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Jean-Marie Doré, porte parole des forces vives:" Malgré ce que les gens disent, le problème principa
[IMG1]Le porte-parole des forces vives de la nation, M.Jean-Marie Doré est optimiste sur la suite de la transition.En attendant une rencontre avec la junte, Jean-Marie Doré minimise la volonté de certains leaders (notamment l'ancien premier ministre Lansana Kouyaté) de reporter les élections. Avec son franc parler habituel, Jean-Marie Doré nous décrit l'atomosphère qui a prévalu durant les rencontres entre les forces vives, sans oublier la promesse de la junte de fournir de l'électricité dans les trois mois à Conakry...
Le Démocrate : Qu’est-ce qui a découlé de la dernière réunion des Forces vives au sujet de la création de la Commission ad hoc ?
Jean-Marie Doré : Effectivement, les Forces vives étaient en réunion régulière pour faire des propositions au chef de l’Etat en vue de l’institution d’une commission ad hoc devant se saisir des problèmes d’application du chronogramme de la transition. Je rappelle que ce chronogramme qui a été signé par le chef de l’Etat est devenu un acte d’Etat. Alors, compte tenu des retards accumulés pour son application, nous avons pensé qu’il fallait une commission d’experts pour évaluer tous les facteurs qui ont abouti à cet état de fait. Nous avons fait notre proposition que nous avons soumise au chef de l’Etat, qui l’a acceptée comme telle. Donc la commission qui va se réunir sera composée de 22 membres. Nous avons proposé qu’un chef religieux soit le facilitateur entre les 22 membres. Dont 11 représentants les Forces vives et 11 des autorités de l’Etat : à savoir le Conseil national pour la démocratie et le développement(CNDD,) le Ministère de l'administration du territoire et des affaires politiques(MATAP), et la Commission électorale nationale indépendante(CENI). Une fois que nous auront soumis au chef de l’Etat nos membres, il va prendre la décision pour instituer cette Commission ad hoc. Dès sa mise en place, elle aura 10 jours de travaux pour rendre sa copie.
Est-ce que les Forces vives ont défini les critères de sélection de ceux qui vont les représenter au sein de cette commission ?
C’est obligatoire. On ne peut pas faire une commission ad hoc pour étudier les facteurs d’applicabilité d’une commission chargée de souder un chronogramme portant sur la gestion du processus électoral, sans que ces personnes n’aient un certain nombre de qualités, une certaine expertise reconnue en matière de gestion du processus électoral. Malgré ce que les gens disent, le problème principal aujourd’hui reste les élections. C’est vrai qu’il y a des actions énoncées par le chef de l’Etat dans son premier communiqué à savoir le recouvrement des créances de l’Etat, la poursuite en justice des gens qui ont détourné l’argent de l’Etat, la désarticulation des réseaux de trafiquants de drogue et la restructuration de l’armée.
Des actions fondamentales qu’il faut poser pour la Guinée. Mais, c’est l’organisation des élections qui est aujourd’hui primordiale pour la simple raison que ce sont elles qui vont ramener la Guinée dans un Etat de droit, dans un Etat de constitutionnalité nouvelle.
Les élections sont le pivot des actes de la transition, n’en déplaise à ceux qui racontent des bobards par ignorance, par analphabétisme. Si on parle de transition c’est qu’il faut aller d’une situation de non droit, parce que l’Etat d’exception est une situation hors normes, pour rentrer dans la norme. Donc, seules les élections peuvent permettre au peuple de Guinée de choisir ses dirigeants dans le cadre d’une charte qui est la Constitution. Puisque c’est la Constitution qui a été appliquée jusqu’au 23 décembre 2008 soir, avant d’être suspendue.
Etes-vous d’avis avec ceux qui disent qu’il y a dissidence au sein des Forces vives ?
Je proteste vigoureusement contre ces propos. C’est vous les journalistes qui créez la confusion .Vous avez une minorité de partis politiques qui sont nés dans des conditions contestables, en violation de la Charte des partis qui sont en train de crier pour se faire connaître. Ils ne représentent rien. Tous les partis qui ont adhéré et qui ont participé à la création des Forces vives en font parti encore. Le chef de l’Etat a compris et il ne traite qu’avec les Forces vives. Je voudrai que les journalistes cessent de créer la confusion pour faire plaisir à des soit disant leaders politiques.
