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Darfour: la CPI a Ă©mis un mandat d'arrĂȘt contre le prĂ©sident Omar el-BĂ©chir


[IMG1]La Cour pĂ©nale internationale (CPI) a Ă©mis mercredi son premier mandat d'arrĂȘt contre un chef d'Etat, le prĂ©sident soudanais , pour crimes de guerre et crimes contre l'humanitĂ© au Darfour, qui a Ă©tĂ© immĂ©diatement rejetĂ© par Khartoum.

La CPI n'a pas retenu l'accusation de génocide, demandée par le procureur . Elle estime qu'il y a "des motifs raisonnables de croire" que M. Béchir a commis des "meurtres, exterminations, tortures, transferts forcés, viols, attaques contre des civils et pillages au Darfour (ouest du Soudan).

En tant que "président de l'Etat du Soudan et commandant en chef des Forces armées soudanaises", il "avait le contrÎle total" de l'armée, de la police et des milices janjawid qui s'en prennent aux civils au Darfour, dans un conflit qui a fait 300000 morts et 2,7 millions de déplacés depuis 2003, selon l'ONU. Khartoum parle de 10.000 morts.

"Nous ne traiterons pas avec cette Cour", a immédiatement affirmé le ministre soudanais de la Justice Abdel Basit Sabdarat. "Elle n'est pas compétente (pour le Soudan). Il s'agit d'une décision politique".

M. Béchir participera au sommet arabe de Doha prévu fin mars, a annoncé son ministre aux Affaires étrangÚres, Ali Karti. La décision de la CPI "n'aura aucun effet sur le président Béchir qui continuera d'assumer normalement ses fonctions".

Une "demande d'arrestation et de transfert" de M. BĂ©chir devait ĂȘtre envoyĂ©e "immĂ©diatement" au Soudan, aux Etats parties de la CPI et aux membres du Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies, selon la greffiĂšre de la Cour Silvana Arbia.

La CPI ne dispose d'aucune force de police propre et dĂ©pend de la volontĂ© des Etats pour l'exĂ©cution des mandats d'arrĂȘt.

"Le gouvernement soudanais est obligĂ© par le droit international d'exĂ©cuter le mandat d'arrĂȘt sur son territoire", a insistĂ© le procureur. Sinon, "le Conseil de sĂ©curitĂ© de l'ONU devra faire en sorte qu'il obĂ©isse".

"Il n'y a pas d'immunitĂ© pour Omar el-BĂ©chir", a-t-il ajoutĂ© : "dĂšs qu'il voyagera dans l'espace aĂ©rien international, il pourra ĂȘtre arrĂȘtĂ©".[IMG2]

"Comme Slobodan Milosevic ou Charles Taylor, le destin d'Omar el-BĂ©chir est d'ĂȘtre jugĂ©. Cela sera dans deux mois ou deux ans, mais el-BĂ©chir devra affronter la justice", a affirmĂ© le procureur argentin.

Alors que des milliers de Soudanais manifestaient dans les rues de Khartoum leur soutien au PrĂ©sident, le mandat d'arrĂȘt a Ă©tĂ© accueilli par des cris de joie dans un camp de rĂ©fugiĂ©s darfouris au Tchad.

Le mandat d'arrĂȘt "menace la paix au Soudan", a affirmĂ© le prĂ©sident de l'Union africaine Jean Ping. Il crĂ©e "un dangereux prĂ©cĂ©dent", selon Moscou.

Plusieurs gouvernements occidentaux, dont la France, ont au contraire appelé le Soudan à obtempérer.

Le crime de gĂ©nocide ne figure pas dans le mandat d'arrĂȘt. "Les Ă©lĂ©ments prĂ©sentĂ©s par l'accusation (...) ne fournissaient pas de motifs raisonnables de croire que le gouvernement soudanais a agi dans l'intention spĂ©cifique de dĂ©truire, en tout ou partie, les groupes (ethniques) four, zaghawa et massalit", a expliquĂ© la porte-parole de la Cour, Laurence Blairon.

M. Moreno-Ocampo a indiqué qu'il souhaitait "étudier" la décision des juges avant de faire éventuellement appel sur ce point.

Le procureur de la CPI, seul tribunal permanent compĂ©tent pour juger des crimes de guerre, crimes contre l'humanitĂ© et gĂ©nocide, enquĂȘte depuis 2005 sur le Darfour en vertu d'une rĂ©solution du Conseil de sĂ©curitĂ© de l'ONU.

La CPI avait Ă©mis en mai 2007 des mandats d'arrĂȘt contre le ministre soudanais des Affaires humanitaires, Ahmed Haroun, et le chef de milice janjawid, Ali Kosheib, mais Omar el-BĂ©chir a toujours refusĂ© de les extrader.

Source:AFP

  Rubrique: News Afrique  date: 04-Mar-2009 à 23:37:12  Partager:   :

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