Detail de la News

El-hadj Abdoulaye Lélouma Diallo , syndicaliste et ancien fontionnaire du BIT: " l’accession de la G


[IMG1]A quelques jours de la célébration du cinquantenaire de l'indépendance de la Guinée, nous avons rencontré EL-Hadj Abdoulaye Lélouma Diallo qui est l'un des pionniers du mouvement syndical en Guinée. L'ancien fonctionnaire du Bureau international du Travail, nous raconte dans cet entretien, les premières heures de la jeune république guinéenne, du rôle du mouvement syndical dans la lutte pour l'indépendance et le soutien de la Guinée aux mouvements de libération à travers le continent africain. Exclusif!!!

Africaguinee.com : Bonjour Monsieur Diallo. Notre pays va célébrer dans quelques jours le cinquantenaire de son accession à l’indépendance. Quels sont vos sentiments à la veille de la fête nationale du 2 octobre ?

El-hadj Abdoulaye Lélouma Diallo : Bonjour. Mes sentiments, sont d’abord la fierté, le respect et le remerciement. Respect pour ceux qui ont livré cette lutte pour l’acquisition de notre indépendance et les sacrifices qui ont été consentis parce que cette indépendance n’a pas été acquise facilement. Donc, on doit du respect pour ceux qui ont mené ce combat. L’autre sentiment, c’est de remercier Dieu, parce que beaucoup de ceux qui ont participé à cette lutte ne sont plus là aujourd’hui et nous sommes qui sommes là, nous devons remercier Dieu de nous avoir donné l’opportunité de célébrer ce cinquantenaire. Mais célébration ne veut pas dire autosatisfaction !Il s’agit de faire le bilan, pour voir qu’est ce qui a été fait, ce qui n’a pas été fait ;pour nous projeter dans l’avenir. Le passé, c’est le passé, il faudrait maintenant voir comment consolider l’unité nationale, la solidarité pour mobiliser tous les guinéens vers le développement économique et social de notre pays.

En tant que pionnier du syndicalisme en Guinée, pouvez-vous nous dire le rôle du mouvement syndical dans la lutte pour notre indépendance ?

Effectivement, le mouvement syndical guinéen a joué un très grand rôle dans l’accession de la Guinée à l’indépendance. Mais ce rôle est la résultante de toute une série de facteurs historiques. Parce que le mouvement syndical guinéen faisait parti à l’époque de l’Union Générale des travailleurs d’Afrique noires(UGTAN) qui a été crée à Cotonou en 1957.Et cette structure qui regroupait toutes les organisations syndicales des différentes colonies de l’ex AOF et de l’ex AEF, luttait déjà pour l’indépendance de ces colonies. Il faut préciser que le premier secrétaire général de l’UGTAN fut le président Ahmed Sékou Touré. Ensuite, le mouvement syndical, qui travaillait avec le PDG-RDA a contribué à la prise de conscience, à la mobilisation, à l’organisation des travailleurs. En Côte d’Ivoire, le président Houphouët Boigny a fait aussi ses premières armes dans la lutte sociale et politique, dans le mouvement syndical. C’est le cas aussi avec Mamadou Konaté au Mali, Djibo Bakary du Niger était membre du comité exécutif de l’UGTAN. Au Cameroun, Um-Nyogbé de l’Union des populations du Cameroun(UPC) a fait ses débuts dans la lutte syndicale.Ca veut dire que c’est une tradition et en Guinée les syndicats n’ont fait que s’impliquer dans cette logique à la fois régionale et internationale. En Guinée, les syndicats ont étroitement travaillé au sein du parti(PDG), parce parmi les syndicats, il y avait aussi des militants des autres partis. Et la chance qu’on a eu en Guinée, c’est que à la fois le PDG-RDA,les organisations syndicales, les autres partis politiques ont tous accepté de voter « Non » pour accéder à l’indépendance. N’oublions pas que le Niger aussi avait prêché en faveur du Non, mais la division des partis a empêcher la victoire du « Non ».En Guinée, les syndicalistes continuent à jouer encore leur rôle pour consolider les acquis de l’indépendance, pour le développement économique et social de notre pays.

