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Violences ce weekend en Guinée:le film des évènements avec notre reporter sur place...
[IMG1] Le régime très contesté de Lansana Conté continue de faire des victimes parmi les populations civiles.D'abord dans les quartiers reputés intouchables de Conakry (Hamdallaye, Bambeto, Taouyah, Cosa, Matoto, Gbessia, Koloma, Matam...). Puis, comme une chaîne, ce sont les villes de l'intérieur qui saisiront la balle au bond pour exprimer leur ras-le-bol à un régime qui refuse encore de plier. Malgré les vives contestations grandissantes.
A Labé, capitale du foutah, les manifestants, en colère, après avoir détruit certains symboles du pouvoir, scandaient ''wallè men, Conté féti'' (traduisez, "aidez-nous, Conté a perdu la tête").Que dire des villes comme Pita, Dalaba, Macenta, Dabola, Mamou, Mali, Guékédou, Kissidougou, Dinguiraye, Faranah où des manifestants font encore la loi. A Kouroussa, la foule, avons-nous appris, s'en est prit au domicile du général Sory Doumbouya, un proche parmi les proches de Conté. A Siguiri, la manif a touché les biens de Madikaba Camara, ministre de l'Economie et des finances.
A N'zérékoré, ville où est originaire le Premier ministre rejetté, c'est une frange importante de la population qui est descendue dans la rue pour raser tout sur son passage.
Trois civils tués et un militaire brûlé vif à Kankan, la capitale du Batè. En Basse-Guinée, Boké, Coyah, n'étaient pas en reste.Mais la ville guinéenne qui a le plus compté de morts pour la seule journée du samedi 10 février, c'est bien celle de Kindia avec plus de 10 tués. Et jusqu'au moment où nous écrivions ces lignes, la capitale des agrumes ne décolère pas.
A Conakry, la capitale, le scénario reste indescriptible. Véritable insurrection générale. En ce dimanche ensoleillé, les populations jurent de faire partir le régime de Conté, accusé de tous les noms d'oiseaux. Les quartiers "affûtent'' leurs armes et montrent leurs muscles contre le pouvoir de Conakry. Ce qui frappe également dans les rues de Conakry ce dimanche, c'est la quasi-absence des forces de l'ordre aux différents carrefours. Partout des barricades et cendres de pneus brûlés.
"Nous nous battrons jusqu'au dernier goutte de sang pour
mettre hors d'état de nuire Conté et ses voleurs. Après plus de quatre décennies d'indépendance, nous n'accepterons plus la cohabitation des prédateurs et médiocres qui ont pillé et vendu ce pays, laissant le peuple dans la misère. Plus qu'hier, nous lèverons notre épée contre tous les ennemis de la République", nous confie un jeune de la commune de Matam, apparemment décidé à en découdre avec les forces de l'ordre.
Autre fait frappant, c'est l'interruption des émissions de RFI en FM à Conakry depuis samedi. S'agissant des morts et des blessés, difficile de dire le chiffre exact. Une confusion totale règne à Conakry et à l'intérieur du pays. Les syndicats, empêchés de se réunir samedi à la Bourse du travail ont, tout de même, réussi à rassurer les travailleurs quant à la reprise du mouvement de grève ce 12 février sur toute l'étendue du territoire national.
Le Conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSCG) a, également, appelé les populations à une mobilisation générale jusqu'à la victoire finale. Tout en les invitant " à s'opposer partout avec résolution et courage aux actes de vandalisme et à s'abstenir de détruire les biens privés et les édifices publics, afin de préserver l'union sacrée du peuple dans sa lutte pour le changement apaisé." Jusqu'à quand tiendra encore le régime de Conté? Bien malin qui y répondra.
Dépêche de Mamadi Fofana
Depuis Conakry
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Politique  date: 11-Feb-2007 ŕ 22:25:25  Partager:   :  |
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