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Formation du gouvernement de KabinĂ© Komara:"Lâopposition nâa pas Ă©tĂ© consultĂ©e", dixit Jean-Marie Do
[IMG1]Grands absents du gouvernement de Kabiné Komara, les partis politiques guinéens n'ont pas dit leur dernier mot.Pour le leader l'Union pour le progrÚs de la Guinée(UPG),Jean-Marie Doré, le premier ministre Kabiné Komara n'a pas consulté les partis politiques pour former sa nouvelle équipe gouvernementale.Dans cet entretien, le leader de l'UPG revient aussi sur la supension de la Guinée par la CEDEAO et le rÎle des partis politiques durant cette transition...
Le DĂ©mocrate : Que pensez- vous de la suspension de la GuinĂ©e par la CEDEAO en rĂ©action au coup dâEtat ?
Jean Marie DorĂ© : Pour tout patriote GuinĂ©en, une sanction contre notre pays ne peut pas faire plaisir. Mais on analyse attentivement le texte de la CEDEAO, câest une sanction de pure forme. Compte- tenu du fait que, lors de sa mission Ă Conakry, dirigĂ©e par le PrĂ©sident Babangida assistĂ© de Monsieur Ibn Chambas et du ministre des Affaires EtrangĂšre du Nigeria ainsi que celui du Burkina Faso, les Ă©changes que les partis politiques ont eu avec cette dĂ©lĂ©gation, ont montrĂ© clairement quâil sâagit dâun cas particulier. Etant donnĂ© que le coup dâEtat est intervenu de maniĂšre opportune pour veiller Ă ce que la mort de ContĂ© ne permette pas de rééditer les difficultĂ©s quâon a eus prĂ©cĂ©demment .Donc dâun cĂŽtĂ©, le caractĂšre pĂ©dagogique de la sanction qui dit quâon va continuer Ă aider la GuinĂ©e. Pour que les moyens quâon va donner, permettent dâorganiser les Ă©lections pour sortir rapidement de la transition. Donc on se rĂ©jouit quand mĂȘme de ce caractĂšre pĂ©dagogique des mesures dâaccompagnement de la sanction. Par ce quâil ne faut pas que la transition dure longtemps. Parce que, si la transition dure longtemps, elle va gĂ©nĂ©rer dâautres comportements, et on ne souhaiterait pas que ça se ressente sur lâexemple de ContĂ©, qui Ă©tait venu dire quâils vont rĂ©gler les problĂšmes et qui est restĂ© 24 ans.
Pensez-vous que le CNDD peut faire lâaffaire des GuinĂ©ens. Câest-Ă -dire mener cette transition Ă bon port ?
Tout dĂ©pend du comportement des GuinĂ©ens et tout dĂ©pend du comportement des partis politiques. Pour ce qui concerne les partis politiques, je peux vous le dire catĂ©goriquement que nous nous comportons de maniĂšre efficace. C'est-Ă -dire, faire ce quâil faut pour que les militaires, ne serait-ce que le temps nĂ©cessaire, pour quâon fasse le toilettage de la constitution, quâon fasse les Ă©lections lĂ©gislatives et les Ă©lections prĂ©sidentielles et puis quâils puissent partir la tĂȘte haute dâavoir accompli un devoir patriotique. Par contre, on commence Ă se rendre compte du mouvement de certaines structures sociales qui ont pratiquement Ă©lu domicile dans le portillon et dans le salon dâattente du CNDD, qui racontent beaucoup dâhistoires qui donnent des conseils tous azimuts, qui ne sâorientent pas vers la stabilisation de la GuinĂ©e dans un Etat de droit, mais qui veulent prendre des fonctions dans les structures de la transition que eux voudraient pĂ©renne. Alors ce sont les dangers qui menacent le CNDD. Le CNDD en tant que tel, me parait sincĂšre dans ses promesses. Mais actuellement, il y a un effet brouillard dâinfluence qui sâaccumule au- dessus du CNDD, dans certaines organisations sociales. Et je crois que la presse et les partis politiques doivent avoir le langage de correction, afin que la GuinĂ©e rĂ©occupe la place de lâespoir que chacun souhaiterait voir occuper sur la scĂšne africaine et mondiale.
On a lâimpression que le Premier ministre a des problĂšmes pour la formation de son gouvernement. A propos lâopposition a-t-elle Ă©tĂ© consultĂ©e ?
