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Cellou Dalein Diallo, leader de l'UFDG:"On dit que mes relations avec le Président de la République
[IMG1]Objet de polémiques au sein de la classe politique guinéenne, le leader de l'union des forces démocratiques de Guinée(UFDG),Cellou Dalein Diallo tient à se démarquer du régime Conté.L'ancien premier ministre mise sur la bonne gouvernance et l'unité de tous les Guinéens pour sortir de la Guinée des abysses de la pauvreté.Dans cette interview, il aborde ses relations avec le gouvernement d'Ahmed Tidiane Souaré, ses ambitions pour la Guinée et les objectifs de son parti à la veille des prochaines élections législatives....
Le Lynx : Après un an à la tête de l’UFDG, quel bilan pouvez-vous déjà faire ?
Cellou Dalein Diallo : Dès après mon investiture, j’ai commencé par évaluer le niveau d’implantation du parti. Je me suis rendu compte que le parti avait d’éminents dirigeants : Bâ Mamadou, Bah Oury, Saliou Bella et d’autres.
Malheureusement, le parti n’était pas implanté. Comme nous sommes à la veille des élections législatives, nous avons estimé que le plus important était d’être présent à la base, là où seront les bureaux de vote. Nous nous sommes fixé comme objectif de procéder à l’implantation du parti sur l’ensemble du territoire national. Nous avons aussi mis en place une commission d’implantation qui a travaillé sous ma présidence et celle des membres du conseil politique. Après un an, nous sommes fiers des résultats puisque nous avons pu comme je l’ai dit, implanter le parti dans plus de 270 CRD, dans la plupart des districts et 33 préfectures de l’intérieur du pays.
Pour le cas spécifique de Conakry, nous avons commencé par les comités de base qui sont implantés dans tous les secteurs et quartiers. Nous avons un bilan particulièrement élogieux. Plus de 440 comités de base implantés dans l’agglomération de Conakry. C’est une performance qui pour moi, constitue une source de fierté. Nous avons pu faire tout cela, grâce à l’engouement et à la confiance que les Guinéens portent à l’UFDG et à son Président. Parce qu’ils sont venus de toutes les régions, de toutes les sensibilités, de toutes les catégories socioprofessionnelles
Vous avez été Premier ministre du Général Lansana Conté et un de ses proches collaborateurs durant de longues années. Est-ce que les opposants vous considèrent réellement comme un des leurs ?
Il faut avouer que beaucoup de partis politiques estiment que je ne suis pas un opposant classique. Certains m’attribuent des relations particulières avec le Premier ministre au point de considérer, souvent à tort, que le Gouvernement Souaré, c’est le Gouvernement Cellou Dalein Diallo. Il y a un certain nombre de leaders qui estiment que je ne suis pas un opposant. Mais je les comprends, il y a des partis qui sont frustrés puisque j’ai puisé dans leur fief. Il y a beaucoup de militants et de hauts responsables d’autres partis qui migrent à l’UFDG. C’est le cas des militants du PUP, de l’UPR, de l’UFR et du RPG.
Lorsque vous dites « je ne critiquerai jamais le président Lansana Conté, il est proche de moi, nous avons des liens privilégiés ». Est-ce que vous ne donnez pas raison à ces opposants ?
Les gens peuvent en faire le jugement qu’ils veulent, mais moi je dis que j’ai du respect pour la personne du Président Lansana Conté, compte tenu de la relation qu’on a eue pendant une dizaine d’années. Il est un aîné, mais cela dit je ne suis pas d’accord avec la manière dont le pays est géré. C’est pourquoi, je suis venu dans l’opposition et je cherche à conquérir le pouvoir, à apporter le changement conformément à ma propre vision qui n’est pas toujours celle du Président Conté.
Et qu’est-ce qui n’a pas marché dans la gestion des gouvernements successif auxquels vous avez appartenu ?
La faiblesse de la Gouvernance est à l’origine de la crise que nous vivons aujourd’hui. Il y a des problèmes majeurs qui ont été souvent dénoncés par le Président de la République. Dans ses discours, il a dénoncé la corruption, l’impunité, le laisser-aller, la mauvaise gouvernance qui était le fait de certains responsables de l’administration. On doit déplorer le manque de contrôle et de sanctions, l’absence de rigueur dans le respect des règles et procédures de gestion de la chose publique. Souvent, les dérogations ont constitué la règle et le respect des règles et procédures, l’exception. C’est ce qui constitue le problème majeur de ce pays.
Vous serez candidat à la présidentielle 2010. Si vous êtes Président, quelles seront vos priorités ?
