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Bâ Mamadou de l


[IMG1] Suite à la nomination de Lansana Kouyaté à la primature,l'opposition guinéenne accuse les syndicats "d'ingérence "dans la sphère politique.Bâ Mamadou,Président de l'Union des Forces Démocratiques de Guinée(UFDG)et porte-parole des 14 partis d'opposition,revient ici sur cette nomination qui suscite autant d'espoirs que de contreverses....

Comme réclamé par le peuple de Guinée, le premier ministre de consensus a été trouvé. Qu'en dit l'opposition ?

Bâ Mamadou: Comme vous le savez, nous avons toujours dit dans la presse, que la général Lansana Conté doit se mettre un peu de côté et désigner un responsable, en qui il a confiance pour faire le travail qu'il s'est montré incapable de faire. Il y a longtemps qu'on a dit au fond qu'il n'est pas un homme politique. Il l'a lui-même répété plusieurs fois. Donc, nous avons toujours souhaité qu'il laisse la politique à quelqu'un qui sait la faire.

Et, aujourd'hui, nous avons cru obtenir quand même cette solution. Pour être précis, un premier ministre chef du gouvernement, responsable a été trouvé. Nous espérons que tout passera dans les conditions souhaitées. Bien que nous ne soyons pas encore très sûrs, les textes n'étant encore clairs et précis. Si ce premier est vraiment responsable, sécurisé et officialisé tout se passera bien. Parce que nous estimons qu'il faut tôt ou tard porter dans la constitution les attributions du premier. Pour qu'il ait la responsabilité de faire correctement son travail.

Mais les partis politiques n'ont pas été consultés pour la nomination du premier ministre. Qu'est-ce que cela voudrait dire ?

C'est vrai que j'ai été très étonné de voir que les partis sont exclus de ce processus. Alors que c'est problème essentiellement politique. Un premier ministre est un homme politique d'abord. Alors que les syndicalistes disent qu'ils ne sont pas politiques. On avait qu'à choisir un homme politique qui doit faire le travail. C'est étonnant non. On leur demande leur avis sur des question politiques.

Alors que l'on dit que seuls partis politiques sont habilités à un présenter un candidat aux élections présidentielles, législatives ou communales. Aujourd'hui, on retire cette prérogatives aux partis politiques. C'est comme si du coup on bafouait la constitution encore. C'est aussi clair que cela, personne d'autre ne peut présenter un premier ministre ou un président mieux que les partis politiques.

Que pensez-vous du choix porté sur Lansana Kouyaté ?

On a estimé qu'il ne fallait pas créer des problèmes. Refuser cette coopération en disant qu'elle anticonstitutionnelle n'était pas normal. Cependant, nous estimons que les syndicalistes ne peuvent faire la politique jusqu'à prendre une décision qui engage le reste du pays. Mais, nous pensons qu'ils ont obtenu ce que nous voulions au fond. Sachant bien que la méthode n'a pas été correcte. Que l'on dise que nous ne sommes pas unis, mais on ne voit pas pour quoi la CEDEAO peut venir soutenir une opération aussi anticonstitutionnelle.

Pensez-vous donc qu'il faut instaurer cette mesure dans la constitution ?

Encore une fois nous sommes prêts à chercher ce qui arranger le pays. Même si on ne nous consulte pas, nous allons donner une chance à ce gouvernement. Si, il a des capacités de faire le travail. Au cas où on nous consulte avant la composition du gouvernement, nous allons discuter. Parce qu'on ne peut être dans un gouvernement, sans savoir ce qu'il doit faire. Nous sommes des politiciens, il faut qu'on sache la politique du nouveau premier ministre. Si c'est pour faire la même chose que le général Lansana Conté, ce n'est pas la peine. Donc, il faut que le premier ministre ait un programme, une possibilité de mener à bien cette opération pour qu'on consente d'aller avec lui.

Votre analyse in fine de tout ce que la Guinée vient de vivre et vit encore...?

Je crois qu'on a l'impression que la société civile ou les syndicats sont en avance sur nous. Ce n'est pas vrai. C'est le peuple qui est en avance. Parce que tout ce qui se passe est l'expression de la volonté du peuple de Guinée qui demande le départ de Lansana et de son gouvernement actuel. Pour preuve, les syndicats ont décidé une grève et non une marche. En réalité, les manifestations, c'est le peuple lui-même qui l;a voulu, poussé ou non par les politiques, c'est discutable. Le peuple lui a demandé le départ du chef de l'Etat.

Demander la grève est une chose et la manifestation en est une autre. Les syndicalistes ont voulu faire un compromis. Les syndicats demandaient que la grève démarre le lundi, le peuple a décidé de commencer les manifs le vendredi. Cela prouve à suffisance que c'est le peuple qui demande le changement et non les syndicats et la société civile.

Propos recueillis par Kerfalla Kourouma
Africaguinee.com
Source:guineeconakry.info








  Rubrique: Interview  date: 08-Mar-2007 ŕ 10:42:16  Partager:   :

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