Dans les années 50, il y a avait aussi d’autres partis politiques qui rivalisaient avec le PDG-RDA. Est-ce que vous pouvez nous dire comment le syndicaliste Ahmed Sékou Touré a eu cette ascension fulgurante sur la scène politique guinéenne ?

Le fait d’avoir une base sociale, d’avoir une formation syndicale, politique et sociale, donnait au PDG d’Ahmed Sékou Touré beaucoup d’avantages par rapports aux autres partis qui n’avaient pas une base sociale aussi solide, aussi large. Parce que le mouvement syndical, est un mouvement de masse et de classe, c’est une organisation démocratique qui était représenté dans les secteurs clés comme la fonction publique, les chemins de fer, les PTT, les dockers qui sont stratégiques .Et donc Sékou Touré avait cet avantage d’être lié aux syndicats et étant syndicaliste, il bénéficiait de la solidarité et de l’appui des autres organisations syndicales dans le pays et dans la région. Ensuite, il faut noter le rôle du mouvement estudiantin incarné par la fédération des étudiants d’Afrique noire de France(FEANF), à travers l’union générale des étudiants d’Afrique occidentale (UGAO).Toutes ces forces sociales étaient favorables à l’accession de la Guinée à l’indépendance.
A l’époque il y avait le parti du rassemblement africain(PRA) dirigé par Barry Ibrahima dit Barry III et d’autres partis comme le Bloc Africain de Guinée (BAG) de Barry Diawadou, qui avaient pris la décision de voter « Non »et le 14 septembre 1958, le PDG aussi s’est prononcé en faveur du « Non », créant ainsi l’unanimité.

Par rapports aux autres colonies françaises, justement, la Guinée a choisi de voter « Non » le 28 septembre 1958.Comment expliquez vous ce choix du peuple de Guinée ?

Etant donné l’Histoire de la Guinée, l’élévation et la sensibilité que les dirigeants avaient à l’époque, la volonté des guinéens d’accéder à l’indépendance eux qui n’ont jamais accepté la colonisation, il fallait choisir la voie de l’indépendance. A cela il fallait aussi honorer nos héros qui ont combattu la présence française en Afrique. Ainsi, il fallait saisir cette opportunité pour reconquérir notre dignité en accédant à l’indépendance nationale, sans la guerre contrairement aux luttes armées dans d’autres pays comme l’Algérie. Ensuite, d’autres peuples ont soutenu la Guinée dans son choix pour le « Non ».On incarnait donc la volonté des autres peuples qui étaient encore sous la colonisation. C’est ce qui explique cette décision historique de voter « Non » le 28 septembre 1958.

Après les indépendances, la Guinée a choisi la voie du socialisme. Est ce que ce choix est dû aux relations peu cordiales entre la France de De Gaulle et la Guinée de Sékou Touré ?

