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42 guinéens expulsés d'Espagne:" Notre consul en Espagne est dans le coup pour nous rapatrier. Il no


[IMG1]Les 16 et 17 octobre, des sans papiers guinéens, après plusieurs jours passés dans les geôles espagnoles, ont été rapatriés sans vergogne dans leur pays d’origine. Il s’agit de 42 personnes toutes originaires de la préfecture de Koundara qui ont regagné le bercail dans un réel désespoir. Venus par deux convois d’avions, ces jeunes rapatriés ont été accueillis à l’aéroport national de Conakry par le ministre en charge de la Réconciliation nationale, M. Bah Oury.

La pauvreté qui sévit en Afrique, est aujourd’hui l’une des premières causes de l’immigration clandestine, qui vide le continent de ses fils et filles, pourtant forces motrices du développement intégré et durable de tout le pays. Ces jeunes qui quittent pays pour aller à la recherche de l’eldorado nourrissent généralement l’espoir de beaucoup de familles qu’ils laissent derrière eux. Ils risquent leur vie en traversant l’océan dans des pirogues de fortune dans l’espoir de retrouver le bonheur de l’autre côté. Malheureusement, nombreux sont parmi- eux qui font des voyages sans retour. Car assez de pirogues chavirent sur la haute mer sans jamais arriver à destination. Par contre, d’autres qui réussissent à arriver à destination, sont malgré tout arrêtés et conduits dans des prisons avant de se faire rapatrier dans leur pays d’origine.

C’est le cas de ces clandestins guinéens qui, après avoir réussi à pénétrer en Espagne, ont été arrêtés, jugés et rapatriés dans le premier vol en ligne sur Conakry. Au nombre de 42 personnes, ils sont venus dans deux convois de vol aérien. Le 16 octobre à l’aube, le premier convoi a atterri à l’aéroport international de Conakry. A bord de l’avion se trouvaient vingt (20) clandestins guinéens qui ont fait les 7 heures de vol qui séparent Las Palmas de Conakry ; menottés les uns contre les autres. Ils sont accueillis par l’autorité guinéenne qui commence par les identifier les 20 clandestins débarqués de l’avion sont tous des guinéens et viennent tous de la préfecture de Koundara.

Ces jeunes désœuvrés ont fui leurs villages respectifs pour l’Europe, en transitant par le Sénégal. Ils pensaient trouver là, leur vie de rêve et sortir leurs familles de la pauvreté. Mais hélas ! Ils ont plutôt vécu un vrai calvaire. Comme le confirme par ce témoignage de Mamadou Baïlo Diallo, un des rapatriés : « je suis de Koundara, j’ai quitté mon village il y a 8 mois je suis allé m’installer au Sénégal où j’ai cultivé de l’arachide et j’ai gagné 100.000 FCFA que j’ai fait comme frais de transport pour aller en Espagne. Nous étions au nombre de 117 personnes dans une pirogue, nous avons fait 11 jours en mer quand nous sommes arrivés à l’île de TENERIFE. Nous avons été accueillis par des blancs qui nous ont déshabillés pour nous donner une nouvelle tenue. Dans notre groupe il y avait des Guinéens, Sénégalais, Gambiens et de Soudanais. Après identification, on nous a conduits à l’île de Komera où nous avons passé trois jours avant d’être jugés. Par la suite, on nous a envoyés dans un centre de concentration appelé poste 23 où nous avons passé 35 jours » explique-t-il en sanglots. Marié à 3 femmes et père de 12 enfants, cet autre rapatrié de 38 ans, se lamentera tout en confiant ceci : « comment vais-je rentrer chez moi ? J’ai mes enfants et mes 3 femmes, que vais-je leur apporter. Je n’ai rien, même si on me lassait mourir là-bas. Eh Dieu ! ». Ibrahima Bah, lui, traite le consul de Guinée en Espagne de tous les noms d’oiseau. Il accuse ce dernier de les avoir marchandés contre l’argent du blanc en expliquant : « Notre consul en Espagne est dans le coup pour nous rapatrier. Il nous a dit que quiconque accepte reçoit 1000Euros. Mais nous, on a rien vu. Il a négocié avec les blancs pour nous prendre notre argent ». Et un autre Mamadou Bhoye Bah, le cœur gros d’ajouter : « le consul guinéen n’est pas bon, nous étions nombreux là-bas, les Guinéens qui devraient être rapatriés. Mais, nous avons été victimes de ségrégation.» Selon lui, le consul de Guinée en Espagne est méchant et il ne veut pas leur bonheur. Parlant des conditions d’embarquement, un autre dira qu’ils sont venus dans l’avion menottés depuis l’Espagne. Et que, c’est au moment de l’atterrissage de l’avion que leurs menottes ont été enlevées. [IMG2]Egalement, les 22 autres sans-papiers arrivés le lendemain, 17 octobre à 5 heures du matin, auraient voyagé dans les mêmes conditions. Ils ont été tous transférés à la maison des jeunes de Matam où l’autorité guinéenne a procédé à leur identification, histoire de préparer leur retour dans leurs villages respectifs. Le 18 octobre une délégation du ministère de la Réconciliation nationale, tout en assurant leur transport, a conduit dans un bus les rapatriés à Koundara. Cette situation relance la problématique de l’immigration clandestine, qui est devenue aujourd’hui un phénomène inquiétant. Fuyant la pauvreté, la jeunesse des pays pauvres tente toujours l’aventure vers Europe et/ou Amérique du Nord, qu’elle considère comme l’eldorado. Mais généralement, elle part désœuvrée et revient déboussolée et désespérée. L’espoir ou le rêve étant devenu illusion on utopie ? Ces jeunes guinéens par exemple qui ont fui leurs villages, abandonnent généralement leurs parents en brousse pour courir après l’incertain. Toutefois, au regard des clandestins guinéens, l’on pourrait être tenté de se poser un certain nombre de questions. Que doit faire l’Etat pour arrêter ces rapatriements qui font la honte du pays .

Samory KeĂŻta
Source:Le Démocrate

  Rubrique: Diaspora GuinĂ©enne  date: 23-Oct-2008 ŕ 18:46:54  Partager:   :

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