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Pouvoir du capitaine Moussa Dadis Camara:le prix de la solitude...
[IMG1]Désormais reconnu pour ses colères imprévisibles, le chef de la junte , capitaine Moussa Dadis Camara semble de plus en plus isolé et son maintien au fauteuil présidentiel ne tient qu'à un fil. En six mois de "règne", Dadis a troqué son masque de "libérateur ", pour celui de "dictateur", incapable de déchiffrer certains signes qui s'annoncent comme une fin de règne. Derrière la foule de "laveurs de chats" qui l'entoure, c'est un homme usé et seul qui affronte les "orages" dont la Guinée a le secret. En pleine transition politique, le capitaine Moussa Dadis Camara ressemble à un iman qui a perdu sa « fatiha « devant ses fidèles. Voyons de plus près certains signes qui expliquent la solitude du chef de la junte…
Des partis politiques plus voraces que patriotes…
Nos leaders politiques (à quelques exceptions près..) n’ont pas failli à leur réputation de « vautours » de la République. Après le décès du « vieux » Général Conté, nombreux étaient nos (faux) leaders politiques qui ont fait les yeux doux à la junte, espérant quelques miettes du nouveau pouvoir. Hélas, le capitaine Moussa Dadis Camara a commis deux péchés capitaux, impardonnables aux yeux de « vautours politiques ».Le chef de la junte a partagé le « gâteau » sans inviter nos partis politiques à la « mangeoire » de la République. Pire, le capitaine Moussa Dadis Camara a menacé de se présenter aux élections si nos leaders politiques ne « mettent pas de l’eau dans leur vin » Le résultat ne s’est pas fait attendre :la lune de miel entre Dadis et les partis politiques a pris fin et place à la méfiance !Nos (pauvres) leaders politiques, qui se soucient peu du sort de leurs compatriotes ont déclenché la « stratégie de l’indifférence » face aux dérives du chef de la junte, espérant qu’il finira pas se décrédibiliser lui-même. On applaudit partout et on laisse faire. Aucune critique , et on laisse le capitaine distribuer ses « claques » à tout le monde .Mission presque accomplie, puisque notre capitaine ne fait plus l’unanimité et son éventuelle candidature a ruiné son capital »confiance » dont il bénéficiait auprès de ses compatriotes. Dans les mamayas organisés au Palais du peuple ou au Camp Alpha Yaya Diallo, nos leaders politiques jubilent à chacune des gaffes du capitaine. Malheureusement, dans leur stratégie hypocrite et égoïste, nos leaders politiques ont oublié l’essentiel :la gestion de "l’après Dadis" puisque aucun d’entre eux ne fait l’unanimité chez leurs compatriotes. Et bonjour, la pagaille et l’improvisation !En attendant, le capitaine ronge son frein, seul contre tous…
Les syndicats et la société civile plus utopistes…
Très actifs lors des évènements de janvier et février 2007, nos « Robins des bois » syndicalistes n’apprécient guère les méthodes du chef de la junte. Le capitaine Moussa Dadis Camara semble égratigner l’image de nos « robins des bois », défenseurs des plus pauvres. L’intimidation et la sourde oreille de notre capitaine ont confirmé la position des syndicalistes et la société civile majoritairement opposés au « vaste et ambitieux » programme du capitaine Dadis qui veut nourrir, donner l’eau et l’électricité à tous les Guinéens !. Dans ce jeu du chat et la souris, nos « robins des bois » syndicalistes qui ont perdu leur illustre adversaire(le Général Conté) ne savent plus quoi faire avec les nouveaux maîtres de Conakry. Résultat, à chacune de leurs rencontres avec le capitaine Dadis, ils saluent les « bonnes intentions » du capitaine Dadis sans rien proposer de concret en retour. Au contraire, la société civile et les syndicats multiplient des déclarations contradictoires sans établir un chronogramme « réaliste et utile » pour la transition. Samedi dernier,pour la énième rencontre entre le capitaine Dadis et les forces « éteintes » de la Nation, la montagne a accouché d’une souris : une modeste commission AD-HOC chargée de suivre le déroulement de la transition. Bien entendu, tout le monde voudrait faire partie de cette commission, sait-on jamais…A l’image des leaders politiques, aucune unanimité entre les syndicats, la société civile sur la durée de la transition .Pour la constitution et la mise en place d’un conseil national de transition (un gros machin dont ne sait pas à quoi ça sert), on « verra » ça plus tard. Bref, on alterne les critiques et les caresses selon l’humeur de notre capitaine. Néanmoins, une question hante les esprits du côté de la bourse du travail et de la société civile :comment reformer l’armée pour éviter un éventuel coup d’Etat ?Une question occultée par les taquineries entre la junte et les « forces éteintes ».Dadis qui se voit comme un « sauveur » de la Nation a réussi à se mettre les syndicats et la société civile sur le dos, qui préfèrent une « transition courte ».Dans ce dialogue de sourd, notre capitaine ronge son frein, seul contre tous…
Les membres du gouvernement de Kabinet Komara :Chacun sauve sa peau..
