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Lettre ouverte au premier ministre Ahmed Tidiane Souaré...


[IMG1]Les jeunes guinéens de France ont adressé une lettre ouverture au premier ministre Ahmed Tidiane Souaré pour exiger une enquête sur les tueries de janvier et février 2007.Une demande de justice réclamée par la jeunesse guinéenne de France dont nous vous invitons à lire le courrier adressé au locataire de la primature...

Monsieur le Premier ministre,
Les évènements tragiques de janvier-février 2007 ont marqué un tournant dans l’histoire politique récente de notre pays.

Trois remarques s’imposent à cet égard :

- Premièrement, ces évènements ont révélé la profondeur de la crise sociale qui sévit actuellement en Guinée, avec pour conséquences directes la misère qui s’installe durablement dans la société guinéenne, la corruption qui gangrène celle-ci et l’injustice dont est victime la majorité de la population.

- Deuxièmement, ils ont montré que dans les situations de crise profonde, les Guinéens sont capables de dépasser leurs différences en parlant d’une seule voix pour défendre l’intérêt général et promouvoir le changement dans notre pays. D’où la source d’un espoir pour l’émergence d’une Guinée nouvelle et forte.

- Troisièmement, nous constatons aujourd’hui une mutation de la société guinéenne notamment dans ses rapports avec les pouvoirs publics.

Cependant, force est de constater que les gouvernants quant à eux n’ont pas véritablement changé. Leurs pratiques restent en effet les mêmes. Des Guinéens sont tués gratuitement à la moindre occasion sans qu’ils s’en émeuvent. On en veut pour preuve : les assassinats perpétrés lors des évènements tragiques de janvier-février 2007 (plus de 300 morts en majorité des jeunes !)

Au lendemain de ces évènements tragiques, il a été créé en France une association dénommée Mouvement des Jeunes Guinéens de France (MJGF) dans le but, d’une part d’accompagner la prise de conscience collective et de pérenniser celle-ci dans le temps, et d’autre part d’œuvrer pour que justice soit rendue à ces centaines d’hommes et de femmes ayant perdu leur vie pour le changement dans notre pays.[IMG2]

C’est dans cette optique que nous avons organisé, le 26 janvier 2008 à l’occasion du premier anniversaire de ces évènements douloureux, un grand rassemblement à la place de la République à Paris pour commémorer la mort des jeunes, tout en lançant un appel aux autorités compétentes pour que justice soit rendue à nos martyrs.

Malheureusement, au grand dam de tout le monde, le constat est simplement amer : jusqu’à ce jour rien n’a été fait pour les victimes, et leurs familles attendent toujours que la justice soit rendue.

C’est pour cette raison, Monsieur le Premier ministre, que nous vous interpellons par le biais de cette lettre, afin que toute la lumière soit faite sur ces événements tragiques. Ainsi, nous réitérons les demandes ci-après :

1 – La mise en place d’une commission d’enquête internationale sur les massacres de janvier/février 2007,
2 – L’instauration du 22 janvier de chaque année comme journée commémorative pour rendre hommage aux victimes,
3 – L’édification d’une stèle en leur mémoire

Monsieur le Premier ministre, votre prédécesseur Monsieur Lansana Kouyaté a mis en place une commission d’enquête nationale dont l’échec était programmé d’avance. Car loin d’être indépendante, donc crédible, cette commission n’a été dotée d’aucun moyen, ne serait-ce que pour débuter ses enquêtes : on ne peut en effet être juge et partie à la fois

Dès lors, seule une commission d’enquête internationale crédible, dotée des moyens nécessaires, peut faire la lumière sur ces tragiques événements de janvier/février 2007. Cette exigence de vérité n’est pas seulement celle du MJGF, mais également celle des Guinéennes et Guinéens qui ont soif de justice, de liberté et de démocratie dans notre pays.
Monsieur le Premier ministre, votre gouvernement ne peut rester sans réagir, l’attente des familles pour la justice étant devenue insupportable.

Nous vous posons alors une question très simple : Quand votre gouvernement prendra-t-il les décisions qui s’imposent pour identifier et traduire en justice les responsables des massacres de janvier/février 2007 ?

Monsieur le Premier ministre, la justice est une condition essentielle à l’instauration d’une paix durable ainsi qu’à l’émergence d’un Etat de droit dans notre pays.
Que la justice soit donc rendue aux victimes des événements de janvier/février 2007 !
Vive la jeunesse guinéenne!
Vive la République de Guinée !

Fait Ă  Paris, le 30 octobre 2008
Par le Mouvement des Jeunes Guinéens de France (MJGF).
206, quai de Valmy 75010 Paris


Africaguinee.com



  Rubrique: Politique  date: 04-Nov-2008 ŕ 17:11:23  Partager:   :

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