[IMG1] Après la reprise de la grève générale, le Président a décrété hier l'état de siège.En réaction à cette décision du chef de l'Etat guinéen,les syndicats et l'opposition envisagent de créer des comités de salut public face aux exactions des militaires sur les populations civiles. Lundi soir, des convois de bérets rouges, la garde présidentielle, quadrillaient Conakry et tiraient en l'air pour tenter de disperser des bandes de jeunes qui continuaient de terroriser la population en s'attaquant aux villas des dignitaires du régime mais aussi à des magasins.
«Nous ne pouvons plus rien arrêter parce que nous avons maintenant affaire à des bandits» , s'est écrié hier Bâ Mamadou, le porte-parole de l'opposition guinéenne qui regroupe 14 partis politiques. «Nous appelons à la création de comités de salut public pour tenter de restaurer une espèce de contrôle.» a ajouté le doyen Bâ.Quand aux syndicats ,ils apparaissent totalement débordés par la colère de la rue, et l'incertitude la plus complète régnait hier soir à Conakry, la capitale guinéenne.
A conakry, la terreur instaurée par les militaires se lit sur tous les visages.«Nous sommes cachés dans notre maison, tout le monde a peur de recevoir une balle perdue», chuchote au téléphone, Aminata Camara qui habite Dixinn, à quelques kilomètres du centre-ville. «Cela n'a plus rien à voir avec la grève. Chacun règle ses comptes et fait ce qu'il veut.»
«On a faim, on a faim, on veut le changement, il faut qu'il quitte !» hurlaient à propos du vieux président les jeunes qui avaient pris d'assaut l'autoroute, à Matoto, un autre quartier de Conakry.Seul le centre névralgique de la ville était épargné par les tirs et les mouvements de foule, coupé du reste de la capitale au niveau du pont du 8-Novembre par une soixantaine de bérets rouges lourdement armés.
Face à la situation tendue en Guinée, l'Union Africaine a appelé le président Lansana Conté à nommer un «Premier ministre de consensus», pour mettre fin aux violences qui secouent ce pays. Pour le président de la Commission de l’UA, Alpha Oumar Konaré, «un Premier ministre de consensus n’est pas en principe hostile au président, mais c’est un Premier ministre qui doit être accepté par les forces politiques et sociales en présence». Konaré, qui a fait ces déclarations à des journalistes à Addis-Abeba, a ainsi condamné implicitement la récente nomination du nouveau chef du gouvernement, rejetée par les syndicats et partis guinéens.
En attendant le bras de fer continue entre les syndicats et le président Conté….
Mamadou Kaba Souaré
Directeur de Publication
d'Africaguinee.com
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  Rubrique: Politique  date: 13-Feb-2007 ŕ 13:18:11  Partager:   :  |