Effectivement, l’accession de la Guinée à l’indépendance était perçue comme un affront par la France. Il fallait donc punir la Guinée. Je me souviens quand je faisais le lycée, Paris a demandé à tous les enseignants français de quitter la Guinée, mais certains ont refusé notamment les professeurs militants de la gauche française dirigée par Jean Suret-Canale. Il avait déclaré que la Guinée n’avait fait que réclamer ce que la France a réclamé (Ndlr:après l’occupation allemande).En dépit des efforts pour normaliser les relations franco-guinéennes, la France a refusé. Ainsi c’est le Canada et le Japon qui ont parrainé la candidature de la Guinée aux Nations Unies en 1958 ! La France ne pouvait pas opposer un droit de veto puisque tous les membres du conseil de sécurité étaient pour la candidature de la Guinée et le 12 décembre 1958 la Guinée est admise au sein des Nations Unies. Le gouvernement français a crée toute une série de problèmes à la Guinée malgré quelques soutiens individuels français. Par exemple, entourée de pays du franc CFA, la Guinée n’avait plus le choix, elle devait assumer son indépendance. C’est ce qui a amené à la création de la monnaie guinéenne, à nous orienter vers d’autres pays qui étaient prêts à nous appuyer dans la mise en place du développement économique et social. Et puisque les alliés les plus importants étaient les pays du bloc soviétique, la Guinée a choisit le camp socialiste. N’oublions pas que le premier pays à envoyer un ambassadeur à Conakry, c’était la Bulgarie ![IMG2] Et la France a mis du temps nous reconnaître !Des pays africains comme le Ghana de Kwame Nkrumah, l’Egypte de Nasser ont appuyé la Guinée. Donc nos alliés les plus sûrs à l’époque étaient des pays du bloc soviétique comme la Chine, de l’Union soviétique, de la Yougoslavie de Tito .Quelques pays occidentaux comme les Etats-Unis ont reconnu la Guinée. Le président Ahmed Sékou Touré s’est d’ailleurs rendu aux USA en 1959 et les américains nous ont offerts 150 bourses pour la formation des jeunes cadres guinéens.
Pour des raisons donc stratégiques, politiques et économiques, la Guinée a fait son choix dans le socialisme sans pour autant être communiste !

A part l’opposition de la France, quels types de problèmes le jeune Etat guinéen était-il confronté après son indépendance ?

Après 65 ans de colonisation, la Guinée n’avait que 12 universitaires ! La route bitumée s’arrêtait à Kindia. Il y avait un seul lycée, une seule école normale et un seul hôpital, l’actuel CHU d’Ignace-Deen appelé à l’époque hôpital Noel Ballay et l’hôpital Donka était en construction. C’était donc un pays où il n’y avait presque rien du point de vue formation, cadres, infrastructures contrairement à d’autres pays comme le Sénégal. ou le Mali qui avaient plusieurs grandes écoles fédérales comme l’école fédérale des travaux publics de Bamako, l’école normale supérieure de Dakar. En Guinée, il n’avait aucune école fédérale ! On a donc pas hérité grand-chose de la France sur le plan de l’éducation..Au niveau des infrastructures, il n’y avait presque rien, car les français ont compris que leur présence en Guinée était peut-être éphémère.
A cela s’ajoute l’inexpérience des dirigeants de l’époque comme Sékou Touré qui avaient tous la trentaine. Sans oublier les difficultés extérieures crées par ceux qui ne voulaient pas de l’exemple de la Guinée à travers des boycotts..Malgré tout, on a assumé notre souveraineté. L’armée nationale a été crée en novembre 1958.L’actuel camps samory s’appelait le camp Mangin, l’actuel Alpha Yaya Diallo s’appelait Camp Brosset etc..En 1960, la monnaie guinéenne a été crée parce que la Guinée était marginalisée par la France qui ne voulait pas un développement rapide de la Guinée par rapport aux autres territoires qui étaient encore colonisés.

Vous avez évoqué un soutien indéfectible de plusieurs pays du bloc soviétique en faveur de la Guinée. Parlez nous de ce soutien…

Le soutien a été d’abord diplomatique, politique et économique. Pour ce qui est de l’URSS, l’université de Conakry, le stade du 28 septembre, le bloc des professeurs de Donka, la conserverie de Mamou, l’usine de sciage de N’zérékoré ont été construits par les soviétiques. A cela s’ajoutent la formation des cadres en Union soviétique, l’équipement de notre armée.
Avec Cuba, beaucoup de nos cadres ont été formés avec l’aide des cubains. Pour ce qui est de la Chine, on peut citer le Palais du peuple, l’usine d’outillages de Mamou, la sucrerie de Koba , le barrage de Kinkon à Pita ont été construits avec l’appui des chinois. Sans oublier que nos échanges commerciaux étaient tournés vers les pays de l’est.

