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La société civile et les syndicats exigent une transition de 12 mois à la junte!
[IMG1]La société civile guinéenne et l'intercentrale syndicale ont demandé à la junte militaire dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara de rendre le pouvoir après une période de transition de douze mois.Selon un communiqué officiel qui vient de nous parvenir, la société civile et les syndicats guinéens ont exigé la levée officielle de la suspension des activités politiques et syndicales par la junte, ainsi que la poursuite des audits dans le respect des libertés individuelles.Nous vous livrons in extenso le contenu de ce communiqué...
DECLARATION DES FORCES SOCIALES GUINEENNES
La Guinée vit actuellement un tournant de son histoire. La prise du pouvoir par les militaires, suite au décès du Président Lansana Conté, a été accueillie favorablement par l’ensemble de la population, exaspérée par des années de mauvaise gouvernance l’ayant conduite à la misère.
Au lendemain de sa prise du pouvoir, le Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD) et son Président ont pris un certain nombre d’engagements allant dans le sens de la refondation de l’Etat et de l’instauration d’une démocratie véritable. Pour cela, une période de transition devait permettre d’engager les réformes nécessaires et de dynamiser le processus électoral démocratique à l’issue duquel serait restaurés l’ordre constitutionnel et des institutions républicaines crédibles.
Aujourd’hui, plusieurs interrogations se posent au vu des priorités qui semblent se dégager dans la conduite du pays par le CNDD. C’est pourquoi, le 31 janvier 2009, le mouvement social guinéen, à travers le Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne (CNOSCG) et l’Inter-centrale Syndicale CNTG-USTG élargie à l’ONSLG et l’UDTG, a réuni ses représentants venus de toutes les régions et préfectures de la Guinée lors d’une journée de concertation à Conakry, à l’issue de laquelle il s’est prononcé en exprimant ses préoccupations et attentes quant à la période de transition.
Considérant que :
• Le discours-programme du Chef de l’Etat, prononcé le 14 janvier 2009, ne semble pas s’inscrire dans une durée conforme au délai de transition de 12 mois.
• Aucune mesure n’a été prise à ce jour pour la mise en place d’un organe faisant office d’instance législative pour la durée de la transition.
• Les audits et enquêtes actuellement menés ne s’inscrivent pas dans un cadre légal garantissant le respect des droits et de la dignité des personnes.
• La population guinéenne est victime de multiples tracasseries de la part des forces de défense et de sécurité, notamment lors de ses déplacements à l’intérieur du pays.
• Le respect des engagements du CNDD concernant la période de transition en termes de durée, de priorités, d’organes et de programme approprié est une condition sine qua non à l’atteinte pour la Guinée du point d’achèvement de l’initiative PPTE visant l’annulation de la dette du pays et par là même l’amélioration des conditions de vie de ses populations. Dans le cas contraire, la Guinée risque fort de s’isoler du reste de la communauté internationale, et par conséquent de ne plus bénéficier des appuis indispensables à son développement.
Ainsi, le mouvement social guinéen, par la voix du Conseil National des Organisations de la Société Civile et de l’Inter-Centrale Syndicale CNTG-USTG élargie à l’UDTG et l’ONSLG, demande vivement :
1. Un engagement formel et sans ambiguïté du CNDD à ce que la période de transition n’excède pas 12 mois depuis la prise du pouvoir, avec la communication immédiate d’un chronogramme concret s’inscrivant dans ce délai, incluant échéances électorales et réformes institutionnelles.
2. La constitution d’un organe de transition regroupant des représentants de toutes les forces vives de la Nation et doté d’un réel pouvoir législatif durant la période transitoire.
3. Le renforcement du processus électoral par la consolidation des acquis de la CENI, la poursuite des opérations d’enrôlement et la mise à disposition immédiate de ressources suffisantes afin de garantir le déroulement des élections dans le respect des échéances de la transition.
4. La levée officielle de la suspension des activités politiques et syndicales, entrave aux libertés individuelles et collectives, afin de permettre à tous les guinéens de s’exprimer sur la transition démocratique en cours.
5. La relance de la Commission d’Enquête Indépendante sur les massacres survenus lors des événements de 2006 et 2007.
6. La poursuite des audits, à condition de les réaliser sans exclusion et dans le respect des droits et de la dignité des personnes.
7. La levée immédiate des barrages routiers qui entravent la libre circulation des personnes et des biens, cette pratique constituant actuellement une source d’enrichissement illicite des hommes en uniforme et de tracasserie excessive pour les populations.
8. La garantie de la sécurité des biens et des personnes par une lutte réelle et effective contre le banditisme et les attaques à main armée à Conakry et à l’intérieur du pays.
Par cette déclaration, le mouvement social guinéen en appelle à toutes les forces vives de la Nation, et notamment les partis politiques, afin de s’unir en vue de conduire le pays vers la construction d’une démocratie véritable.
Le mouvement social guinéen, par la voix du Conseil National des Organisations de la Société Civile et de l’Inter-centrale Syndicale CNTG-USTG élargie à l’UDTG et l’ONSLG, lance un appel pressant au CNDD et au Chef de l’Etat afin qu’ils saisissent cette occasion historique de mettre fin aux souffrances du peuple guinéen en accompagnant une transition démocratique apaisée et sans violence en République de Guinée.
Africaguinee.com
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  Rubrique: Politique  date: 03-Feb-2009 ŕ 13:43:28  Partager:   :  |
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