La première mission d’un Gouvernement qui veut changer la Guinée, c’est d’instaurer l’Etat de droit, améliorer la Gouvernance. Il y a des secteurs sur lesquels il faut concentrer des efforts spécifiques, c’est important de créer en Guinée un système éducatif performant. Il faut des infrastructures : électricité, eau, les infrastructures de transport.La Guinée peut être un pays exportateur d’énergie électrique. Les moyens, les potentiels existent. Les financements peuvent être mobilisés, si nous réussissons à mettre en place un Etat crédible avec une administration compétente capable de saisir toutes les opportunités de développement qui s’offrent à la Guinée. Nous devons également mettre sur pied un réseau routier de base bitumé, qui désenclave l’ensemble des préfectures du pays. Ce schéma avait déjà été défini, il existe.
Il suffit simplement de mobiliser les ressources, d’ouvrir les chantiers et de réaliser les investissements. Je pense qu’il y a des ressources au niveau de l’aide publique au développement, qui pourraient être facilement mobilisées dès lors que la capacité d’absorption du pays s’est fortement améliorée et que la crédibilité de l’Etat se serait améliorée.
Il faut aussi penser à l’hydraulique urbaine et villageoise. S’il y a un programme d’investissement qui est mis en œuvre, on pourrait donner l’eau potable à l’ensemble de la population, grâce à des programmes d’investissement dans le secteur de l’hydraulique villageoise qui fait partie des secteurs prioritaires d’intervention des bailleurs de fonds. Mon ambition pour la Guinée, c’est de créer une société unie et prospère, parce que les conditions de la prospérité sont réunies. Nous avons un potentiel fabuleux. Nous avons une population intelligente et dynamique.
Ce qui nous manque, c’est une bonne gestion, la définition d’une bonne politique, la rigueur dans la gestion de ce pays. Avec un peu d’efforts, on peut très rapidement faire de la Guinée un pays émergeant, avec un taux de croissance proche des deux chiffres. Aujourd’hui, vous avez des bailleurs de fonds qui sont disposés à appuyer des gouvernements crédibles, efficaces. Mais, il y a ce que les bailleurs de fonds ne peuvent pas faire, c’est l’utilisation des ressources mis à la disposition des pays.
En termes de capacité d’absorption, les performances de la Guinée ont beaucoup baissé. Entre la décennie 90, lorsqu’on tirait près de 300 millions de dollars par an au titre du Finex et aujourd’hui, on est à moins de 100 millions de dollars par an. Il faut le respect des engagements pris, qui peuvent être considérés comme des conditionnalités d’utilisation des crédits octroyés au pays.
Mais, il faut aussi diligenter l’exécution des projets. Le rôle de l’administration est très important, parce que c’est les fonctionnaires de l’Etat qui sont chargés de la mise en œuvre des projets et programmes de développement.
Lorsqu’il n’y a pas de rigueur, pas de sanctions, chacun travaille un peu à son rythme, en fonction de ses petits intérêts personnels. Naturellement la collectivité nationale paie un coût élevé.Aujourd’hui, vous avez des projets initiés depuis longtemps, mais impossible de les achever. Parce qu’au niveau de l’administration des ministères techniques, il n’y a pas la rigueur, il n’y a pas la sanction. On ne fait aucun effort pour respecter les règles et les procédures définies.
Aujourd’hui, l’administration guinéenne n’est pas performante, on déplore la corruption à tous les niveaux. Les bailleurs de fonds se plaignent de la faible utilisation des ressources allouées à la Guinée. Le 9ème FED, à un moment donné, puisqu’on n’a pas pu utiliser les 200 millions d’Euros à la revue à mi-parcours, nous avons éliminé 5 millions d’Euros. Parce qu’ils ont dit que la Guinée ne peut pas les absorber. Et dans la définition de l’enveloppe du 10ème FED, on tient compte des performances antérieures.Si la capacité d’absorption du pays est faible, même si nous voulons donner plus de ressources à la Guinée, elle ne pourra pas en 5 ans absorber les 200 millions. Il faut changer cela. Cela aussi est dû au laxisme, l’impunité, la corruption et l’incompétence des agents.
Vous êtes un des favoris de la prochaine présidentielle. Vous connaissez bien l’arrière pays et vous avez une amitié solide avec le chef de l’Etat. Qu’est-ce qui pourrait vous barrer la route ?
Il faut d’abord s’assurer qu’on aura des élections libres et transparentes. Il ne faut pas non plus perdre de vue que l’électorat guinéen est très volatile. Si je suis adulé aujourd’hui, cela est dû à un engouement fort. Il y a un effort à faire pour maintenir cet engouement. Ce n’est pas facile. Nous devons concentrer nos efforts sur le maintien de cet engouement jusqu’au jour des élections. Cela demande beaucoup de moyens, beaucoup d’énergie. Il y aura la concurrence des autres partis, il faut donc se préparer. Nous avons pu bénéficier de quelques avantages spécifiques.
