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Le premier ministre Ahmed Tidiane Souaré:" je crois que c’est inadmissible qu’au jour d’aujourd’hui,


[IMG1]A quelques heures de son discours à la tribune des Nations Unies à New-York, le premier ministre guinéen nous a accordé une interview.Ahmed Tidiane Souaré revient ici sur la révision des contrats miniers, la tenue des élections législatives et surtout le problème d'eau et d'électricité notamment à Conakry.Exclusif!!!

RFI : Monsieur le premier ministre Bonjour. On parle beaucoup de crise financière à New-York. Est-ce que vous redoutez les conséquences de cette crise financière sur votre pays ?

Ahmed Tidiane Souaré, premier ministre :Bonjour !J’étais avec le directeur général du fonds monétaire international à Washington, et il disait que la crise financière actuelle aux USA n’aura pas de répercussions directes sur nos économies, donc nous avons d’autres préoccupations.

Vous ne craignez pas que cette crise financière ait des répercussions sur le montant de l’aide au développement ?

Je ne pense pas qu’il y ait une corrélation directe entre ces montants investis à l’interne dans l’économie américaine et les montants dévoués à l’aide au développement.

A propos de la banque mondiale, comment vous avez accueilli, en tant que premier ministre, les accusations qui ont été faites par la banque mondiale sur la Guinée notamment sur son secteur minier où la Banque mondiale dénonce la corruption qui règne dans ce secteur ?

Je dois dire que j’ai été très surpris par ce jugement de la banque mondiale sur le secteur minier guinéen, puisque depuis deux ou trois ans, nous sommes en relation (Ndlr : avec la Banque mondiale) pour travailler, assainir les contrats miniers. Et en ma connaissance, il n’y a pas eu de nouveaux contrats, nous sommes attelés à assainir plutôt les contrats en cours. Donc je suis particulièrement surpris par ce jugement.

Quand vous dites assainir les contrats miniers, ca implique que ces contrats, n’ont peut-être pas été pas faits dans la plus grande transparence ?

Vous savez que les contrats miniers ont été négociés dans des circonstances données. Le monde bouge, les circonstances aussi. Il est question de revisiter toutes ces conventions pour essayer d’accroitre les revenus miniers de la Guinée. Naturellement, en tant que spécialiste du domaine, pour mémoire j’ai été ministre des mines et de la géologie, donc, certains contrats ont été faits par moi-même. Je n’ai pas d’état d’âme de les revisiter selon les règles de l’art tout en évitant l’autre piège qui consiste à décourager les investissements miniers en Guinée.

Alors, à propos d’investissements miniers, où en est-on de ce gros investissement que le groupe Rio Tinto va faire sur une mine de fer. Est-ce que ce contrat va être revisité ?

Nous sommes un peu fâchés avec Rio Tinto ces derniers temps. Nous avons le sentiment que cette société n’a pas respecté tous les engagements pris dans le cadre du contrat. On a même l’impression qu’elle procède à ce qu’il est convenu d’appeler le gel des ressources qui nous amène à nous mettre autour de la table avec cette société pour clarifier les règles du jeu.

Monsieur le premier ministre les populations guinéennes notamment celles de Conakry est impatiente. Il n’y a plus d’électricité, plus d’eau dans certains quartiers de la capitale. Que pouvez-vous faire dans ce secteur ?

Je comprends parfaitement l’impatience des populations citadines. Avec elles je crois que c’est inadmissible qu’au jour d’aujourd’hui, avec les ressources dont dispose le pays que la capitale ne soit pas éclairée et que les citoyens n’aient pas droit à l’eau potable. Nous traînons ce problème depuis de longues années. Pour le résoudre, il faut un dispositif puissant notamment en matière financière.

Est-ce que vous ĂŞtes en mesure de donner un calendrier ?

Un calendrier ? Bon approximativement, nous disons que pour le moment, il est question de trouver suffisamment de mazout pour faire tourner le parc de groupe électrogènes qui sont dans la capitale.Ca permettra d’améliorer sensiblement la desserte, ca va pas couvrir tous les besoins c’est sûr. Dans une deuxième phase, nous allons procéder à la construction de centrales thermiques. Nous avons déjà négocié une centrale avec la Chine ; le financement est obtenu, la construction devrait être lancée dans les prochaines semaines.

Monsieur le premier ministre, des élections doivent être organisées en Guinée. Est-ce que le calendrier va être respecté ?

Tenir le délai, c’est une question à la quelle tous les acteurs vont répondre. Ce que je peux faire, c’est que dans les prochains jours, on va organiser une réunion de tous les acteurs pour faire une évaluation mi-parcours de ce qui est déjà obtenu dans l’organisation, par rapport à cela, retenir le délai définitif pour la tenue de ces élections. L’important est que chacun de nous joue sa partition.

Dernière question, un peu personnelle, depuis quelques années, l’espérance de vie d’un premier ministre n’a pas dépassé 18 mois. Est-ce que vous estimez, compte tenu de vos relations avec le président Conté, que vous allez pouvoir battre ce record ?

Ce n’est pas une préoccupation pour moi. L’important est que chaque jour qui passe, que je sois locataire de la primature, que je pose un acte en conformité avec la construction du chantier « Guinée »

Entretien réalisé par Jean-Karim Fall
Source :RFI


  Rubrique: Interview  date: 25-Sep-2008 ŕ 15:18:17  Partager:   :

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