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Le secrétaire d'Etat chargé de la lutte contre le trafic de drogue et le banditisme , capitaine Mous
[IMG1]Il fait la "Une" de l'actualité en Guinée.Avec ses hommes, le capitaine Moussa Tiegbéro Camara multiplie les opérations dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue.Sa dernière descente au domicile de la syndicaliste Hadja Rabiatou Sérah Diallo continue de soulever les polémiques.Justicier tout-puissant?Le capitaine Moussa Tiegbéro Camara se défend avec vigueur qu'il agit dans le respect de la loi.Entretien!
L'indépendant:Nous avons appris sur les ondes que vous auriez personnellement conduit une descente à Boffa, au domicile de Hadja Rabiatou Serah Diallo, Secrétaire générale de la CNTG. Quelles sont les explications relatives à cette descente ?
Capitaine Moussa Tiegboro Camara : Par rapport à la descente, d’ailleurs moi je n’appellerais pas cela une descente, parce que nous étions dans l’une de nos fonctions. Donc, c’était dans la matinée du lundi 2 mars, vers onze heures, qu’on a été informé par une fille de la présence de treize (13) jeunes filles qui ont été enlevées à Conakry en direction de Boffa. Aussitôt, j’ai réquisitionné trois (3) voitures avec mes éléments dans le but d’aller faire une recherche à cet effet.
On est arrivé à Boffa vers 14 heures. Aussitôt, on a contacté la première autorité qui est monsieur le préfet, qui se reposait d’ailleurs. Et on a mis aussitôt les autres autorités administratives et militaires en mouvement. Je leur ai expliqué le mobile de notre présence. Ainsi, j’ai dit au préfet et aux autres autorités de s’embarquer avec nous pour aller sur les lieux du crime. Car moi j’appelle cela crime. Maintenant, arrivé sur les lieux, la fille nous a expliqués : voilà c’est la rivière que j’ai prise jusqu’à ce que je suis venu au bord du goudron. Après les explications de la fille, moi je dis qu’il faut baliser un peu le coin, et se référer à ses explications pour faire une fouille minutieuse dans les environs. Parce qu’elle disait qu’il y a une de ses copines avec laquelle elle a pris la fuite, qui se trouverait quelque part, parce que n’ayant pas pu supporter la distance. Mais malheureusement, on ne l’a pas retrouvée. Elle disait quand elle est venue, je crois que elle-même l’a expliqué à la radio, qu’elle a été kidnappée à Conakry ici, et qu’elle ne s’est réveillée que dans ce bâtiment isolé, quelque part là -bas à Tabita dans Boffa. Donc, le coin et tout le petit village ont été fouillés. On n’a pas trouvé un bâtiment isolé. Ce n’est que vers les 19 heures qu’on a retrouvé le bâtiment isolé. Mais, avant cela, moi-même je me suis dit que quand les bandits se déplacent comme ça vers une direction donnée, c’est qu’il y a un coin où ils peuvent être reçus. Certainement, il y a des motels ou des hôtels ici. Identifiez-moi, ces motels et hôtels.
Entre temps, il y a un policier qui me donne une autre version : « Hier soir, on a été informé de cet évènement, on a été dans un coin, un motel où le gardien nous a déclarés que trois véhicules seraient venus avant-hier, sans préciser la provenance, mais nuitamment. Ils sont venus à leur motel, et l’une des voitures de couleur noir était remplie de jeunes filles », d’après la version du policier. Moi, je leur ai dit d’aller me chercher le gardien pour avoir la vraie version des faits.
Finalement, le gardien et le gérant ont été embarqués. Le gardien a reconnu avoir reçu effectivement trois véhicules. Mais il partait de coq à l’âne. Et nous, nous avons compris que c’est un monsieur qui était certes sous l’effet de l’alcool ou mentalement dérangé. Donc, moi j’ai accéléré la démarche en disant qu’on va prendre d’emblée sa déclaration. Et cette déclaration n’est pas tellement en relation avec l’action que nous menons maintenant. Parce qu’entre sa version et celle de la fille, il y avait une incohérence. Moi, je savais quand même que ça peut nous intéresser, parce que ça peut être un autre réseau. Mais en attendant, les gendarmes et les policiers vont s’occuper de cette enquête. Nous, nous allons rentrer encore dans la brousse pour voir réellement où se trouve le bâtiment isolé où habitaient ces jeunes filles. J’ai leur ai donc donné mon numéro en cas de besoin. Mais soudain quelqu’un me dit : « Ah ! C’est le fils de Rabiatou. » J’ai dit « Ah bon ! » Je lui ai dit donc : «Mon frère vous pouvez prendre mon numéro, et appelez-moi en cas de besoin. » Je ne pouvais pas penser qu’un patriote qui pense à l’avenir de ce pays peut prendre les antennes des médias à propos. Me dénigrer et dire qu’ils ont fait une descente chez elle.
Les gens sont toujours prêts à dénigrer. Et ça, c’est pour ternir non seulement l’image de marque du CNDD, mais aussi les gens veulent compromettre notre travail. Or, ce que nous faisons-là c’est purement patriotique. Je crois que le fait d’aller jusque sur le terrain dénote de notre volonté affichée par rapport à l’insécurité qui sévit dans le pays. Mais, si les gens sont prêts à prendre les antennes et passer sur le net et nous dénigrer je ne comprends pas.
