[IMG1]Le cinquantième anniversaire de l"indépendance guinéenne, célébré en grande pompe sur toute l'étendue du territoire national, a été l'occasion pour l'Association des enfants des victimes du Camp Boiro de recueillir sur un charnier, supposé contenir nombre de leurs parents, décédés sous le régime de Sékou Touré (1958-1984).
Dans la matinée, pendant que le gouvernement et les chefs d'État de la sous-région, célébraient le cinquantenaire au centre-ville dans la commune de Kaloum, les enfants des victimes du tristement célèbre Camp Boiro, ont d'abord fait une marche pacifique en direction du cimetière de Nongo, pour se recueillir sur un charnier qui s'y trouve.
« Selon des témoignages, c'est ici que nombre de nos parents ont été ensevelis. C'est pourquoi, pendant que les autres danses, nous qui sommes victimes, pensons qu'il est plus sage de venir nous recueillir symboliquement et de prier pour les âmes de nos parents tués sous le régime de Sékou Touré sans procès », a déclaré Dr Bokar Maréga, président de l'Association.
A l'occasion, une vache a été immolée sur place en guise de sacrifice dans une concession non loin du cimetière de Nongo.
« Nous avons souhaité que le cinquantenaire soit l'occasion de réconcilier les Guinéens autour d'une table de dialogue, vérité et réconciliation, afin que nous nous demandions pardon les uns les autres pour que le pays avance enfin », a-t-il dit.
« Ce que nous demandons, c'est qu'au moins on accepte que les charniers de nos parents à travers le pays nous soient désignés afin que nous y bâtissions des stèles, que le camp Boiro nous soit donné afin que nous en fassions un musée », a-t-il ajouté.
Selon les enfants des victimes du camp Boiro, au moins 50 000 personnes, accusées de "complot" contre la "patrie" ou contre "le responsable suprême de la Révolution", ont été tuées sous les 26 ans du régime de Sékou Touré, père de l'indépendance.
Source:APA |
  Rubrique: Politique  date: 04-Oct-2008 ŕ 01:05:35  Partager:   :  |