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Une réfugiée sierra-léonaise espère retrouver sa fille qui est bloquée en Guinée


[IMG1]L'histoire de Sallay Jabbi se serait écrite façon conte de Noël si au dernier moment le sol ne s'était pas dérobé sous ses pieds. La chronique d'un drame familial allait enfin connaître un heureux dénouement. C'était sans compter un nouvel avatar et des lois de plus en plus restrictives en matière d'immigration.

Sallay Jabbi, Agenaise de 37 ans d'origine sierra-léonaise, a retrouvé presque par hasard sa fille aînée disparue dans les tourbillons de la guerre civile. Aujourd'hui, réfugiée en Guinée-Conaky, Dora, 14 ans, tente d'obtenir un visa court séjour pour retrouver le seul parent qu'il lui reste. « J'ai très peur pour elle, je ne sais plus quoi faire », pleure Sallay Jabbi qui a toujours en tête les premières paroles prononcées par sa fille lors de retrouvailles téléphoniques l'été dernier : « Tu m'as laissé tomber maman. »

« Je la croyais morte ! », sanglote Sallay Jabbi qui n'a pas vu sa fille aînée depuis dix ans, depuis ce jour de 1998 où les rebelles du RFU ont attaqué son village et brûlé vif son père. « J'ai reçu des coups de machette à la tête et au bras avant d'être transportée dans un camp de prisonniers. J'ai repris connaissance là-bas. Ma fille avait disparu », raconte Sallay Jabbi. Peu après, elle s'enfuira puis gagnera la Gambie avant de rejoindre en France son futur mari, un autre Sierra-Léonais en exil.

Elle la croyait morte

Réfugiée politique, elle obtiendra la nationalité française, refera sa vie et donnera à son époux trois enfants sans jamais lui parler de Dora dont le père fut tué dans un accident alors qu'elle était encore enceinte. « J'avais peur qu'il ne comprenne pas », avoue la jeune femme.

Son secret sera dévoilé l'été dernier quand le couple se rend aux États-Unis pour rendre visite à des amis sierra-léonais réfugiés à Philadelphie. « J'ai rencontré une voisine de mon village natal qui m'a révélé que ma fille était bien vivante et avait été recueillie par une famille en Sierra Leone. » Depuis, avec l'aide de son mari, Sallay Jabbi s'emploie à faire venir sa fille à Agen. Cette dernière aurait quitté la Sierra-Leone, fin novembre, pour rejoindre la Guinée et le consulat de France où Dora se serait présentée pour retirer un dossier de visa.

Il ne manquait à l'adolescente qu'un billet aller-retour pour boucler son dossier. Sallay Jabbi a pris le risque d'acheter des billets d'avion sans garantie de remboursement. Depuis, le consulat traînerait les pieds et ne répondrait plus au téléphone. Il y a quelques jours, Dora a finalement pu obtenir un rendez-vous le 8 janvier. Or, son billet d'avion est en date du 23 décembre, la veille de Noël... Désespérée, Sallay Jabbi dont les revenus sont modestes, a aussitôt appelé un avocat afin de l'aider.

Me Bruneau s'apprête à joindre le quai d'Orsay afin de faire respecter les droits de Sally Jabbi et de sa fille : « L'intérêt de l'enfant doit primer. C'est inscrit dans toutes les conventions internationales. L'État ne peut pas s'opposer à ces retrouvailles sauf à considérer que le lien de filiation est faux. Or, le dossier est complet et semble parfaitement en règle », affirme l'avocat. Dans son petit appartement, Sallay Jabbi attend son cadeau de Noël : sa petite fille qu'elle assure ne pas avoir vue depuis dix ans.

Source:sudouest.com

  Rubrique: Faits divers  date: 15-Dec-2008 à 14:04:56  Partager:   :

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