Au niveau du gouvernement du (pauvre) Kabinet Komara, on se ronge les ongles pour tuer le temps ! Redoutant les colères imprévisibles du capitaine, chaque ministre vient « laver le chat » du chef avec un chapelet de paroles mielleuses. Qui est fou ?Avec des ministres sans salaires, des caisses désespérément vides, le gouvernement de Kabinet Komara brille aussi par les incompétences chroniques des hauts cadres perchés au sommet de l’Etat avec la bénédiction du capitaine. Intimidés, humiliés, aucun ministre n’ose annoncer au capitaine Dadis des reformes dans son département. Dans nos ministères, on cherche à plaire au chef de la junte pour sauver son fauteuil tant convoité .Conséquence, Dadis se retrouve avec tous les « problèmes de la république » dans son QG au Camp Alpha Yaya Diallo, et c’est le pays qui tourne au ralenti selon l’humeur du capitaine. Et puisque le capitaine a réussit à interdire à chaque ministre ou membre de la junte de cracher sur un micro, sans son autorisation, c’est le monologue absolu de Dadis qui inonde les médias d’Etat. Dans cette transition oû l’autocrate Dadis multiplie les gaffes, c’est le sauve qui peut dans le gouvernement de Kabinet Komara .Le premier de nos ministres Kabinet Komara,a d’ailleurs frôlé récemment le limogeage pour avoir contrarié le capitaine Dadis. En attendant une ènième colère, notre capitaine ronge son frein , seul contre tous…
Une communauté internationale frustrée…
Les gaffes du capitaine Dadis continuent d’irriter les bailleurs de fonds qui hésitent à soutenir notre pauvre économie à bout de souffle. Deux péchés (impardonnables) du capitaine Dadis ont agité les milieux diplomatiques sur le « cas » de la Guinée. Primo, la longue liste des violations des droits de l’homme perpétrés par la junte ne plaît pas trop aux chancelleries occidentales. Sous le prétexte de la lutte contre la corruption et les narcotrafiquants (dont on attend toujours le procès), des dizaines de personnes civiles et militaires sont détenues dans les geôles de la junte sans jugement.
Secondo, la volonté du chef de la junte de prolonger la transition jusqu’en 2010 a provoqué un tollé général dans les milieux diplomatiques. D’ailleurs nos "cousins gaulois" avec leur « french doctor » Bernard Kouchner ont craché récemment dans la soupe de Dadis en exigeant les élections pour 2009 !Même son de cloche au niveau de l’Union européenne et le groupe de contact international sur la Guinée qui attendent des actes concrets du capitaine Dadis pour tenir ces élections à la date prévue. Sans sous, le capitaine Moussa Dadis Camara préfère désigner des boucs émissaires et tirer des boulets rouges sur les compagnies minières devenues la « vache à lait » de la junte. Sauf que la colère des bailleurs de fonds peut faire très mal à notre capitaine qui risque de perdre son fauteuil si la marmite du Guinéen ne bout pas. En attendant, notre capitaine ronge son frein, seul contre tous…
En définitive, en multipliant ses gaffes au pouvoir, le capitaine Moussa Dadis Camara a réussit à dresser tout le monde (ou presque) contre lui. Le dernier soutien de Dadis? C’est peut-être ses frères d’armes, obligés de jurer sur le Coran et la Bible, leur loyauté envers le capitaine.Un peu comme le faisait son "père spirituel", le défunt président Lansana Conté pour sauver son fauteuil. Mais ceci est une autre histoire. A la semaine prochaine !
Amadou Diallo
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Coup de gueule  date: 29-Jun-2009 ŕ 18:56:42  Partager:   :  |
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