Au moment où nous nous sommes lancés en politique, il y avait une volonté de changement réelle, des partis en difficultés y compris le PUP, l’UPR qui avait un problème de leadership. Il y a eu beaucoup de problèmes, mais nous ne devons pas considérer que tout est acquis. Nous devons nous battre pour obtenir des élections libres et transparentes, pour maintenir cet engouement dans les rangs de l’UFDG, afin que nos adversaires ne puissent pas démobiliser nos militants…
N’avez-vous pas peur du PUP ?
C’est sûr qu’il y a une frustration très forte aussi bien dans le PUP que dans l’UPR. Mais, il faut que les gens soient démocrates, qu’on accepte le combat d’idées au lieu des combats de personnes.
Moi, Je suis prêt à discuter avec tout le monde : l’UPR, le PUP. Il y a beaucoup de citoyens qui nous font confiance. Je n’ai pas de haine particulière vis-à -vis des responsables du PUP, je ne souhaite pas qu’ils soient haineux, mais plutôt une compétition loyale, que nous puissions chacun faire son chemin, défendre sa vision, son programme. En fonction de la confiance que les Guinéens vous portent, vous acceptez de perdre parfois, de gagner parfois.
Nous allons vers des législatives. Les opposants ne semblent pas conjuguer le même verbe…
J’avais pris l’initiative d’essayer de favoriser une concertation entre les partis d’opposition, parce que j’ai supposé que tous souhaitaient que les élections législatives soient organisées le plus tôt possible et dans des conditions transparentes. Nous avons cela en commun, même si nous avons des divergences par rapport à un certain nombre de choses. Je souhaitais que les partis politiques se retrouvent pour discuter avec le Gouvernement, dans un cadre beaucoup plus formel par rapport aux élections législatives.
Mais, nous n’avons pas trouvé la plate-forme. Certains partis ont estimé que ceux qui sont dans le gouvernement Souaré, ne sont pas de l’opposition. On dit que mes relations avec le Président de la République sont ambiguës, peut-être que je ne suis pas un opposant. Les autres partis se sont retrouvés, ils ont fait une lettre ouverte au Premier ministre sans nous associer, nous qui avons des ministres dans le Gouvernement. Je pense qu’on aurait dû avoir une plate-forme pour négocier ensemble, faire des revendications au nom de toute l’opposition. Mais, ça n’a pas marché…
La CENI semble être un contrepoids à la marche vers des élections crédibles ?
Je n’ai pas tiré de conclusion définitive sur la mauvaise foi ou l’incompétence de la CENI. Je pense que c’est un exercice difficile de jouer son rôle. Il y a beaucoup de faiblesses qui ont été identifiées. Je pense que cela peut être lié à l’inexpérience.
Beaucoup estiment qu’il y a une mauvaise foi ou un parti-pris. Je ne crois pas à ce stade, mais nous restons vigilants.
La CENI doit cogérer les élections avec le ministère de l’Administration du territoire. Lorsqu’on évalue les performances dans les enrôlements des électeurs et la révision des listes électorales, on constate beaucoup de faiblesses imputables, aussi bien à la CENI qu’à l’administration du territoire.
Mais, c’est tôt pour juger la CENI. Nous essayons d’attirer l’attention de ces institutions pour qu’elles essaient d’améliorer le fonctionnement des Carl, afin que ce recensement se fasse dans les meilleures conditions possibles. A ce stade, nous avons trop de difficultés. Tout le monde est unanime là -dessus, même la CENI et l’administration du territoire sont d’accord qu’il y a eu beaucoup de ratés.
Je suis pour l’organisation des élections le plus tôt possible, mais il faut réunir les conditions d’organisation. Il faut qu’on ait un fichier, que 90 ou 95% des électeurs soient recensés. Tant que cette opération n’est pas faite, on ne peut pas organiser les élections. C’est pour cela que nous avons sollicité l’intervention du Ministère de l’administration et de la CENI, afin qu’ils diligentent la révision des listes et qu’ils essaient d’accroître le rendement journalier de ce recensement, qui reste très lent.
Dans beaucoup de districts, beaucoup de CRD, ce recensement n’a pas commencé. C’est extrêmement grave ! Il faut que les gens se ressaisissent et qu’ils prennent les dispositions pour essayer d’accroître la cadence, le rythme, le rendement de cette révision des listes électorales.
Vos priorités, si l’UFDG est majoritaire au Parlement ?
En tant que groupe parlementaire majoritaire à l’Assemblée nationale, nous allons faire notre travail avec beaucoup de rigueur, beaucoup de responsabilité. Nous accomplirons la mission d’une vraie Assemblée, dans le respect des procédures.
Que pensez-vous de la cascade de décrets, de contre décrets et des querelles de clans au sommet de l’Etat ?
