Detail de la News

Almamy Ibrahima Barry, candidat indépendant: '' Le chronogramme de la transition tracé par le CNDD


[IMG1]Almamy Ibrahima Barry est l'un des candidats déclarés aux prochaines consultations électorales en Guinée. Nous l'avons rencontré pour parler de ses projets, de la situation politique en Guinée, des nouvelles autorités du pays. Bref de la vie nationale. Lisez...

Africaguinee.com:Pourquoi avez-vous attendu ce temps pour vous lancer en politique ?

Tout dépend de ce que vous entendez par se lancer en politique. Je me suis toujours mobilisé pour le destin politique mais aussi économique de mon pays. La politique, fort heureusement ne se limite pas à la conquête du pouvoir, mais c’est d’abord et surtout la promotion et la défense de ses convictions.

Tout jeune, j’ai milité dans les organisations estudiantines, telle que l’association des étudiants Guinéens en France (AEGF), sous l’égide de la FEANF.

J’ai été un membre influent du Rassemblement des Guinéens de l’Extérieur (RGE) de Feu Siradiou Diallo à qui je rends un vibrant hommage à l’occasion du cinquième anniversaire de sa disparition.

J’ai pris d’énormes risques, à une époque où s’opposer à Sékou Touré relevait du suicide. En effet, j’ai largement participé au financement de la branche armée de notre mouvement (le RGE).
Pour cette raison, j’ai été accusé de financer la rébellion en Guinée, et j’ai fini par être arrêté par les autorités ivoiriennes en février 1984. Mon domicile a été perquisitionné, et j’ai moi-même été menacé d’expulsion malgré mon immunité diplomatique en qualité de fonctionnaire international. Un mois après cet épisode, Sékou Touré s’éteignait à Cleveland et ma lutte clandestine prenait ainsi fin.

Si, il y a trente ans, je n’ai pas hésité à m’engager politiquement, sous un régime dictatorial, vous comprenez bien qu’aujourd’hui, dans un Etat de démocratie et de libre expression, certes relatives, je veuille jouer de ma partition en vue d’un meilleur destin pour la Guinée, mon pays.

On ne se lève pas du jour au lendemain pour prétendre à la magistrature suprême d’un pays aussi difficile à diriger que le nôtre.

Il faut avoir une confiance inébranlable en ses capacités et ses motivations, et avoir mûri un véritable projet de société, à la fois ambitieux et réaliste, répondant aux besoins de la nation.

Ma candidature est une profession de foi dictée par l’ampleur du désastre que subit mon pays et par une fin de règne qui a fini par consacrer un état de non droit. Depuis de longues années, j’ai été sollicité par de nombreux compatriotes m’invitant à m’engager sur cette voie. Mais le temps de Dieu n’est pas le temps des hommes. Et c’est finalement le 28 Mai 2006 que j’ai officialisé ma candidature aux présidentielles en lançant mon message d’espoir et mes rêves pour la Guinée de demain.

J’ai été, il faut le rappeler, le tout premier à faire une déclaration de candidature du vivant du Président Conté ; au moment, où des candidats actuels ne savaient pas encore quelle attitude adopter en raison de leur lien étroit avec le régime défunt ou de leur déconvenue politique d’hier. Je suis venu donc en pionnier, proposer une candidature libre et indépendante pour la première fois dans toute l’histoire de la Guinée.

Ma rentrée politique n’est pas le fait du hasard....


Pouvez-vous dire de quels atouts vous disposez dans ce marigot politique où vous venez de plonger surtout que les populations paraissent ne pas du tout vous connaître ?

Pour diriger un pays comme le nôtre, il faut avoir une vision claire et ambitieuse afin de relever les défis qui nous interpellent.

Il faut, avant tout aimer son pays, et s’engager à défendre les intérêts de son peuple en toutes circonstances.

Je plonge dans l’arène politique guinéenne avec tout mon cœur et toute ma foi en l’avenir de ce pays.