Et du côté occidental, a part les Etats-Unis, est ce qu’il y avait d’autres pays « amis »de la Guinée ?

Bien sûr ! C’est le cas de la République Fédérale d’Allemagne(RFA) dont le président Wilke est venu en visite en Guinée. La RFA nous a octroyé l’abattoir de Coléah à Conakry, l’actuel RTG à Boulbinet et beaucoup de cadres guinéens ont été formés dans ce pays.
Avec les américains, à côté des bourses de formation, le gouvernement américain a offert des camions MACK à la Guinée. Ils nous ont appuyés sur le plan diplomatique, par exemple l’actuel compagnie des bauxites de Guinée(CBG )a été financée par la Banque mondiale avec le soutien des américains. [IMG3]Le président Sékou Touré a effectué deux visites aux Etats-Unis : en 1959 avec Eisenhower et 1960 au temps de Kennedy qui a octroyé 100 bourses à la Guinée. D’autres pays comme la Belgique, l’Italie vont aussi graduellement soutenir la Guinée.
Mais des pays africains comme le Ghana ou l’Egypte nous ont aussi soutenus malgré leur niveau de développement.

Après les indépendances, la Guinée s’est beaucoup illustrée en faveur de l’intégration africaine. Parlez nous du rôle panafricaniste de la Guinée…

Dans notre première constitution, il était dit que notre indépendance n’a de raison d’être que si l’Afrique est indépendante. Après son indépendance, la Guinée a choisi la lutte pour la libération du continent. Félix Roland Moumier de l’UPC du Cameroun, était venu rejoindre Conakry après l’indépendance. Les mouvements de libération ont été accueillis à Conakry. Le sud africain Nelson Mandela et l’ANC ont obtenu un soutien diplomatique et financier de la Guinée. L’Algérie aussi dont l’actuel président Boutéflika qui était le commandant des wilayas du sud, était connu à Conakry pour soutenir le FLN.Des leaders comme Amilcar Cabral, Augustinho Neto, Samora Machel avaient des passeports diplomatiques guinéens. La Guinée était devenue le bastion pour toutes ces forces qui luttaient pour la libération. En 1959, l’Union Ghana-Guinée a vu le jour qui sera renforcée après 1960 par la rentrée du Mali au sein de l’Union qui va jeter les jalons de la futur OUA en 1963 dont Diallo Telli fut le premier secrétaire général. A cela s’ajoute le rôle de la Guinée dans la création de la CEDEAO avec le Togo, le Nigeria. En plus, il y a l’autorité du bassin du Niger qui prend sa source en Guinée, l’OMVS, de la Mano River Union.etc.Sans oublier le rôle panafricaniste de la Guinée dans le mouvement syndical.

Est-ce qu’on peut dire aujourd’hui que l’agression du 22 novembre 1970 est dû au rôle panafricaniste de la Guinée ?

Bien sûr. La Guinée soutenait financièrement et militairement le PAIGC. Les militaires guinéens étaient au Congo, en Angola. Pour le Portugal, la Guinée était un pays qui gênait ses ambitions impérialistes. D’autres pays comme l’Egypte, la Tunisie ont subi des attaques, des intimidations parce qu’ils soutenaient les mouvements de libération..Quand le président Sékou Touré est décédé, 34 chefs d’Etats dont le vice-président américain Georges Bush(Ndlr :futur président en 1988), le président de l’autorité palestinienne, Yasser Arafat ,étaient à Conakry pour saluer le rôle de la Guinée en faveur de la libération des peuples en Afrique.

Après 26 années au pouvoir, le président Ahmed Sékou Touré est décédé prématurément, le 26 mars 1984.Que retenez vous de l’ancien chef d’Etat guinéen ?

