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Italie:Silvio Berlusconi et les escort-girls(Enquête...)
[IMG1]Après le Noemigate et les photos des fêtes données dans ses luxueuses résidences, le chef du gouvernement italien est cette fois rattrapé par une affaire de prostitution.
Et si le parfum de scandale qui entoure Silvio Berlusconi finissait par le renverser? Le Times se pose la question, alors qu'un nouveau scandale s'étale dans la presse italienne et internationale. Cette fois, c'est une histoire gênante d'escort-girls qui le rattrape, à quelques semaines du sommet du G8 qu'il accueille du 8 au 10 juillet à L'Aquila...
De nouvelles révélations qui viennent compléter le portrait du chef du gouvernement italien en cavaleur et en satyre, après l'affaire Noemi, la publication de "photos interdites" des fêtes qu'il a pu donner dans ses luxueuses résidences de Rome ou de Sardaigne, ou encore les commentaires de l'ancien président français Jacques Chirac à son sujet.
Dans une interview publiée par le Corriere della Sera, jeudi dernier, Patrizia D'Addario, ancienne escort-girl et actrice de 42 ans, affirmait avoir été "embauchée" pour 2000 euros par soirée, afin de participer à deux fêtes organisées par Silvio Berlusconi à sa résidence romaine, le palazzo Grazioli.
Giampaolo Tarantini, un chef d'entreprise spécialisé dans les équipements médicaux, a joué les entremetteurs, d'après le témoignage de cette femme originaire de Bari, dans le sud du pays. Celui-ci, proche du Cavaliere, actuellement sous l'oeil suspicieux de la justice italienne pour une affaire de corruption, affirme que Berlusconi ignorait tout de ces tractations...
A la première de ces soirées, en octobre, Patrizia dit pourtant avoir eu la sensation que le chef du gouvernement italien en savait long sur son passé. Le Times livre un récit cauchemardesque de cette rencontre: au milieu d'un harem d'une vingtaine de jeunes femmes en admiration devant le Cavaliere, celui-ci regarde un film sur sa visite à la Maison-Blanche, écoute des chansons en son honneur, fait des plaisanteries au goût plus que douteux...
Irritée par cette ambiance malsaine qui finit par l'ennuyer, Patrizia D'Addario ne passe pas la nuit au palais: elle ne recevra que 1000 des 2000 euros promis.
La seconde de ces soirées a eu lieu le 4 novembre, soir de l'élection présidentielle américaine. Patrizia, qui prétend avoir été l'assistante du magicien David Copperfield, raconte que Berlusconi, ce soir-là aurait préféré lui demander de passer la nuit avec lui dans son luxueux palais romain, plutôt que de guetter les résultats du scrutin.
On pourrait croire qu'il s'agit d'affabulations d'une ancienne starlette en mal de célébrité qui, par ailleurs, s'est présentée aux élections européennes dans sa région sur une liste liée à l'empire de Berlusconi et attendait de lui qu'il fasse avancer un projet immobilier auquel elle est liée... Mais d'autres éléments viennent corroborer cette version.
Berlusconi nie "des foutaises, des calomnies"
Elle déclare ainsi avoir enregistré leurs conversations et tourné des images de ses visites. Sur l'un des documents sonores consultés par la presse italienne et reproduit par le Times, on entendrait Berlusconi lui dire: "Va m'attendre dans le grand lit", avant d'aller prendre une douche. Elle a remis ces enregistements à la justice, dans le cadre de l'enquête sur les activités de Tarantini.
Berlusconi, loin d'écarter avec un calme mépris ces accusations, est sorti de ses gonds, vendredi. "Tout cela ce sont des foutaises, des ordures. Je le dis en anglais à l'adresse des étrangers: rubbish and trash", a-t-il lancé à la presse à l'issue d'un sommet européen à Bruxelles. "Il n'y a rien à clarifier. Il ne s'agit que de calomnies", a-t-il lancé, en réponse à un éditorial publié par Avvenire, le quotidien de la Conférence des évêques d'Italie, qui lui demandait des explications.
Cependant, dans le "harem" du milliardaire de 72 ans qu'elle décrit, d'autres jeunes femmes ont parlé. Barbara Montereale, 23 ans, a assisté aux deux soirées en question. Et le site de la Reppubblica publie des photos où elle dit poser "dans la maison de Berlusconi" avec une autre jeune femme.
Quelques semaines plus tard, elle aurait même reçu "en cadeau", 10 000 euros de la main de Berlusconi après avoir assisté à une autre fête à la Villa Certosa, sa résidence sarde rendue célèbre par les photos sulfureuses publiées dans la presse récemment.
Quelques semaines plus tard, elle aurait même reçu "en cadeau", 10 000 euros de la main de Berlusconi après avoir assisté à une autre fête à la Villa Certosa, sa résidence sarde rendue célèbre par les photos sulfureuses publiées dans la presse récemment.
Elle décrit un système bien rodé entre Berlusconi et Tarantini: "Giampaolo semblait travailler pour lui, il était chargé de trouver des filles pour rendre les fêtes plus agréables pour Silvio. Ils nous payait, avec son argent à lui, pour lui faire plaisir. Plus les filles étaient jolies, plus il y en avait, plus la fête était réussie".
Un réseau bien plus étendu?
Une troisième jeune femme, Lucia Rossini, a également évoqué des détails salaces de la soirée et le réseau Tarantini. Elle aussi est originaire de Bari. Mais déjà le Corriere della Sera évoque d'autres belles femmes, une trentaine peut-être, "recrutées" à Milan, Padoue ou Bologne. Et au total, ce sont cinq soirées qui intéressent la justice italienne.
La droite commence à s'inquiéter des répercussions politiques de cette affaire de moeurs: a-t-il atteint les limites de la tolérance des Italiens? Berlusconi, lui, prétend que "cela ne [l']arrêtera pas". Sa défense est prête. Peu délicate mais prête: d'après son avocat Niccolo Ghedini, il n'était que "l'utilisateur final" des services de Patrizia D'Addario... et n'a vraiment pas besoin de payer car "il peut avoir de nombreuses femmes gratuitement!"
Quant à Tarantini, il devrait insister sur la drogue consommée lors de ces fêtes par les invitées, selon lui, et les liens entre les femmes qui alimentent le scandale: Patrizia D'Addario est une amie de Manila Gorio, transsexuelle qui anime une émission de téléréalité sur une chaîne locale du sud de l'Italie, dans laquelle a participé une certaine Barbara Montereale. Le tout, souligne la Reppubblica, pour tenter d'"éloigner" le scandale de Berlusconi. Pas sûr que son parfum s'évente si facilement.
Marie Simon
Source:L'express.fr
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  Rubrique: International  date: 23-Jun-2009 à 11:45:43  Partager:   :  |
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