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Prise du pouvoir par la junte à Conakry:"Ce n'est pas un coup d'Etat classique",dixit le président A


[IMG1]La prise de pouvoir par une junte en Guinée le 23 décembre, quelques heures après l'annonce du décès du président Lansana Conté n'est pas un coup d'Etat "classique", a affirmé samedi le président sénégalais Abdoulaye Wade.

"Le coup d'Etat militaire classique, fléau bien connu en Afrique de l'Ouest, où des militaires interrompent le cours constitutionnel normal, renversent le président (...) n'est pas advenu en Guinée", a déclaré M. Wade dans un discours lu pour lui lors d'un sommet des chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), auquel il n'était pas présent.

Au cours de cette réunion extraordinaire à huis clos, les dirigeants de l'organisation régionale doivent se prononcer sur une suspension de la Guinée à ses activités, recommandée la veille par les chefs de la diplomatie de la Cédéao.

"Le président de la République décédé, aucune personnalité n'ayant assumé l'intérim, je voudrais savoir contre qui ce coup d'Etat a été opéré", a poursuivi M. Wade.

Ce discours de trois pages dont une copie a été transmise à l'AFP, intervient dans un contexte de divergences au sein de la Cédéao sur l'attitude à adopter face aux putschistes.

M. Wade leur a témoigné son soutien dès le 26 décembre, une prise de position jugée "malheureuse" par le chef de la diplomatie nigériane Ojo Maduekwe. Le président sénégalais, qui s'est rendu à Conakry mercredi, est le seul dirigeant de la Cédéao à avoir pris position en faveur de la junte.

"Nous pouvons choisir la voie facile des récriminations, suspensions et sanctions. Ou bien nous pouvons, tout en réaffirmant nos principes et notre opposition aux changements anti-constitutionnels, donner mandat au président de la Commission (de la Cédéao) d'aider la Guinée à réussir sa transition", a déclaré M. Wade.

Le président sénégalais a indiqué que son absence au sommmet était due à "des contraintes majeures au plan national".

Il a jugé "erroné" d'affirmer que sa position était un "un soutien à un coup d'état militaire", et a lancé une volée de bois vert à M. Maduekwe, qu'il a accusé d'avoir fait des "commentaires irrespectueux et irrévérencieux".

"Je compte sur mon homologue, le président nigérian, pour rappeler à son ministre certaines règles élementaires entre pays frères".

Le chef de la diplomatie nigériane avait affirmé à la presse que "si un membre de l'UA (...) se démarque des autres membres pour maintenant fraterniser avec la junte, je suis sûr que la sagesse collective des dirigeants de l'UA trouvera un moyen de sanctionner ce gouvernement" qui serait alors "coupable de complicité".

Source:AFP

  Rubrique: Politique  date: 11-Jan-2009 ŕ 13:13:14  Partager:   :

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