J’ai eu à le côtoyer quand j’étais membre du bureau confédéral de la CNTG mais je n’avais pas de contact direct avec lui. Chaque fois qu’on rencontrait le Président Sékou Touré il disait que la raison d’être d’un syndicaliste, c’est de revendiquer. Il n’y a jamais eu d’interférences au niveau des élections syndicales par le pouvoir. Il a toujours soutenu la dignité, l’indépendance africaine et ce grâce au rôle des travailleurs africains. Le président Sékou Touré a donc constamment soutenu le mouvement syndical en Guinée et en Afrique. Et il prônait la démarcation des organisations syndicales africaines par rapport à celles des métropoles. [IMG4]

Avec l’arrivée au pouvoir du président Conté, la Guinée a connu une certaine ouverture à la démocratie mais aussi de nombreuses crises. Quel regard portez-vous sur le régime actuel ?

Je n’ai pas la prétention de faire une comparaison entre le premier régime et celui du président Conté. Après 1984, il fallait faire les réajustements pour s’adapter au contexte régional et international. Il fallait une économie libérale et une ouverture démocratique de l’Etat. Jusque là notre pays a été épargné par les conflits qui ont ruiné les pays voisins comme le Libéria, nous avons réussi à préserver l’unité nationale.

Aujourd’hui la célébration du cinquantenaire de notre indépendance soulève une certaine polémique de la part notamment des familles des victimes de la première république et du régime actuel. Qu’en pensez-vous ?

Je pense que les familles des victimes ont le droit de s’interroger et de demander que justice soit faite. Parce qu’on ne peut pardonner qu’à celui qui demande pardon. Cette indépendance ne peut pas faire de polémique parce qu’elle est historique et dont l’Afrique et la communauté internationale sont fières. Aujourd’hui, il faut qu’on apporte des corrections au passé. Avec l’ancien régime, à côté des acquis dans le cadre diplomatique, du rayonnement sportif à travers le Hafia et culturel avec les ballets Djoliba ou le Bembeya Jazz, etc…il faut dire aussi que des crimes ont été commis à travers le camp Boiro. Beaucoup d’innocents ont perdu la vie. Il faut donc que rétablir la justice pour que plus jamais de tels actes de se répètent, que l’impunité soit bannie. On ne peut développer notre pays que lorsque ces erreurs ou fautes ont été identifiés et que les auteurs soient condamnés selon les principes. Mais célébrer notre cinquantenaire est historique, en reconnaissant les erreurs qui ont été commises. La France a commémoré le 200 ème anniversaire de sa révolution. ca veut pas dire qu’il n’y a pas eu des crimes durant la révolution. C’est le cas aussi du Ghana qui a fêté son cinquantenaire l’année dernière.

Avant de terminer, avez-vous un message pour la jeune génération ?

Oui ! Le message pour nos jeunes, c’est de croire en nos valeurs. A savoir la recherche de la vérité. Aujourd’hui même dans les familles, cette valeur est négligée. Ensuite il faut le goût de l’effort, d ans les études dans le travail. Dans nos familles, il y a aussi la notion de respect. Quand on regarde la Chine et l’Inde, ces pays se sont développés tout en gardant leur valeurs. Il faut aussi qu’on préserve notre unité nationale, car la Guinée est une et indivisible. A vous journalistes, je souhaiterai que les médias prêchent la vérité, la solidarité. Si le Coran aujourd’hui après 14 siècles d’existence, n’a pas été modifié, c’est parce qu’il prêche la vérité. J’espère que ce modeste message sera entendu par la jeune génération. Et que Dieu préserve la Guinée.

Interview réalisée par Mamadou Kaba Souaré
Depuis Genève
Pour Africaguinee.com


  Rubrique: Interview  date: 28-Sep-2008 ŕ 22:42:09  Partager:   :

The Nun'S copyright -- design by Nun'S