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Le ministre Boubacar Yacine Diallo:"Ce dont je peux me réjouir, c'est d'avoir refusé la parole aux e
[IMG1] Objet de vives critiques notamment sur l'impartialité des médias d'Etat lors de la crise en Guinée,le ministre de la Communication Boubacar Yacine Diallo,s'explique ici sur la fermeture des radios privées et bien sûr RFI pendant la grève en Guinée...
On vous accuse d'avoir fait une couverture partiale des derniers évènements qui se sont déroulés dans notre pays. Qu'en dites vous?
Boubacar Yacine Diallo:J'ai remarqué que beaucoup de choses ont été dites et écrites à ce sujet, parfois sur la base du mensonge. Je voudrais signaler qu'à la veille de la grève, j'avais tenu une réunion avec tous les cadres des médias d'état pour leur indiquer que les syndicalistes étaient dans leurs droits et qu'ils ne devaient pas être traités autrement. J'avais par la même occasion demandé une couverture objective des événements.
Pendant les premiers jours de la grève, la RTG montrait des banques et une administration fermées et des marchés de condiments ouverts. Personnellement, j'ai dépêché par trois fois des équipes de la RTG à la bourse du travail pour rencontrer les leaders syndicaux. D'après ce qui m'avait été rapporté, ces derniers avaient décidé de ne pas s'exprimer sur nos antennes. Ils auraient indiqué que nos reporters déforment souvent leurs propos.
Les correspondants préfectoraux avaient fait le même travail. D'ailleurs, je rappelle que le commissaire Mansaré, directeur adjoint de la Sûreté urbaine de Conakry venait régulièrement fournir le bilan des victimes et des dégâts de la journée, jusqu'au moment où il est tombé malade. Je sais que certains n’ont pas aimé le travail de sensibilisation fait par Kibaro, mais, c’est un peu cela sa vocation depuis longtemps déjà .
La journée du 22 janvier a été la plus sanglante. Cette journée a été occultée par la RTG qui a continue à jouer des musiques d'ambiance alors que le son de Kora, signe de deuil, joue plusieurs jours sur ses antennes dès que le plus petit de son personnel meurt...
Il est vrai que la journée du 22 a été une journée difficile pour nous. Nos équipes n'ont pas pu tourner convenablement, surtout que la maison de la RTG se trouve à Koloma. D'après ce qui m'a été dit par la direction générale, les véhicules de reportage n'avaient plus de carburant et les reporters ne pouvaient pas se déplacer. Toutefois, le rédacteur en chef du journal télévisé s'était arrangé à envoyer un cameraman à Matoto.
Dans l'après-midi, il m'a été rapporté que les images de Matoto étaient disponibles. La seule observation que j'ai faite à mon interlocuteur, c'était que les seules images de Matoto ne suffisaient pas, tant la marche était de loin plus impressionnante au pont du 8 novembre. J'ai dis que les syndicats auraient pu de bon droit considérer que nous avons minimisé leur marche. J'ai recommandé que ces images du pont soient obtenues pour être diffusées. Ce n'est que le lendemain que j'ai su que rien n'avait été diffusé sur RTG Koloma. Par contre, RTG2 avait diffusé le même soir quelques séquences.
Juste pour dire qu'aucune instruction n'a été donnée par mon cabinet concernant une interdiction de diffusion de ces images. Il est vrai qu'il était difficile de les obtenir, surtout que la campagne de discrédit à l'encontre des médias d'état ne mettait pas nos équipes à l'abri des attaques.
Oui, j'ai entendu dire que nos chaînes auraient dû diffuser de la musique funèbre ce jour-là . C'est une critique que nous apprécions à sa juste valeur. Je regrette les pertes en vies humaines et les dégâts matériels enregistrés.
On vous reproche également d'avoir donné des consignes et une ligne éditoriale aux radios privées dans la couverture de cette crise..
Ce sont des allégations sans fondement. Depuis que j'ai été nommé ministre de l'information, je n'ai donné aucune instruction, aucune indication à aucune radio privée. Au début, on avait dit que c'était radio Familia. Elle même a démenti cette rumeur.
Je ne sais même pas où se trouve radio Soleil et je n'ai jamais parlé avec les responsables de cette radio, ni directement, ni par personne interposée. D'ailleurs, posez la question aux directeurs de ces radios, leur réponse sera unanime que je n'ai rien demandé à personne.Tout ce qui a été entendu à ce sujet est archi-faux et je prends à témoins les patrons de ces radios.
Est ce vous qui avez donné l'ordre de fermer et de saccager FM Liberté?
Je réponds bien sûr par un non catégorique. Et ce n'est pas le propriétaire de cette radio, monsieur Youssouf Diallo qui va dire le contraire. Il sait l'appui personnel que j'ai donné pour faire la promotion des radios privées. Il sait aussi que j'ai contribué, avec d’autres, à la libération de son personnel qui avait été arrêté sur les lieux. Naturellement, je regrette ce qui est arrivé à Liberté FM.
L'état de siège a été une mesure liberticide surtout pour la presse. Qui en est l'instigateur?
Lorsque l'état de siège a été décrété lundi soir, toutes les radios privées, y compris RFI sur la modulation de fréquence émettaient encore, en dehors de FM liberté. D'ailleurs, RFI a émis encore le mardi, c'est-à -dire le lendemain, le débat de J. Gomez a été suivi. Comme vous, j'ai remarqué dans la journée que RFI n'émettait plus. Et bien évidement, nous étions sous état de siège. Et je n'avais plus à donner d'instruction, car tout relevait de l'autorité militaire qui avait même le droit de censure.
Les radios privées n'ont pas été officiellement fermées. Aucun acte n'a été pris dans ce sens. D'après ce que j'ai lu, elles ont fermées par mesure de prudence sur leur propre initiative. Nostalgie n'a jamais fermé son antenne.
Lorsque l'envoyé spécial de RFI a été blessé et renvoyé à Paris, c'est moi qui ai récupéré son ordinateur et qui l'ai remis à Mouctar Bah. J'ai donné mon appui à tous les confrères qui sont venus d'ailleurs pour accéder aux informations. Ils peuvent le témoigner. J'ai exigé du gouvernement qu'il communique sur les radios privées et sur les chaînes internationales. Ce dont je peux me réjouir, c'est d'avoir refusé la parole aux extrémistes de tous les bords qui auraient pu nous précipiter dans la guerre civile et cela je l'assume pleinement. Sans regrets.
Malheureusement, la presse privée n'a pas pu paraître, à cause de la grève et des scènes de violences qui l'ont émaillée. J'espère que nos confrères pourront se relever rapidement, car ils ont enregistré de grosses pertes financières. Une aide urgente en leur faveur est souhaitable.
Je profite de l'occasion pour rappeler que je ne peux pas être un ennemi de la presse. J'en suis un produit, c'est tout ce que je revendique dans ma vie, le reste n'a pas d'importance pour moi.
Propos receuillis par Amadou Thiam Camara
Source:Guineenews
Africaguinee.com
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  Rubrique: Interview  date: 09-Mar-2007 à 00:39:41  Partager:   :  |
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