C’est déplorable pour la Guinée et pour la crédibilité de l’Etat. Que des décisions soient prises et annulées sans qu’on ait suffisamment d’explications. On a noté aussi qu’à un moment donné, entre la Primature et la présidence, il y avait une cacophonie. Tout cela contribue à réduire la confiance de l’Etat en ces institutions.
L’absence de crédibilité peut susciter des actes de violence, de protestation de toute nature. Nous assistons à une prolifération de manifestations aujourd’hui. Je pense que l’absence de perspectives et l’insuffisance de l’autorité de l’Etat sont aussi à la base de ces manifestations. Il y a qu’ à la base de cette misère, les conditions de vie ne s’améliorent pas. Mais, l’absence de visibilité et de perspectives claires pour les jeunes, constitue un facteur aggravant.
Les questions du terminal conteneur posent problèmes. Vous seriez à l’origine de la signature de ce contrat… ?
Lorsque les gens disent que je suis à l’origine de la signature de ce contrat, ça n’a aucun sens ! L’appel d’offre a été lancé récemment, le dépouillement a eu lieu. On a attribué le marché à Getma International. Je n’ai aucune responsabilité dans ce dossier. On m’a reproché lorsque j’avais en charge le Ministère des transports, d’avoir délivré un agrément à Transafrica, parce qu’à l’époque M. Grenier avait estimé qu’il ne fallait pas donner l’agrément. M. Chaloub était associé à Getma International dans Transafrica.
Ils avaient réuni tous les documents nécessaires à l’octroi par le Ministère des transports, d’un agrément leur permettant d’exercer l’activité de manutention au Port autonome de Conakry. J’ai délivré cet agrément, cela m’a valu une vaste campagne de dénigrements, orchestrée par les adversaires de Getma international. Je n’avais fait que mon devoir de ministre, c’est un secteur libéralisé. Un opérateur économique avait réuni les conditions, il avait besoin de la licence, de l’agrément que j’ai délivré.
C’est une activité qui n’est pas sous monopole. On m’en a voulu jusqu’à maintenant, mais je n’ai rien fait d’autre.
On dit que vous êtes riche, que vous avez été le ministre qui a le plus profité de l’Etat guinéen… ?
Cela fait partie d’une campagne qui a été orchestrée contre ma personne. Tous ceux qui ont travaillé avec moi, savent que je suis un homme intègre. Ce qui m’a valu une certaine crédibilité auprès du Président de la République. Il m’a reconduit chaque fois dans son gouvernement pendant dix ans. Il savait que je faisais des performances et était convaincu que j’étais un homme honnête.
Les bailleurs de fonds aussi m’ont fait confiance. Ils voyaient comment j’administrais les projets, les programmes de développement qu’ils finançaient. Jusque maintenant je bénéficie d’une confiance énorme auprès de ces bailleurs de fonds. Tous ceux qui ont travaillé avec moi, dans les différents projets, savent que j’ai toujours fait preuve de rigueur et d’intégrité dans la gestion. J’en suis très fier. Lorsqu’on m’attaque dans la presse, beaucoup de mes collaborateurs disent : « Ils ne connaissent pas le ministre ». Si j’ai fait beaucoup de performances, c’est grâce à cette rigueur que je me suis imposée et l’image du cadre intègre et compétent que j’ai eue.
Obama vient d’être élu Président des Etats-Unis. Pensez-vous l’incarner en Guinée ?
Je me réjouis de savoir qu’on m’appelle « l’Obama » de la Guinée. A travers ses qualités, Obama a su démolir des préjugés ancrés dans des mentalités. Je souhaite aussi réussir l’exploit d’Obama. J’ai réussi à réunir beaucoup de Guinéens qui ne sont pas de mon ethnie, mais qui me font confiance. Je pense que je suis à même de réaliser une performance comme celle de Obama aux Etats-Unis d’Amérique.
Je souhaite que les Guinéens, à l’image des Américains, se débarrassent des préjugés. Une des premières leçons à tirer de la présidentielle américaine, c’est que les Américains aiment l’Amérique, ils ont voté souvent Obama, parce qu’ils estiment qu’il peut faire face à la crise que traverse l’Amérique. Ils ont mis tous les préjugés de côté.Il est Noir, mais ils ont estimé qu’il fallait l’apprécier, le juger à travers ce qu’il représente et non ce qu’il est. Je souhaite que les Guinéens aussi choisissent un Président de la République, non parce qu’ils sont de la même ethnie que lui, mais en fonction de sa valeur intrinsèque, de ses capacités à rassembler et à créer la prospérité. Si nous réussissons à dépasser ces clivages des régions et des ethnies, la Guinée pourra facilement jouer le rôle qui est le sien dans la sous-région, en Afrique.
Propos recueillis par Abou Bakr
Source :Le lynx, numéro 867 du 24 novembre 2008
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  Rubrique: Interview  date: 10-Dec-2008 ŕ 13:49:55  Partager:   :  |
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