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Impunité et négligence:Stop au " massacre" de nos artistes!
[IMG1]Il était aimé par les mélomanes guinéens, l’artiste Saidou Sow a été inhumé lundi au cimetière de Cameroun .Saidou Sow rejoint ainsi la longue liste des artistes disparus. Hélas, on a pas encore fini de pleurer nos artistes car les habitudes ont la tête dure chez nous ! Combien sont ils ces artistes, musiciens (célèbres ou anonymes)qui ont tout donné à la culture guinéenne, qui agonisent actuellement dans une indifférence à couper le souffle ?C’est connu chez nous, deux sacs de riz pour la famille et un peu d’argent pour la cola , après la mort d’un artiste, c’est la manière (moins coûteuse) pour nos autorités de soutenir ces pauvres défenseurs de notre patrimoine culturel fauchés par le destin. Pour mieux comprendre la détresse de nos artistes, il suffit de jeter un coup d’œil sur les « vampires » qui sucent le sang de nos artistes. Voyons de plus près ces « vampires » qui fauchent nos artistes…
Premier « Vampire », ce sont nos autorités qui brillent par leur indifférence face aux besoins de nos artistes. Tenez, le bureau guinéen des droits d’auteur (BGDA) est devenu une machine à sous pour remplir la poche de ses dirigeants dont (l’éternel) directeur Riad Chaloub. Dire que ce (faux) directeur était lui-même un sociétaire de l’orchestre « les camayennes sofas », il y a de quoi rougir de rage !Même les travailleurs du BGDA se sentent plumés par leur direction. Imaginer ce qu’il en est pour les artistes dont le BGDA doit défendre les droits. Mardi dernier, les travailleurs de ce « vampire » ont tout simplement réclamé la démission de leur dirigeants en criant leur ras-le bol. Et ce n’est pas tout ! Profitant de l’analphabétisme de nos artistes, le BGDA continue de plumer nos artistes en toute impunité. Quand on sait qu’au ministère de la culture, ils ont d’autres chats à fouetter, la détresse est à son comble. Aucun soutien, aucune politique en faveur de la promotion de la culture.
Nos chanteurs sont d’ailleurs considérés par certains comme des « amuseurs publics » à ne pas prendre au sérieux ! Pire la succession des ministres à la tête du département de la culture n’arrange pas les choses puisque chaque ministre éjecté part avec ses « idées » et ses projets. Tans pis pour la continuité de l’Etat. Le cas émouvant (et pas le seul) de Fodé Conté illustre cette indifférence de nos petits boss face aux besoins de nos artistes. Après 50 années au service de la culture guinéenne, Fodé Conté est mort récemment dans l’abandon malgré ses cris de détresse. A tel point que les autorités n’ont pas osé se présenter à ses funérailles ! Autre cas, celui de Kadé Diawara qui vit actuellement dans l’oubli à Conakry dans une indifférence à faire rougir un bouddha !Une dame qui s’est pourtant donnée corps et âme pour la musique guinéenne !Et la liste est longue…Espérons que le « JMJ » qui trône actuellement dans le kibanyi de l'information et de la culture aie une oreille attentive aux cris de détresse de nos artistes et ne pas seulement « réciter » les PV de des "bavardages" de nos de ministres ! Iskine.
Deuxième « vampire », ce sont nos (faux) producteurs et promoteurs culturels qui se remplissent les poches en détectant la « poule aux neufs d’or » que sont nos artistes musiciens. Là aussi le chapelet de reproches est long mais égrenons quelques uns.
Primo, le contrat qui lie nos artistes avec leurs producteurs est souvent à l’avantage de ces derniers Le producteur s’arrange pour donner quelques sous à l’artiste comme « avance » avant la sortie de l’album et après….plus rien ! Toutes les recettes issues des ventes d’album sont souvent bouffées par ces producteurs véreux qui profitent à fond de ce business honteux. Secondo, nos( faux) promoteurs culturels organisent des mamayas bidons pour assurer la promotion de leur poulain( en complicité avec le producteur).Résultat, nos artistes n’ont même pas une dimension nationale, car tout se limite à notre ….Palais du peuple de Conakry, (la maison à tout faire du pays). Aucune offensive vers les médias et les marchés étrangers pour « vendre » leur poulain, même pétri de talent. Résultat, beaucoup d’artistes se retrouvent dans la mendicité, une fois la soirée dédicace terminée. Et la traversée du désert continue pour nos pauvres dès la sortie de l’album .Le succès ? Ils l’entendront à la radio mais pas dans leurs poches ! Ignorants leurs droits et souvent analphabètes, nos artistes sont laissés à la merci de ces « vampires » que sont nos producteurs et promoteurs. Iskine !
Troisième « vampire », ce sont nos fameux pirates !Rien n’échappe à leur appétit vorace. Des cassettes audio ou vidéo, DVD ou autres tout est bon pour ces pirates qui sévissent en toute impunité. Pour le consommateur, c’est une catastrophe tellement la qualité de leurs produits est minable. Pour les artistes, c’est le désespoir car les (rares) miettes d’argent qu’ils recevaient diminuent comme une peau de chagrin. Allez dans nos marchés, chaque vendeur de disque à son lot d’albums ou DVD piratés vendus à bas prix. Tout se négocie ! Pendant se temps, le BGDA ferme les yeux sur ces voleurs des temps modernes. Résultat : même les artistes les plus téméraires sont découragés et pire c’est la qualité des œuvres culturelles qui prend un coup, puisque ça ne sert à rien de se brûler les neurones pour sortir un produit dont on ne profitera jamais. Le fléau est si palpable que c’est devenue un « mode de vie » qui réduit nos artistes à la mendicité et au griotisme. Pour vivre, il faut désormais chanter le nom d’un riche pour bénéficier de ses largesses et c’est la qualité musicale qui en pâtit. Iskine !
Finalement, devant ces « vampires » voraces, nos artistes ne savent plus à quel saint se vouer. Rare sont ceux qui vivent de ce métier pourtant noble. Malheureusement la galère est telle, que tout le monde s’improvise désormais en « chanteur », histoire de se « débrouiller ».A ce lot (pléthorique ) de nos artistes musiciens, s’ajoute un concurrence parfois déloyale que nos artistes se livrent entre eux. Aucune solidarité (sauf décès) dans cette jungle où sévit la loi du plus fort. Peut-être que nos artistes devraient d’abord s’entraider avant de tendre la main vers l’extérieur de leur « jungle ».Mais ceci est une autre histoire. A la semaine prochaine !
Amadou Diallo
Conakry-Guinée
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Coup de gueule  date: 31-Mar-2009 ŕ 16:40:10  Partager:   :  |
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