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Hadja Rabiatou Sérah Diallo,l'amazone de Guinée: «On en a ras le bol de ne pas avoir d'électricité,
[IMG1] Elle suscite crainte et admiration,son nom fait vasciller le régime Conté;de son bureau il ne reste rien, hormis une petite écritoire sur laquelle elle a écrit à la main son nom et sa fonction : «Rabiatou Sérah Diallo, secrétaire générale de la Confédération nationale des travailleurs de Guinée».
«Ils ont tout cassé, ils m'ont tout pris, mon ordinateur, mes dossiers, l'argent de nos adhérents», raconte cette petite femme qui mène depuis des semaines le combat contre le président-dictateur guinéen, Lansana Conté. «Ils», ce sont les bérets rouges, membres de la garde présidentielle, envoyés pour intimider la syndicaliste et ses militants.
Il en faut plus pour décourager Rabiatou Sérah, qui a gardé une détermination de jeune militante pour mener l'un des plus importants combats de sa vie de syndicaliste. «Le président Lansana Conté a signé un décret concédant la nomination d'un Premier ministre, chef de gouvernement. Il doit l'appliquer, un point c'est tout.»
Déterminée, Rabiatou Sérah dit «l'avoir toujours été», ajoutant que «c'est naturel». Tout d'abord quand elle était secrétaire à la présidence, durant la dictature du père de l'indépendance guinéenne, Ahmed Sékou Touré, pour qui elle «a dû travailler dur, dans la discipline, parce qu'on ne pouvait pas faire autrement, surtout quand on était une femme».
Puis ce furent les greffes des tribunaux de Conakry, dans les années 80, avant de rejoindre la magistrature, dix ans plus tard, avec six enfants à élever. «On en a ras le bol de ne pas avoir d'électricité, pas d'eau, d'avoir une monnaie qui ne vaut plus rien, alors que nous sommes l'un des pays les plus riches de l'Afrique de l'Ouest», s'énerve Rabiatou Sérah.
«Toi, l'héroïne». A presque 60 ans, ce petit bout de femme toujours vêtu d'un boubou de tissu coloré dit n'avoir jamais eu peur de mener ce combat. C'est elle qui déclencha, en février 2006, le premier mouvement de grève générale de toute l'histoire de la Guinée indépendante. Très largement suivi, le mouvement déboucha sur deux autres grèves, en juin 2006 puis en janvier 2007.
Sa ténacité suscite l'admiration des travailleurs, anonymes, parents et amis qui se bousculent pour venir saluer «Hadja Rabiatou», la seule femme africaine sur le continent noir à diriger l'ensemble des syndicats d'un pays. Dans les couloirs de la Bourse du travail, devenue le symbole de la résistance du peuple guinéen au régime de Lansana Conté, certaines griottes de Conakry chantent «Rabiatou Sérah, toi, l'héroïne qui a honoré les Guinéens de sa bravoure».
L'objectif de la syndicaliste est clair : «Parler au maximum de la Guinée pour que la communauté internationale prenne ses responsabilités et empêche ce pays de sombrer, parce que la Guinée ne mérite pas cela.»
Fabrice Traoré
Conakry-Guinée
Africaguinee.com |
  Rubrique: Politique  date: 26-Feb-2007 à 10:59:09  Partager:   :  |
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