Lâopposition nâa pas Ă©tĂ© consultĂ©e. Le Premier ministre, quand il nous a rencontrĂ©s dans la salle de confĂ©rence de la primature, il nous a expliquĂ© sa mission, il a commencĂ© par nous dire comment il a Ă©tĂ© nommĂ©, comment il a appris sa nomination et ce quâil entend faire, la vertu de la rigueur qui Ă©tait le maĂźtre mot de son exposĂ©. Puis il a choisi un certain nombre de partis dont le mien pour sâentretenir. Mais ce nâĂ©tait pas un entretien de fond ou un entretien qui Ă©tait basĂ© sur des questions prĂ©cises quâil devait poser aux partis politiques. Parce que, les partis politiques nâĂ©taient pas des partis prĂ©parĂ©s Ă un entretien de fond. Donc, jâespĂ©rais quâon nous consulterait sur la façon de former le gouvernement. Tel nâa pas Ă©tĂ© le cas, mais il nâa pas encore formĂ© le gouvernement, on ne peut pas conclure. Mais nous souhaiterions que ce soit un gouvernement dâefficacitĂ©, que ce soit un gouvernement qui contribue Ă gĂ©rer la pĂ©riode des Ă©lections câest tout ce que je peux dire.
Que pensez-vous de lâinterpellation dâofficiers militaires par la junte ?
Je ne sais pas, puisque je ne sais pas ce quâon leur reproche. Puisque je nâai pas Ă©tĂ© consultĂ© et on nâa pas fait de ââcommuniquĂ©ââ pour dire ce quâon leur reprochait, il mâest difficile dâavoir une opinion. Tout ce que je souhaite aux uns et aux autres, câest que chacun garde son calme. Parce quâil faut Ă©viter que lâunanimitĂ© qui accueille le CNDD pour lâessentiel demeure, pour rendre efficace la gestion de la transition. Et que rien ne soit fait pour compromettre cette chance qui est donnĂ©e Ă la GuinĂ©e de prendre un nouveau dĂ©part dans la sĂ©rĂ©nitĂ© et dans lâefficacitĂ©
Pensez- vous que cette suspension de la Guinée par la communauté de la CEDEAO affectera la situation politique actuelle ?
La CEDEAO dit quâelle suspend. Mais quâelle va continuer Ă travailler avec la GuinĂ©e, quâelle va donner des moyens Ă la GuinĂ©e pour organiser tout ce qui doit ĂȘtre fait pendant cette transition. Donc la balle est dans le camp des GuinĂ©ens. Il faudrait que les GuinĂ©ens soient sincĂšres, Ă commencer par le CNDD pour sâacheminer vers lâorganisation dâun bon recensement et vers le toilettage rapide mais sĂ©rieux, en profondeur, mais en collant aux rĂ©alitĂ©s. Parce quâil ne faut pas copier la constitution. On fait la constitution pour un peuple.
Il faut tenir compte du penchant moral de la GuinĂ©e, du penchant psychologique de la GuinĂ©e pour lui crĂ©er une constitution, afin quâelle se sente Ă lâaise dans cette constitution. Mais si vous prenez la constitution du Japon pour la coller Ă la GuinĂ©e, ça ne marchera pas, parce que les gens disent le SĂ©nĂ©gal ça marchĂ© ! Parce que les SĂ©nĂ©galais ont un comportement qui nâest pas le mĂȘme que les GuinĂ©ens. Les Maliens ont un comportement qui nâa rien Ă voir avec la GuinĂ©e, bien que nous soyons tous des Africains. Il y a lâAngleterre, la France, la Hollande qui sont tous des blancs, mais ils nâont pas la mĂȘme constitution, parce quâils nâont pas la mĂȘme culture sociale, la mĂȘme Ă©volution historique. Donc il faut Ă©tudier quel type de constitution pour que la GuinĂ©e soit efficacement gĂ©rĂ©e. Il ne faut pas faire une assemblĂ©e qui a des pouvoirs supĂ©rieur au pouvoir du PrĂ©sident, il ne faut pas non plus que le PrĂ©sident qui doit avoir la nĂ©cessaire prééminence sur lâassemblĂ©e ait des pouvoirs qui lui fasse faire tout ce quâil veut sans quâil nây ait la possibilitĂ© pour lâassemblĂ©e nationale de le freiner.
Propos recueillis par Ismael Diallo,
Source:Le Démocrate
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  Rubrique: Interview  date: 17-Jan-2009 à 12:58:04  Partager:   :  |
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