Je veux contribuer à bâtir une nouvelle Guinée et pour cela, il faut l’irruption d’un nouvel homme dans la vie politique guinéenne « Un nouvel homme pour une nouvelle Guinée ».

Je veux incarner ce nouvel homme, et rompre avec le passé politique de notre pays. J’échappe aux calculs des hommes politiques traditionnels basés sur l’ethnocentrisme.

Je reste en dehors des querelles partisanes basées sur des décennies d’intolérance. Je veux incarner le renouveau moral pour ne m’être jamais compromis avec les clans qui ont dilapidé les ressources du pays.

J’ai acquis une expérience incontestable dans la gestion économique d’une trentaine de pays africains, et j’entends mettre cette expérience au service de mon pays.Je veux rassembler autour de ma candidature tous les guinéens, sans aucune considération ethnique, autour d’idéaux communs : la consolidation de la paix et de l’unité nationale dans une Guinée prospère et démocratique.

Au fil des mois, les populations apprendront à me connaître et à m’apprécier, je sais de quoi je parle !Qui aurait parié sur Yayi Boni six mois avant les élections au Bénin ?

Qui aurait parié sur Barack Obama lors de sa candidature aux primaires du parti démocrate ?

Mes valeurs sont celles du rassemblement et du changement. On peut en un temps record créer l’engouement et mobiliser les fils de ce pays autour de cette dynamique.


Vous paraissez défendre avec acharnement la candidature indépendante pour les prochaines présidentielles. Une option que réfutent, pourtant, certains membres de la classe politique comme Jean-Marie Doré ?

Je suis heureux de constater qu’après ma conférence de presse du 19 février dernier, le débat sur la candidature indépendante soit enfin ouvert.

Il est certain que l’introduction du principe de candidature indépendante n’arrange pas tout le monde ; car elle met fin au monopole des partis sur la vie politique du pays, et elle permet d’assurer une meilleure représentativité du peuple au sein des institutions républicaines.

Tous les représentants des forces vives de la nation (syndicats, CENI, société civile, etc.…) que j’ai pu rencontrer sont d’accord avec moi. Et c’est certainement l’une des premières modifications à apporter au code électoral, pour en outre, renforcer l’égalité des chances et la représentativité de nos institutions. Ce principe permettra de garantir l’avènement d’une vraie démocratie.

La seule voix discordante que j’ai entendue à ce jour est celle du doyen Jean-Marie Doré.Je respecte sa position car c’est cela même l’expression de la démocratie. Tout le monde ne peut être d’accord sur tout. Seule la majorité jugera.

Je continuerai à défendre la candidature indépendante, qui est un principe démocratique universel et salvateur pour une jeune démocratie en construction.

Je continuerai à réveiller la conscience citoyenne afin de la sensibiliser et de la mobiliser dans ce sens. Et je suis sûr d’amener la majorité de mes compatriotes, par la voie de ses représentants, à partager cette conviction.

Il est important que mes compatriotes sachent, que l’introduction du principe de la candidature indépendante ne conditionne nullement ma candidature. Les voies classiques sont largement à ma portée, mais dans la perspective de la révision du code électoral, ma conviction d’homme politique m’oblige à défendre ce principe que je souhaite désormais incarner.

« Un nouvel homme pour une nouvelle Guinée » mais aussi une nouvelle manière de faire de la politique et d’accéder à la magistrature suprême, dans notre pays.


Avez-vous des rapports avec les milieux politiques guinéens ?

Je connais tous les leaders politiques de la Guinée et tous me connaissent à l’exception du doyen Jean-Marie Doré que je n’ai jamais eu l’honneur de rencontrer. De par mes fonctions, j’ai été en contact permanent avec la plupart des décideurs de ce continent ; et bien évidemment avec ceux de mon pays.

L’intérêt particulier que j’ai toujours porté au développement économique et social de la Guinée m’a amené à échanger régulièrement avec les plus hautes autorités du pays, du Président de la République aux ministres et hauts cadres en passant par tous les Premiers ministres qui se sont succédés jusqu’à ce jour.

