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Législatives en Guinée-Bissau: large victoire annoncée de l'ex-parti unique


[IMG1]L'ex-parti unique de Guinée-Bissau, qui a globalement dominé la vie politique de l'ex-colonie portugaise depuis l'indépendance en 1974, a remporté sans surprise les élections législatives de dimanche, selon des résultats encore provisoires publiés vendredi.
Les résultats définitifs seront proclamés mercredi prochain.

Le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap vert (PAIGC), dirigé par l'ex-Premier ministre (2004-2005) Carlos Gomes Junior, obtient 67 sièges sur les 100, selon la Commission nationale des élections (CNE).

Le PAIGC devance très nettement le Parti de la rénovation sociale (PRS) de l'ex-président Kumba Yalla (renversé en 2003 par l'armée), qui est crédité de 28 sièges.

En revanche, l'autre ancien Premier ministre de ce scrutin, Aristides Gomes (2005-2007), un proche du président Joao Bernardo Vieira, a perdu son pari. Sa toute nouvelle formation, le Parti républicain de l'indépendance pour le développement (PRID), n'obtient que trois sièges, malgré l'importance des moyens mis en oeuvre pendant sa campagne.

Le président Vieira avait déjà régné sur le pays pendant 19 ans, de 1980 à 1999, en s'appuyant sur l'armée et le PAIGC. Chassé du pouvoir par la guerre civile (1998-99), il est rentré d'exil en 2004 et a été réélu à la présidence en 2005, sans étiquette.

Pour certains analystes, le PRID, formé par des dissidents du PAIGC pour soutenir le chef de l'Etat, a finalement servi de "repoussoir": "les gens ne voulaient pas qu'il y ait une accumulation de pouvoir dans le camp présidentiel", juge le recteur de l'Université Colinas de Boé à Bissau, Fafali Koudawo.

Aussitôt après l'annonce des résultats, une immense foule de militants du PAIGC en liesse s'est précipitée au siège de la formation, à Bissau. Des enceintes, installées sur des plates-formes de camions, diffusaient de la musique à plein volume dans la capitale où le PAIGC avait mené une campagne tonitruante, avec une débauche de moyens.

Baro, serveur de 40 ans, expliquait avoir voté avant tout pour Carlos Gomes Junior, parce que ses 17 mois au gouvernement avait marqué selon lui "la réconciliation" du pays: "On avait oublié la guerre civile. Et les salaires (des fonctionnaires) étaient payés".

Le PAIGC était la première formation de l'Assemblée sortante (45 sièges sur 100) mais il n'avait pas de majorité et avait dû partager le pouvoir à partir de 2005.

"Nous nous attendions à une majorité plus écrasante. Mais ce qui est important, c'est de gagner et d'être majoritaire" a commenté Oscar Barbosa, conseiller en communication de Carlos Gomes Junior.

Avant le scrutin, ce dernier avait évoqué une "réconciliation de l'ancienne famille PAIGC" et affirmé, au sujet du président Vieira qui l'avait limogé en 2005 qu'eux deux devaient "travailler ensemble".

De nombreux observateurs doutent cependant de leur capacité à cohabiter, en raison du vieux "conflit personnel" qui les oppose.

De son côté, le bureau politique du PRS s'est réuni pour "revoir" les résultats avancés. "Nous ne sommes pas d'accord avec les chiffres donnés par la CNE" a déclaré Braima Sori Djalo, directeur de campagne du PRS.

Deux autres partis obtiennent chacun un siège: le Parti national démocratique et l'Alliance démocratique.

La communauté internationale avait financé le processus électoral, pour favoriser l'établissement d'un gouvernement stable. Elle entend renforcer l'Etat de droit dans ce pays considéré par l'ONU comme "un point clef d'entrée" en Afrique de la cocaïne en transit vers l'Europe.

La présidence française de l'Union européenne a salué vendredi le "bon déroulement" de ces législatives, marquant selon elle l'"ancrage démocratique" du pays.

Source:AFP

  Rubrique: News Afrique  date: 21-Nov-2008 à 22:08:00  Partager:   :

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