Et puis à propos, moi je suis prêt à tout recevoir. Ce qui est sûr c’est que ma mission reste et demeure nationaliste et j'irai jusqu’au bout. Parce que je sais qu’ils sont habitués à attaquer les gens. Il faut que ça soit logique et fondé. En bon citoyen, j’ai laissé mon numéro. On pouvait m’appeler pour me demander. Pourquoi, il ne pourrait pas le faire, pourquoi pas elle.
Moi, je dis que je m’inscris en faux contre cette descente à laquelle les gens font allusion. Ils n’ont qu’à appeler son enfant, il va venir expliquer. Heureusement, on n’a touché à aucun de ses cheveux. Ce n’est pas quand même notre ambition. On réfléchit, on a appris ce métier et je ne veux plus que les gens passent par la presse pour vraiment jouer sur notre honneur.[IMG2]
Ce n’est donc pas vrai lorsqu’on dit qu’un de ses garçons aurait été brutalisé par vos hommes ?
Appelez l’enfant et demandez lui, et faites une confrontation. Elle parle pour la cause mais ce qui est sûr et certain, c’est que le préfet, les autres autorités et même les villageois peuvent servir d’exemple. Son enfant même a dit devant tout le monde que je vous remercie beaucoup du fait de venir nous demander. Il dit qu’il est content. Ce qui est sûr et certain, cette affaire c’est d’abord pour nous les jeunes. Parce que c’est la jeunesse qui est touchée. Ces jeunes filles qu’on a enlevées viennent d’une famille ou de plusieurs familles. La fille était là hier et elle a vraiment démontré que ce réseau existe bel et bien ici. Nous avons trouvé des traces, puisque nous avons trouvé le bâtiment et l’enquête continue à Boffa. Le préfet vient de m’appeler ce matin pour me dire que l’enquête continue. Le propriétaire du bâtiment est avec la gendarmerie pour mener les enquêtes. Et tous ceux qui seront mêlés à cette affaire seront arrêtés. Parce que personne n’est au dessus de la loi. Je suis venu rendre compte au président de la République et il était très content. Je lui ai promis que j’irais jusqu’au bout. Et je promets au peuple de Guinée d’aller jusqu’au bout, personne ne pourra entraver ça. Si les gens veulent, ils n’ont qu’à passer nuit et jour à chanter mon nom.
Est-ce que les enquêtes ont permis de connaître le propriétaire du bâtiment isolé ?
Le bâtiment appartiendrait à un certain Lansana Sylla d’après le préfet. En réalité, les gens ont fait une semaine dans ce bâtiment. C’est un nouveau bâtiment en construction, et c’est à côté d’une route, qui est fréquentée. Les gens ont fabriqué des portes qu’ils ont mis là -bas pour y habiter. Le préfet même s’est demandé comment on peut dire que le bâtiment n’est pas habité pendant que les gens préparaient même derrière là -bas. Il y avait même une voiture qui était garée derrière, qui servait de liaison entre Boffa et le coin. Mais personne n’a pu démanteler le réseau. Alors que ce n’est vraiment pas caché. Parce que ce n’est pas en brousse, c’est juste à côté de la route. Ils ne se sont pas intéressés.
Capitaine, puisque vous êtes sur une mission dont l’ampleur commence à gagner du terrain, est-ce que vous pouvez aujourd’hui nous dresser un bilan sommaire de vos missions sur le terrain ?
De façon générale, je crois que vous le savez mieux que personne. Parce que les impacts sont là , vous êtes des journalistes, vous connaissez mieux aujourd’hui cette mission que moi. Parce que s’agissant des contours, vous pouvez demander aux citoyens et ils peuvent vous confier des choses qu’ils nous ne donnent pas. Je pense que vous allez mener les enquêtes et le reste c’est à vous d’apprécier. A notre niveau, la mission continue, et puisque ça continue, on ne peut pas chiffrer pour le moment. Ce qui est sûr et certain, c’est qu’il faut que chacun sache que tous ceux qui sont mêlés dans cette affaire n’y échapperont pas, même s’ils vont jusqu’à Youkounkoun ou à N’Zô.
Aviez-vous réalisé que vous êtes chez Rabiatou lorsqu’on vous a présenté son fils ?
Non, ça ne m’a rien dit. Fils de Rabiatou, mais Rabiatou est une citoyenne guinéenne, son fils est un citoyen guinéen. Donc, il n’ y a pas de raison. Ça peut tomber sur le domicile du préfet ou du commandant de la gendarmerie, mais moi j’y entre tout de suite. La loi, elle est au-dessus de tout le monde.
Pratiquement, ça ne m’a rien dit, parce que je sais qu’on n’a rien fait à ce jeune qui m’a même demandé ma carte de visite et je la lui ai donnée. On a même fait des chahuts là -bas. Donc, si on dit…, mais Hadja Rabiatou n’est qu’un membre de syndicat. On n’a donc pas besoin de dire que c’est le fils de Rabiatou.
Par ailleurs, peut-on savoir si les hauts cadres policiers arrêtés sont toujours détenus ou mis en liberté provisoire ?
Ecoutez, je vous ai dit qu’un bilan final sera fait. Nous allons faire un travail de fond. Il faut aller jusqu’au bout pour que les gens comprennent ce qui se passe. On ne fera rien sans la presse. On ne peut pas s’en débarrasser. Mais, pour ce qui est du bilan, laissez-nous aller au fond des choses.
Propos recueillis par Amara Moro Camara
Source:L'indépendant |
  Rubrique: Interview  date: 05-Mar-2009 ŕ 11:56:55  Partager:   :  |
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