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Crise en Guinée:"la meilleure voie de sortie de cette crise, c’est la tenue immédiate des législativ


[IMG1]Le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo, a proposé, mardi à Paris, un plan de sortie de la crise socio-politique chronique en Guinée qui prévoit, entre autre, la tenue "immédiate" d'élections législatives dans le pays.

"Il y a une crise économique à laquelle s’ajoute une crise politique. La Guinée va très mal, il faut vite essayer d’en sortir. A mes yeux, la meilleure voie de sortie de cette crise, c’est la tenue immédiate des législatives", a dit l’ancien Premier ministre guinéen, lors d’un entretien accordé à la PANA, en marge de sa participation au Congrès du Parti radical de Gauche (PRG, France).

Depuis plusieurs années la Guinée traverse une profonde crise socio- politique marquée par la santé chancelante du président Lansana Conté et l’impossibilité de tenir les élections législatives.

"Nous sommes confrontés à la contestation de la légitimité des institutions existantes. Aujourd’hui, en Guinée, les mesures importantes sont prises sous la pression de la rue. Les dirigeants n’ont pas le temps de s’asseoir pour définir des stratégies de gestion des affaires publiques", a regretté le président de l’UFDG.

Le nombre de personnes vivant en dessous du seuil de la pauvreté est passé de 40% en 1995 à 53% en 2008, a-t-il fait remarquer, en estimant que cette situation appelle des mesures douloureuses.

"La situation économique dans le pays est tellement sévère qu’il va falloir prendre des mesures difficiles pour y remédier. Pour cela, nous avons besoin d’une nouvelle Assemblée nationale disposant de la légitimité qu’il faut pour soutenir le gouvernement", a argumenté celui qui fut PM de Guinée de 2004 à 2006.

Après des négociations difficiles, le pouvoir et l’opposition se sont récemment mis d’accord sur la création d’une Commission électorale nationale indépendante (CENI) et la co-organisation du scrutin législatif entre elle et le ministère de l’Intérieur.

"A l’UFDG, nous considérons que les conditions d’un scrutin acceptable sont aujourd’hui réunies. La CENI existe désormais et les forces politiques sont d’accord pour qu’elle co-organise les élections législatives avec l’administration", a souligné le président de l’UFDG.

Evoquant l’évolution des rapports entre les Guinéens et l’administration, il a déclaré être persuadé que les citoyens défendront, s’il le faut, leurs suffrages.

"Depuis janvier/février 2007, la Guinée a changé. Les citoyens n’ont plus peur des préfets et des gouverneurs. Ils sont non seulement prêts à aller aux urnes mais surtout à défendre leurs suffrages", a assuré M. Diallo.

Pour lui, il faut chercher ailleurs les obstructions à l’organisation des élections législatives en Guinée.

"L’actuel président de l’Assemblée nationale, Aboubacar Samparé, ne veut pas d’élections législatives. Il invoque l’insécurité qui menacerait le pays. Le diktat de la communauté internationale pour retarder la tenue du scrutin", s’est emporté l’ancien PM.

Le président de l’Assemblée nationale assure, selon la Constitution guinéenne, l’intérim du président de la République en cas de vacance de pouvoir ou d’incapacité. Il organise, dans un délai de 45 jours, une élection présidentielle à laquelle il ne peut pas se présenter.

"C’est cette position de dauphin constitutionnel qu’il ne veut pas lâcher, sachant que le président Conté est malade. Cette fonction lui est dévolue en raison de la légitimité supposée que lui confère sa qualité de représentant du peuple. Il ne peut plus s’en prévaloir dès lors que le mandat des députés guinéens s’est terminé en juin dernier", a encore dit le président de l’UFDG.

Un imbroglio juridique pourrait ainsi s’ajouter à la crise socio- économique en cas de disparition subite du président Lansana Conté dont la santé alimente régulièrement les spéculations.

"Il faut prévenir une telle crise en allant rapidement aux élections", a insisté M. Diallo, qui s’est, par ailleurs, exprimé sur la participation de son parti au gouvernement "d’ouverture" dirigé depuis mai dernier par le Premier ministre Ahmed Tidiane Souaré.

"L’UFDG a posé trois conditions, dont la poursuite des relations avec les institutions de Bretton Woods et la protection des plus faibles contre la crise financière internationale pour participer au gouvernement. Jusqu’ici, nous considérons que la déclaration de politique générale est correctement suivie", a-t-il dit, tout en refusant de donner un blanc-seing au gouvernement.

"Si demain, l’UFDG constate des dérapages, s’il y a des actions ou des politiques qui ne sont pas menées comme convenu, nous en tirerons les conséquences", a conclu l’ancien Premier ministre guinéen.

Source:PANAPRESS

  Rubrique: Politique  date: 16-Dec-2008 ŕ 20:51:30  Partager:   :

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