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Abdoulaye Condé, conseiller en communication du Président Dadis:" le Président n'a pas acheté d'hé
[IMG1]Après la conférence de presse du président Dadis à Conakry, son conseiller en communication, M.Abdoulaye Condé revient sur l'affaire de l'hélicoptère présidentiel qui défraie actuellement la chronique en Guinée. Dans cet entretien qu'il nous a accordé à Paris, Abdoulaye Condé a également abordé les relations entre le chef de l'Etat et les leaders politiques guinéens et d'autres sujets brûlants de l'actualité nationale .En exclusivité sur Africaguinee.com...
Africaguinee.com :Bonjour M.CONDE Abdoulaye!Peut-on connaître les raisons de votre présence à Paris ?
Abdoulaye Condé : La capitale française, comme vous le savez, a abrité une série de rencontres sur la transition qui s’est amorcée en Guinée depuis l’avènement du président Moussa Dadis Camara et du CNDD au pouvoir, le 23 décembre 2008. Le président de la République m’a chargé de venir assister et même participer à ses conférences-débats pour dire que partout où on parle de la Guinée et dans quelque sens que ce soit, il garde une oreille attentive. C’est donc l’objet de ma présence à Paris où j’ai également rencontré des personnalités et des journalistes.
Qu’est ce qui a été préconisé sur la transition en Guinée ?
La première conférence a été conjointement organisée Le Club NIMBA CAP21 et l’Association des étudiants de Sciences-Po pour l’Afrique (ASPA) et a porté sur : «Quelles priorités pour assurer une transition débouchant sur une véritable démocratie en Guinée?». Ces deux associations qui regroupent de jeunes universitaires et patriotes guinéens ont invité Issa Ben Yacine DIALLO, ancien secrétaire général adjoint de l’ONU, M. Hugo SADA, délégué à la paix, à la démocratie et aux droits de l’homme de la Francophonie et membre du Groupe International de Contact sur la Guinée, M. Jean Hervé JEZEQUEL, professeur, historien, membre associé du centre d’Etudes Africaines à l’Ecole des Hautes études en Sciences sociales (HESS) et madame Dominique Bangoura, sociologue, politologue, spécialiste de la géopolitique guinéenne pour exposer sur ce thème. L’Observatoire de l’Afrique, dans lequel se retrouve un groupe d’universitaires africains et français, a aussi organisé le vendredi 15 mai 2008 une conférence-débat sur le thème : ‘’Guinée Conakry après la junte : Les élections feront-elles la différence ?’’. M. Richard Marchal, chargé de recherche au centre d’études et de recherche international (CERI) en était le principal animateur. MM. Mike McGovern, professeur à l’université de Yale, madame Odile Goerg, professeur à l’université Paris-Diderot-Paris 7/SEDET et André Lewin, ancien ambassadeur de France en Guinée ont animé le débat. La troisième rencontre s’est tenue au Musée du Quai Branly où devant les anciens ambassadeurs de France en Guinée, le doyen Naby Youla a évoqué ses mémoires. A toutes ces rencontres, les débats ont permis de comprendre que pour instaurer et développer la culture démocratique en Guinée, le CNDD devrait être aidé et soutenu aussi bien par les guinéens eux-mêmes que par la communauté internationale. Je crois que des rapports seront rédigés dans ce sens au début du mois de juin et remis aux différents acteurs du pays et à la communauté internationale. Personnellement, je suis satisfait de cette évolution des mentalités à Paris où certains voulaient déjà privilégier l’affrontement et le blocus contre les nouvelles autorités.
En tant que conseiller en communication du président Dadis ,comment avez-vous vécu sa dernière conférence de presse où le chef de l’Etat n’a pas apprécié une question relative à l’achat d’un hélicoptère dans un contexte économique , plutôt difficile ?
