l’apogée est sans doute la construction d’un centre de prévention des conflits en l’honneur de « Gorgui » Wade), il manque des sous à la commission électorale nationale indépendante(CENI) pour finir son job. Dadis et sa junte n’ont pas mis la main à la poche pour donner les 30 milliards de francs guinéens que l’Etat guinéen doit contribuer pour financer les élections. Et sans sous, pas d’élections ! Attention…danger !
Enfin, avec ses multiples apparitions sur les médias d’Etat, le capitaine Dadis Camara se positionne de plus en plus comme « l’homme de la situation » pour lutter contre les narcotrafiquants et la corruption auprès de ses compatriotes. Et tout est bon pour le capitaine Dadis pour redorer son image auprès des Guinéens, quit à « désavouer « , ceux qui le soutiennent : « Tous les jours, je reçois des coups de fils de gens qui me disent +si vous laissez le pays, ce n'est pas bon, la transition c'est deux ans, trois ans et même quatre ans. Nous vous demandons de rester encore, de ne pas organiser les élections en 2009, tout cela est irresponsable" a martelé notre Dadis national. Qu’on le déteste ou pas, cette stratégie fait mouche auprès de la vieille génération et certains jeunes martyrisés par 50 ans de galère et de désillusion ! Sauf que….hélas, ni la compétence, ni la confiance ne seront au rendez-vous avec Dadis et ses acolytes. Attention…danger !
Forces vives : entre amateurisme et naïveté chronique
Acteurs incontournables de la transition, les forces « éteintes » continuent de jouer au « chat et à la souris » avec la junte de Dadis. Derrière une unité de façade, nos forces « éteintes » accumulent les bourdes et désorientent la communauté internationale dont ils sont les interlocuteurs.
Primo, pour leur énième rencontre avec Dadis, nos forces « éteintes » ont encore « oublié » l’essentiel :la constitution !Malgré les bavardages, sans ce texte sâcré, il n’y aura pas d’élections ! Sur quoi le futur président élu prêtera serment si les élections sont tenues ? Apparemment cela ne semble pas préoccuper grand monde. Certes, le Conseil National de Transition (CNT) a pour mission de relire les textes fondamentaux, dont la constitution et le code électoral. Mais par quelle voie cette constitution sera-t-elle adoptée (référendum ou ordonnance de Dadis) ? Ensuite, le CNT, on l’a vu sera subordonné au CNDD. 
Pire, on risque de bâcler la révision de la constitution en remettant « ce que Conté a enlevé » notamment la clause limitant le mandat du président à deux, le retour au quinquennat au lieu du septennat, la restauration de la limite d’âge !Au lieu de bailler pendant les interminables discours de Dadis, nos forces « éteintes » ont intérêt à mettre sur pied une commission d’experts(avec des juristes éminents) pour s’occuper de ce texte, au risque d’hypothéquer l’avenir de la nation guinéenne. Attention….danger !
Secundo, leur manque de réaction sur des sujets graves qui intéressent le pays inquiète la communauté internationale et leurs compatriotes. Tenez, l’ambassadeur du Ghana en Guinée, Dominic Ezoa Aboagye ,s’est fait violemment agressé à Conakry par des hommes en uniformes, silence radio pour nos forces « éteintes ».Ce manque de réaction risque de refroidir leurs soutiens diplomatiques au sein de la communauté internationale qui a unanimement condamné cette agression(même si le gouvernement guinéen a fait pareil de façon ironique).l Ensuite, le capitaine Dadis a récemment menacé d’annoncer sa candidature : « Le jour où un leader politique dira que je ne dois pas me présenter aux élections, c’est le même jour que j’annoncerai ma candidature. », a prévenu Dadis. Encore un silence radio sur cette diatribe du chef de la junte.Résultat, la crédibilité de nos leaders politiques diminue comme une peau de chagrin, laissant la place libre au bouillant capitaine !Attention…danger !
Tertio, pour une structure censée représenter la volonté du peuple, aucune voix unanime ! Nos forces « éteintes » continuent de patauger dans nos traditions avec un … « respect pour nos aînés », sans juger la compétence de chacun. Imaginer la cacophonie entre les forces « éteintes » qui ont eu la « bonne idée » de désigner deux…..porte- paroles ! Une invention à la Guinéenne et dont l’efficacité fait froid dans le dos. Aucun consensus, deux porte- paroles pour une même structure ! Hélas, les bourdes continuent. Hier lundi, nos « brillants » porte-paroles ont étalé la cuisine interne des forces « éteintes » sur la place publique. A la demande du capitaine Dadis, Hadja Rabiatou Sérah Diallo a décliné le « piège » du chef de la junte l’invitant à se prononcer sur la date du scrutin présidentiel : « M. le président merci de m'avoir donné cet honneur mais je ne peux pas parler à mon personnel ou au nom du peuple de Guinée pour ne pas vous induire et induire le peuple dans l'erreur. Je voudrais d'abord me concerter avec les autres avant de donner mon avis...».Sur la même lancée, l’autre porte-parole, Jean-Marie Doré a mis les pieds dans le plat : « M. le président, il vous appartient à vous et à vous seulement de décider de la date de la tenue des élections libres et transparentes. .»Et paff !Autant de dire que la mission de nos forces « éteintes » est …terminée !Attention…danger !
En définitive, si un vent d’optimisme semble souffler du côté de Conakry, le plus dur reste à venir. A Cona-cris, on adore « répéter » les vieilles recettes dont l’inefficacité ne fait aucun doute. L’acceptation par Dadis du nouveau chronogramme qui fixe les élections en Janvier 2010, n’est pas un coup de tonnerre dans le ciel politique en Guinée(il a déjà accepté celui de 2009, on connaît la suite).Un dialogue franc, un sens de patriotisme des uns et des autres sont les clés pour sortir le pays de cette crise sans fin. Pour une fois, les Guinéens doivent « oublier « leurs intérêts égoïstes au risque d’hypothéquer l’avenir du pays. Si les bissau-guinéens ont réussit(dans la douleur), les léonais ont élu leurs chefs, pourquoi pas les Guinéens ?A quelques jours du mois saint de Ramadan, les Guinéens peuvent compter sur le soutien inconditionnel du bon Dieu, mais le reste est entre leurs mains. Mais qui dit ramadan, parle de hausse des prix dans nos marchés, à cause de certains « mécréants » qui n’ont aucune pitié pour les plus pauvres !Mais ceci est une autre histoire. Bon ramadan et à la semaine prochaine !
Amadou Diallo
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Coup de gueule  date: 18-Aug-2009 ŕ 11:50:43  Partager:   :  |
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