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Comment sortir la Guinée du chaos?


[IMG1] Dans son rapport Afrique N°TK du 14 février 2007,l'ONG INTERNATIONAL CRISIS GROUP spécialisée dans la prévention des conflits dans le monde, a proposé une série de récommandations pour sortir la Guinée du chaos.En exclusivité sur Africaguinee.com,voici un extrait r de ce document inédit:

RECOMMANDATIONS


Aux responsables syndicaux, aux autres organisations de la société civile, aux partis politiques :


1. Soutenir un schéma de sortie de crise négociée et non violente, et appeler notamment à l'arrêt des pillages de biens publics et privés, des destructions et des règlements de comptes individuels qui ont accompagné les manifestations de colère des populations depuis le 9 février 2007.

2. Demander aux autorités religieuses (le Conseil Chrétien de Guinée et le Grand Imam de la Mosquée Fayçal) de renouer le dialogue avec le pouvoir et de servir de médiateurs entre le Président Conté, la hiérarchie militaire et les centrales syndicales, pour négocier une sortie de crise sur la base des cinq points suivants : .

(a) La suspension immédiate de l’état de siège, de la loi martiale et du couvre-feu, l'arrêt de toutes les violences commises par les forces de sécurité et le retrait immédiat des éléments de la garde présidentielle des artères de Conakry;

(b) Le limogeage immédiat d'Eugène Camara et la nomination d'un nouveau Premier ministre choisi sur une liste de noms à faire approuver par les centrales syndicales;

(c) Des garanties constitutionnelles aux pouvoirs du Premier ministre;

(d) L'acceptation de la tenue, dans les plus brefs délais, d'un dialogue national pour décider de l'avenir de la nation;

(e) L'annonce publique de ces engagements par un message à la nation du président.

3. Négocier avec le régime un amendement constitutionnel pour:
(a) garantir les pouvoirs et les attributions du Premier ministre, chef de gouvernement; et

(b) faire de lui le dauphin constitutionnel du président en cas de vacance du pouvoir, en précisant qu'il sera inéligible dans ce cas à toute élection organisée pendant sa présidence intérimaire.

4. Appeler à la convocation dans les plus brefs délais d'un dialogue national pour définir les priorités économiques et politiques du nouveau gouvernement. Ce dialogue pourra notamment se prononcer sur:

(a) Les mesures économiques immédiates à prendre pour garantir une trêve sociale;
(
b) Le report des élections législatives de quelques mois pour permettre une meilleure organisation avec le soutien actif de l'Union européenne (UE) et des Nations Unies; puis le lancement d'une procédure de révision constitutionnelle approfondie par la future Assemblée nationale suivie de l'organisation d'élections présidentielles anticipées;

(c) La création d'un Groupe de Travail sur la réforme du secteur de la sécurité (armée, police, gendarmerie) composé de civils et de militaires, chargé notamment de redéfinir le rôle des forces de sécurité en Guinée, et de mettre en place des mécanismes efficaces de contrôle civil sur les forces de sécurité.

5. Exiger que le mandat de la commission d'enquête sur les crimes et les exactions commis par les forces de sécurité au cours des manifestations du mois de janvier prévue par l’accord du 27 janvier comprenne également les tueries du mois de février et que ses conclusions soient publiées avant fin mars.

Au Président Lansana Conté

6. Accepter l'engagement politique en cinq points décrit plus haut et, notamment, nommer rapidement un nouveau Premier ministre acceptable par toutes les parties.

À la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), à l'Union africaine et au Secrétaire Général des Nations Unies:

7. Condamner publiquement les nouvelles tueries commises par les forces de sécurité du régime et interpeller nommément le Président Lansana Conté, le chef d'état-major des armées, le général Kerfalla Camara, son adjoint, le général Arafan Camara, le chef d'état-major de la gendarmerie, le général Jacques Touré, le directeur général de la police nationale, Mohamed Sékouba Bangoura, et le fils du président, le capitaine Ousmane Conté, sur leur responsabilité individuelle pour les crimes commis par les forces placées sous leur autorité.

8. Inviter le Président du Ghana, John Agyekum Kufuor, président en exercice de l'Union africaine (UA), membre de la CEDEAO, à s'impliquer personnellement dans une médiation auprès du Président Lansana Conté pour le convaincre de respecter l'esprit et la lettre de l'accord du 27 janvier 2007 et de souscrire aux nouveaux engagements prescrits ci-dessus.

9. Créer un Groupe International de Contact sur la Guinée composé de représentants de l'Union africaine, de la CEDEAO et du Secrétariat Général des Nations Unies qui sera chargé:
(a) du suivi de la mise en œuvre de l’accord du 27 janvier et des accords politiques ultérieurs, et de l'information du Conseil de paix et de sécurité de l’UA et du Conseil de sécurité des Nations Unies sur l'évolution de la situation dans le pays; et
(b) de la coordination de l’appui international à un éventuel groupe de travail guinéen sur la réforme du secteur de la sécurité.

10. Offrir et insister sur la participation d'experts internationaux mandatés par la CEDEAO et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l'Homme, aux travaux de la commission d'enquête sur les violences commises depuis le début de la grève générale le 10 janvier 2007.

Au Président du Conseil de Sécurité des Nations Unies:

11. Inscrire en urgence l'examen de la situation en Guinée à l'ordre du jour du Conseil, en vue de produire une déclaration soutenant la médiation du Président Kufuor.

À l'Union européenne (UE) et aux bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux:

12. Prendre l'initiative d'organiser une table ronde des donateurs, réunissant autour d'un nouveau gouvernement guinéen, tous les partenaires extérieurs intéressés, notamment la France, le Royaume Uni, l’Allemagne, les États-Unis, le Japon, la Banque Africaine de Développement, la Banque mondiale, le Fonds Monétaire International, le Programme des Nations Unies pour le Développement, afin de définir les modalités d'une assistance financière et technique d'urgence dans les domaines de la gouvernance économique et de la réforme des institutions.

Ă€ la France et aux Etats-Unis:
13. Utiliser les canaux privilégiés de communication qu'ils entretiennent avec les forces de sécurité guinéennes grâce à leurs coopérations militaires respectives pour faire passer aux officiers guinéens un message ferme réaffirmant :

(a) le rejet de tout coup de force au prétexte d’instaurer une transition politique monopolisée par l'armée;

(b) la responsabilité individuelle pour les violences commises sur les civils depuis le début de la grève générale en janvier; et

(c) la nécessité d’adhérer à un programme de réforme du secteur de la sécurité avec une assistance extérieure.


Fait à Dakar/Bruxelles, le 14 février 2007,INTERNATIONAL CRISIS GROUP
Africaguinee.com



  Rubrique: Politique  date: 14-Feb-2007 ŕ 17:56:35  Partager:   :

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