Il serait injuste de résumer cette conférence de presse de plus de trois heures à cette seule question portant sur l’achet d’un hélico. Je souhaite que vous reteniez que cette conférence, organisée dans le cadre des cent jours du CNDD, a donné l’occasion aux guinéens et à l’opinion internationale d’apprécier le degré de la détermination du président de la République à moraliser la gestion des affaires publiques. Pour ceux qui ont suivi les débats, on a constaté que le capitaine Dadis ne s’est pas laissé enfermer dans l’exercice de dénonciation permanente du lourd héritage légué par le régime défunt, mais a plutôt tenu à exposer, dans la transparence, ceux qui ont voulu profiter des positions qu’ils occupent actuellement pour perpétuer dans leurs seuls intérêts le système qui a fait la misère des populations d’un des plus riches pays du continent. Aujourd’hui, les ministres réfléchiront mille et une fois avant d’engager des dépenses. Ça, il faut l’admettre, est une rupture positive. Le président a aussi annoncé les grandes priorités de la politique gouvernementale. Elles portent sur l’eau, l’électricité, l’éducation et la santé. Pour revenir à la question de l’hélico, je vous dis tout simplement qu’il n’a jamais été acheté, contrairement à tout ce qui a pu être écrit et raconté ici et là . Mais, la Guinée, je crois que vous serez d’accord avec moi, a droit à un avion.
Vous êtes un professionnel des médias, quel rapport entretenez-vous avec la presse guinéenne depuis votre nomination ?
Je n’ai que des amis et frères dans la presse, tant au niveau des medias du service public, que privé, y compris la presse en ligne. Savez-vous que je suis l’un des fondateurs d’aminata.com, de guinee24, de kibarou.com ? Que j’ai été animateur de nombreux sites comme Conakry online ? La presse reste mon vrai monde.
Avez-vous un message particulier à adresser à la presse qui couvrira les futures élections au terme de la transition ?
Je plaide pour le professionnalisme, le respect de l’étique et de la déontologie.
En observant les médias d’Etat, on ne voit quasiment que le président Dadis, ne risque-t-on pas de tomber dans le culte de la personnalité, qui dénature les convictions des chefs d’Etat africains ?
Je ne le souhaite pas. Le président de la République est occupé à ses multiples et lourdes charges. Il appartient à la RTG de savoir faire la part des choses.
Des observateurs affirment que le président Dadis fait beaucoup d’erreurs de communication quand par exemple il a menacé d’ôter sa tenue pour se présenter aux élections si les leaders n’arrêtent pas de lui mettre des bâtons dans les roues ? Qu’en pensez-vous ?
Chacun est libre d’en faire l’interprétation qu’il veut. Mais, je souhaite qu’on ne se laisse pas distraire par des épiphénomènes et qu’on se consacre à l’essentiel. Le président Dadis a dit et répété que son ambition est d’assainir le pays avant de le laisser à quelqu’un de propre librement élu par les populations. Sans aucune pression, il a insisté sur le fait qu’il ne sera pas candidat à ce scrutin. Que doit-il de plus ? C’est en réaction aux propos et à l’attitude de certains hommes politiques qui ont feint de n’avoir pas entendu ce discours souvent réitéré, qu’il a parlé ainsi. Il demande d’être respecté, quoi de plus simple. Je souligne, que le président a toujours manifesté sa sympathie pour les leaders politiques dont, comme il le dit, il a véhiculé les messages quand il était sur les bancs de l’université. Et depuis qu’il est au pouvoir, les portes de la présidence leur sont ouvertes. Je pense que dans l’intérêt de la Guinée, tout le monde devrait se ressaisir et laisser le CNDD faire le travail qu’il s’est fixé.
En ce qui concerne la communication, je suis personnellement conscient des problèmes de méthodologie que beaucoup d’observateurs ne cessent de signaler. Nous allons y faire face et tenter d’améliorer la communication présidentielle.
Pour terminer, un mot pour les lecteurs de AFRICAGUINEE ?
Je vous remercie d’abord d’avoir bien voulu m’ouvrir vos colonnes. Je souhaite que les lecteurs participent, surtout par des critiques constructives, à la qualification et à la promotion du site Africaguinee. Une fois encore merci et bonne chance.
Interview réalisée par Aliou Souaré
Chef du Bureau Africaguinee.com
Paris-France
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  Rubrique: Interview  date: 19-May-2009 à 10:37:26  Partager:   :  |
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