Lorsque nous avons dit, dans l’intérêt du chef de l’Etat et de la dignité des nos institutions, qu’on ne va pas au Palais du peuple, des individus sont allés là -bas pour essayer de se substituer à nous pour parler avec le Président. Ce dernier les a méprisés et il a dit qu’il ne traite qu’avec les Forces vives. Trois jours après, le chef de l’Etat nous a invités au Camp Alpha Yaya Diallo où nous avons discuté. Ces gens-là étaient encore dans la salle, mais à aucun moment le président ne s’est adressé à eux. Les Forces vives c’est quoi ? C’est la totalité des partis politiques consistants, la totalité des centrales syndicales, les 4 coordinations régionales, les organisations de la Société civile, le conseil interreligieux. Il n’y a pas de dissidence au sein des forces vives.
Citez un des partis crédibles. Vous voulez parler du PEDN de Kouyaté ? Où est la surface de ce parti. Nous devons construire la Guinée dans la vérité. Si vous apprenez que ce sont le RPG, l’UPR, l’UFR, le PUP, l’UFDG et l’UPG, oui, ça pose un problème. Parce que ce sont des partis qui ont une assise, qui ont des structures partout à l’intérieur du pays. Comme il y a des gens qui ont de l’argent à jeter en achetant des motos pour les donner à des gens. Il y avait un parti dans mon quartier ici (Bloc des professeurs, Donka, ndlr), dont le lieu de rassemblement n’est autre que le salon de thé des enfants. Vous avez vu hier à la RTG-Koloma quand le chef de l’Etat a fait appel aux Forces vives, des énergumènes ont voulu détourner le débat, mais le chef de l’Etat les a rabroués. Alors, même si un homme est grand s’il n’est rien dans une matière, n’en faites pas un héros.
A propos, quelles sont vos impressions suite à la rencontre de la RTG-Koloma à laquelle le chef de l’Etat vous a conviés pour partager les mesures au programme ‘’Eau-Electricité pour tous’’ ?
Dans sa déclaration faite dans la nuit du 23 décembre 2008, le président de la République, le Capitaine Moussa Dadis Camara avait dit, en plus de la lutte contre les narcotrafiquants, l’organisation des élections, que le CNDD s’efforcera de fournir à la population les services sociaux de base, c'est-à -dire l’eau et l’électricité. Deux denrées qui sont fondamentales. Donc, il a trouvé un certain fonds pour y faire face. Il nous a fait appel pour nous présenter le résultat des mesures envisagées sous la houlette du ministre d’Etat chargé de la Construction. Donc, nous avons estimé que comme les techniciens qui ont étudié ces documents et les projets de faisabilité sont les mêmes qu’aurait utilisés un révolutionnaire ou un autre, qu’on pouvait les appliquer comme ça. D’autres se sont levés pour donner des conseils au chef de l’Etat sur la nécessité de veiller à ce que les cadres guinéens ne le driblent pas.
Le problème guinéen c’est toujours ces cadres, parce que les vieilles habitudes se sont ancrées chez ce les Guinéens qui ignorent les besoins des populations à leur propre profit. Je pense que si le Président trouve les hommes qu’il faut, nous aurons au bout de 3 à 4 mois de l’eau pour l’essentiel. On ne pourra pas donner l’eau à chaque ménage à 100%. Ça n’existe nulle part. A Dakar, à Bamako, à Monrovia, etc. Il n’y pas l’eau pour tous les gens qui habitent dans la périphérie des banlieues. Mais, si on fournit ici à Conakry 90% d’eau et d’électricité pour la population, alors, on pourra affirmer que notre capitale est éclairée, surtout qu’il y a un hic. Parce que beaucoup de gens ne paient pas leur facture. Le gouvernement devrait agir de manière à ce que le prix de ce courant ne soit pas mathématiquement en rapport avec l’important investissement. Parce que sinon, le courant ne sera pas à la portée de tous les portefaix. Et le Président a dit hier en réponse à certains de mes amis, que le coût peut être trop mais si on peut donner le courant et l’eau à la population, on aura atteint l’utilité sociale qu’on recherche. Il ne s’agit donc pas de privilégier le coût. S’il s’agit de dépenser 50 dollars où on pouvait dépenser 30 dollars pour sauver le peuple, alors je trouve que le coût n’est rien devant la vie du peuple. C’est ce que le chef de l’Etat a voulu démontrer.
Propos recueillis par Amadou N’Diaré
Source:Le Démocrate
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  Rubrique: Interview  date: 16-Jul-2009 à 21:51:57  Partager:   :  |
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