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Décrets du président Dadis: Qui est le nouveau directeur général de la Douane ?


Le capitaine Moussa Dadis Camara a fini par lever le suspense. Par un décret, il a procédé lundi 23 février à la nomination de Mamadi Touré au poste de directeur national de la Douane. Ce qui est la confirmation d’une décision que le chef de l’Etat a eu à prendre lors d’une visite au quartier général des soldats de notre économie. C’était en janvier, autour du mât, à l’occasion d’une assemblée générale des douaniers.

S’adressant à ces derniers, le chef de l’Etat a souhaité que celui qui est à même de succéder à la directrice nationale, Olga Siradin veille bien lever le doigt. Ce que fit l’inspecteur Mamadi Touré avec élégance, un courageux geste du reste salué par les applaudissements de ses collègues qui entendaient ainsi bénir ce coup de sort. C’était donc tant mieux si cela pouvait aider le capitaine Dadis à asseoir sa conviction quant à la quasi-unanimité de ce choix qu’il avalisera séance tenante sans la moindre hésitation.

En tout état de cause, au vu du parcours du nouveau patron de la douane, on peut dire que cette nomination tombe à point nommé, tant Mamadi Touré en réunit les atouts.

Au moment de sa consécration par le capitaine Dadis, Mamadi Touré était inspecteur principal des douanes et vérificateur chargé du contentieux à la Brigade Mobile de la Direction nationale des douanes. Né le 7 mars 1961 à Kankan, de feu Elhadj M’Bemba Touré et de Mariam Diaby, il est marié et père de six enfants dont quatre filles. Langues parlées : Français et Anglais (débutant).

Recruté dans l’armée guinéenne en 1990, M. Touré a été affecté un an plus tard à la direction nationale de la Douane où il fut accueilli par celle que le destin a voulu qu’il remplace aujourd’hui, Olga Siradin. Commence pour lui, une carrière qui s’ouvre par toute une série de stages de formation professionnelle. Aussi bien ici en Guinée qu’à l’étranger. Très tôt, il se fera remarquer par un expert français, Jean Michel Laguezer, alors conseiller du directeur national chargé de l’informatisation de la douane. Lequel a voulu en faire un génie informatique de la boite, en contribuant largement à l’affectation en 1992 de M. Touré à la division informatique de cette importante régie financière de l’Etat. Ce qui fait de M. Touré, un des pionniers de l’informatisation des grandes administrations de la douane guinéenne.

En 1993, le désormais patron de la première régie financière de l’Etat est au premier bureau de la douane (Port de Conakry), avant de décrocher en 1995 une bourse en informatique pour le diplôme analyste-programmeur, à la Rochelle en France. De 1996 à 1998, beaucoup de stages sont portés à son C.V, dont des formations effectuées dans beaucoup de pays sur l’informatique. La quête du savoir conduira également M. Touré au Maroc où il suivra des cours d’inspecteur de douanes.

En 2000, pas de répit pour le soldat qui pose ses valises à l’école des douanes de Neuilly en France, pour recevoir des cours de formateur en qualité d’instructeur. La même année et dans le même pays, il est formé comme cadre supérieur pour le grade d’inspecteur principal.

M. Touré a également représenté l’administration douanière guinéenne dans beaucoup de rencontres internationales en Afrique et en Europe. Quelques exemples : Des ateliers organisés par le FMI et la Banque mondiale.

En 2004, il est admis au test pour l’organisation mondiale des douanes (39ème programme de bourse en Belgique). Cette année, M. Touré est muté à la Division du contentieux et des enquêtes douanières comme chef de la section des enquêtes.

2005-2006, l’inspecteur principal Touré a représenté l’administration douanière guinéenne à l’organisation mondiale de la douane (OMD), pour des travaux de haut niveau, notamment dans le domaine de la lutte contre la fraude. C’est pendant cette période qu’il est affecté à la section des écritures comme chef de section au bureau du Port de Conakry.

En 2007, Mamadi Touré est retenu par l’OMD pour suivre une formation au Burkina sur le renforcement des capacités de la douane en matière de mobilisation de recettes. Ce voyage sera saboté par les autorités locales pour des raisons autres. Il a fallu attendre 2008 pour qu’il soit affecté au poste où la responsabilité de directeur général est venue agréablement le surprendre. Un dernier poste qui n’était qu’un strapontin au regard du background…de l’homme. Mais puisque l’homme ne fait que suivre son destin, notre homme n’avait aucun choix, sinon que de se contenter du peu en attendant d’être mieux loti. Une occasion que le président Dadis et la providence viennent de lui accorder pour qu’il fasse valoir ses talents.
Ceci dit, un constat saute cependant aux yeux : Malgré toutes ces formations, Mamadi Touré n’a pas dépassé le niveau de chef de section à la Douane. En dépit de ses nombreux parchemins en informatique douanière. Que ce soit dans le domaine du Sydonia que dans celui d’autres logiciels de programmation. Quoique lui-même ait pris ce sort avec beaucoup de philosophie, alors que certains pensaient qu’il payait cher de ses nombreux diplômes et de sa rigueur qui se passe de commentaires à la Brigade mobile.

Maintenant, M. Touré est conscient qu’il doit faire face à un gros challenge. A partir du moment où la douane est le premier pourvoyeur de l’Etat en recettes intérieures. Son parcours et son engagement ne suffiront pas pour relever le défi. C’est la raison pour laquelle, l’inspecteur Touré devra compter sur toute l’administration douanière dans un contexte où les ressources extérieures se feront rares.

Elhadj Koutoubou
Source: ''Nouvelle Elite'', partenaire d'Africaguinee.com



  Rubrique: Economie  date: 24-Feb-2009 ŕ 19:39:34  Partager:   :

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