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Cinquantenaire de l'indépendance:Les "couacs" d'une fête populaire...
[IMG1]Il y a quelques jours, les Guinéens ont fêté en grande pompe le cinquantenaire de l’indépendance de la Guinée. Au menu, une brochette de chefs d’Etat et de gouvernements sont venus saluer le courage du peuple du 28 septembre. Avec le défilé et les mamayas populaires, la fête a été belle murmure-t-on dans les rues de Conakry. Mais derrière les projecteurs, plusieurs « couacs » ont crispé cette fête. Voyons de plus près, ces fausses notes de ce cinquantenaire dont la célébration continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive parmi les guinéens.
Premier couac, l’absence très remarquée du Général-Président Conté a gâché la fête. Le fauteuil présidentiel est resté désespérément vide dans la loge officielle, au grand étonnement des invités de marque .Bien sûr, les organisateurs de l’évènement ont fait la politique de l’autruche face à l’absence remarquée du « Mangué ».Du côté des officiels guinéens comme le (dés)honorable Aboubacar Somparé de l’assemblée nationale et bien entendu le très « dévoué » premier ministre Ahmed Tidiane Souaré ,c’est le silence radio !Ils ont brillé par leur silence sur l’absence du convalescent de Wawa. Conséquence de cette attitude irresponsable de nos « braves » dirigeants , c’est l’épouse du chef de l’Etat, Madame Henriette Conté qui déposé la gerbe de fleurs à la place des martyrs, sous le regard médusé des chefs d’Etat venus assister à la cérémonie.Une image symbolique dont nos voisins ne sont pas prêts à oublier de sitôt. ! Deux explications à cette irresponsabilité de Somparé et de Souaré. Primo, il s’agit d’éviter tout soupçon de vouloir succéder au président Conté dont la maladie a éloigné du pouvoir. Secondo, cette attitude traduit l’hypocrisie de nos chefs, dont le seul but est de se montrer loyal envers le chef de l’Etat et de sauver leur fauteuil juteux. Vous parlez d’indépendance ?
Deuxième couac, la longue liste des « oubliés »de la cérémonie du 2 octobre. [IMG2]Excès de zèle , hypocrisie, coups bas, ont été les condiments de cette distribution de médailles et de discours !Premier signe de cet oubli volontaire, le président Conté a refusé de nommer son prédécesseur dans son discours du 1 er octobre adressé à la nation guinéenne. Ahmed Sékou Touré dont le bilan politique mitigé divise les guinéens (tout comme celui de Conté d’ailleurs) a été le grand « oublié « de ce cinquantenaire. Aucun hommage posthume n’a été rendu à l’ancien président guinéen même si son épouse , Hadja André Touré a été médaillée de l’ordre du…colatier !
Autres oubliés, les familles des victimes du sinistre Camp Boiro qui ont été tenus à l’écart de la grande mamayadu 2 octobre ! Les organisateurs et les officiels guinéens ont « oublié » toutes ces victimes illustres ou anonymes qui ont péris dans les geôles de l’ancien régime. Aucun hommage, aucune stèle n’a été érigé à la mémoire de ces martyrs de la république ! Les chants et danses sur la grande avenue de la république à Kaloum ont cyniquement coïncidé avec la cérémonie de recueillement des familles des victimes au cimetière de Nongo où des milliers de victimes anonymes reposent dans des fosses communes !Selon les mauvaises langues, cette attitude du gouvernement guinéen s’explique par la peur d’une confusion entre victimes de l’ancien régime et victimes du gouvernement Conté dont les purges de 1985 et surtout les évènements sanglants de janvier et février 2007 sont encore gravés dans les mémoires. Autant ne pas réveiller les vieux démons, murmure-t-on dans le cercle présidentiel.
Enfin, la cérémonie du cinquantenaire a brillé aussi par « l’oubli »du mouvement syndical et de certains pionniers de l’indépendance comme le député Yacine Diallo, Madeira Keita et tant d'autres. D’ailleurs le 7 octobre dernier l’intercentrale syndicale a exprimé son mécontentement au premier ministre Ahmed Tidiane Souaré sur la discrétion du gouvernement sur le rôle du mouvement syndical dans la lutte pour l’indèpendance. Vous parlez d’indépendance ?[IMG3]
Troisième couac, la non adhésion des populations à cette mamaya officielle. Les Guinéens ont tourné le dos à cette mascarade officielle, et ont préféré s’occuper du « quotidien ».En dehors de Conakry, la capitale, la célébration du cinquantenaire a peu enthousiasmé les guinéens à travers le pays. Beaucoup s’estiment trahis par leurs élites. Certes, l’indépendance a été acquise, mais le bilan de 50 années de gaspillage, de corruption, de purges et de pauvreté continue de classer la Guinée dans le peloton des pays les moins avancés de la planète. Et dire que notre pays était au même niveau de développement que l’Indonésie ou la Malaisie à la fin des années 50, il y a de quoi ruminer sa colère contre les « vautours » de la République ! Inutile de faire un bilan de ces 50 années d’indépendance, car les guinéens ignorent en ce début du 21 ème siècle, l’eau , l’électricité pour tous, pour ne citer que ces maux !Vous avez parlez d’indépendance ?
En définitive, les Guinéens s’interrogent sur le bilan de cette indépendance de la Guinée acquise un matin du 2 octobre 1958 après 60 années de domination française.Certes, ce cinquantenaire a eu le mérite d’une prise de conscience des guinéens de 50 années de gaspillage et de mal gouvernance en Guinée. Mais en ce crépuscule du régime Conté, la question qui est sur toutes les lèvres, c’est comment éviter un naufrage après Conté ? La course à la succession du vieux « Manguè » est donc lancée.Mais son successeur assumera t-il l’histoire « mouvementée » de la Guinée ?Rien est moins sûr. Comme le disait l’ancien président Ahmed Sékou Touré, les guinéens sont aujourd’hui « libres » mais…. pauvres ! Mais ceci est une autre histoire. A la semaine prochaine !
Amadou Diallo
Conakry-Guinée
Pour Africaguinee.com |
  Rubrique: Coup de gueule  date: 14-Oct-2008 ŕ 17:55:54  Partager:   :  |
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