En dehors de ces contacts officiels, j’ai côtoyé certains des dirigeants de notre pays soit à l’école, soit à l’université, soit au travers de mon engagement politique pendant la première république. Je suis lié à certains autres pour des raisons purement familiales ou amicales.

Tout cela pour vous rassurer, si besoin était, que je ne suis pas un inconnu dans l’arène politique guinéenne.


-Comment avez-vous accueilli la levée de suspension qui pesait sur les activités des partis et des syndicats ?

Il est certain, que la suspension des activités politiques et syndicales n’était qu’une mesure provisoire dictée par la nécessité de rétablir l’ordre et de contenir les passions que pouvaient déchaîner la disparition du Président Conté et la prise du pouvoir par l’armée.

La vie politique et syndicale continuait cependant à exister de facto dans la mesure où le CNDD était en concertation permanente avec les acteurs de la vie politique.

Mais je me réjouis, bien évidemment, de cette décision du CNDD qui était une condition préalable à la mise en œuvre d’une transition consensuelle.


Quelle lecture faites-vous du chronogramme de transition que le chef de la junte a dévoilé lors de la réunion inaugurale du Groupe International de Contact (G.I.C.), sur la Guinée, qui s’est tenue à Conakry les 16 et 17 février 2009 ?

Le chronogramme de la transition tracé par le CNDD n’est pas une fin en soi.

Pour moi, l’essentiel est qu’il soit accepté par tous. A partir de ce moment, il pourra servir de feuille de route pour l’ensemble de la nation.

A chaque étape de la transition, une évaluation doit être faite par un comité de suivi ou un Conseil National de Transition qui verra le jour très bientôt.Il va falloir enfin trancher sur la séquence des différents suffrages (élections générales, présidentielles d’abord, législatives ensuite etc.…)

Il faut à la fois éviter la précipitation et le jeu des prolongations sans fin.


Pouvez-vous nous dire quels sont les défis que vous-vous fixez au cas où vous accéderiez à la magistrature suprême ?

Mon désir le plus impérieux est d’abord celui de rallumer la flamme de l’espoir et d’amener les guinéens tous ensemble à croire, en leur merveilleux destin et en leur capacité à y contribuer efficacement par une mobilisation démocratique pour le changement et la rupture.

Pour la suite, j’aurais préféré parler de défis majeurs car les défis et les priorités sont innombrables.

Je m’engage une fois arrivé au pouvoir à marquer une rupture dans la manière de gouverner le pays.Je m’engage à construire une nouvelle Guinée, à fortifier la Nation guinéenne par la consolidation de l’Unité Nationale et la lutte contre le régionalisme.

Je m’engage à instaurer un Etat de droit digne des nations modernes.Je m’engage à créer les bases d’un développement économique durable.

Pour cela, les principaux axes préalables au programme de relance économique que j’entends mener avec l’ensemble des guinéens porteront sur :

Le rétablissement de l’autorité de l’Etat et la bonne gouvernance ;
La lutte contre la corruption et les trafics de tous genres ;
La réforme du système judiciaire ;
La sécurité des biens et des personnes.

Une fois ces préalables levés, on pourra construire une nation forte, solidaire, fondée sur le travail, le progrès, et le mérite, en un seul mot, l’excellence.

Ce n’est qu’après avoir mis en place un environnement propice que l’on pourra amorcer un véritable décollage économique. Le succès ne fait pas l’ombre d’un doute si l’on tient compte des richesses de notre sol et de notre sous sol. L’esprit d’entreprise et l’ingéniosité des guinéens feront le reste.

Il faut s’abstenir de promesses électorales mensongères, il faut gagner la confiance du peuple par un discours juste, responsable et constructif.

Entretien réalisé par Mamadi Savané
Conakry, Guinée
Tél. +224 62290565


  Rubrique: Interview  date: 26-Mar-2009 ŕ 18:16:06  Partager:   :

The Nun'S copyright -- design by Nun'S