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Mohamed Lemine Ould Dadde, commissaire mauritanien aux droits de l'Homme:"Nous ne céderons jamais au


[IMG1]Une semaine après l' attaque terroriste revendiquée par Al-Qaïda sur son territoire,le nouveau gouvernement mauritanien veut rassurer la communauté internationale sur sa volonté d'éradiquer le terrorisme.Nous avons rencontré le commissaire mauritanien aux droits de l'Homme , à l'action humanitaire et aux relations avec la société civile, Mohamed Lemine Ould Dadde.Dans cet entretien qu'il nous a accordé, le commissaire mauritanien revient sur les motifs de la détention de l'ancien président Ould Abedellahi,la situation des droits de l'Homme en Mauritanie et surtout sur la volonté de son gouvernement de lutter contre le terrorisme. Exclusif!!!

Africaguinee.com:La communauté internationale a unanimement condamné la prise du pouvoir le 6 août dernier par la junte militaire du Général Ould Abdelaziz. Quelles garanties le nouveau gouvernement mauritanien apporte-t-il pour protéger les droits de l’Homme dans votre pays ?

Le commissaire Mohamed Lemine Ould Dadde:D’abord la condamnation de la communauté internationale est une condamnation de principe que nous comprenons. Mais ce qui s’est passé en Mauritanie n’est pas un coup d’Etat. C’est un changement de parcours pour préserver la démocratie. C'est-à-dire que les institutions sont encore maintenues ; le parlement fonctionne, tout comme le sénat et les conseils municipaux. C’est donc, tout simplement, la destitution d’un président qui a voulu s’accaparer de tous les pouvoirs et bloquer toute issue de partage de pouvoir entre l’exécutif et le législatif. Pour ce qui est du respect des droits de l’Homme en Mauritanie, je pense et j’en suis certain, que le respect des droits de l’^Homme dans notre pays est un modèle. A la fois pour ce qui est de la liberté de presse, la liberté d’association et la prise en charge de tous les problèmes spécifiques notamment les droits de la femme, de l’enfant, au regroupement ethnique. L’ensemble des droits de l’Homme est pris en considération et c’est une priorité de notre gouvernement.

Malgré les promesses faites, le Général Ould Abdel Aziz, l’ancien président Cheikh Abdellahi est toujours détenu à Nouakchott. Pourquoi est-il toujours retenu par la junte ?

L’ex président Cheik Ould Abdellahi n’est pas détenu au sens de prisonnier. Il est en résidence surveillée ; il vit dans une grande villa avec tout ce que cela comporte. Il a accès à la radio, la télévision, la visite des responsables internationaux, les délégués de la communauté internationale l’ont rencontré et ils ont témoigné du bon respect de la personne.Maintenant quand le haut conseil d’Etat qui a pris le pouvoir du président en Mauritanie, il est entrain de s’atteler pour l’organisation libre et démocratique, dans un délai très court, des élections présidentielles. Pour ce qui est des droits de l’Homme dans notre pays, je peux vous garantir qu’ils sont assurés.[IMG2]

Est-ce que cette mise en résidence surveillée n’est pas une atteinte à la liberté individuelle de l’ancien président ?

Pas du tout ! L’ancien président a failli amener le pays dans une dérive et il a bloqué lui-même les institutions et sa mise résidence surveillée est une chose normale pour éviter tout problème à la Mauritanie.

Est-ce que la junte militaire au pouvoir compte poursuivre en justice l’ancien président Abdellahi ?

Ce n’est pas le rôle du haut conseil de trancher sur cette question. C’est à la justice mauritanienne, à la haute cour de justice qui vient d’être constituée et que l’ancien président empêchait de fonctionner, qui peut statuer sur son cas. Personnellement, je ne peux rien vous dire si cette haute cour va poursuivre l’ancien président ou pas. C’est un citoyen comme les autres, s’il a commis des actes, il répondra de ses actes, mais pour l’instant c’est à la justice de faire son travail. Je vous rappelle que la justice est indépendante par rapport à l’exécutif, par rapport au législatif..Nous sommes dans un pays de droit, et notre démocratie est un modèle en Afrique et dans le monde Arabe.

Plusieurs ONG accusent justement la Mauritanie de tolérer les pratiques de l’esclavage dans certaines régions du pays. Que répondez-vous à ces accusations ?

Je dirais d’abord que je suis l’un des militants des ONG des droits de l’Homme qui ont combattu l’esclavage en Mauritanie. L’esclavage dans notre pays était une pratique ancestrale comme ce qui se passe dans toutes les communautés arabo-africaines. Ce n’est donc pas un phénomène nouveau ! Mais nous les mauritaniens, nous avons eu le courage de dénoncer ces pratiques contrairement à d’autres qui n’ont pas eu ce courage. Nous luttons contre l’esclavage dans notre pays sous toutes ces formes et nous allons y arriver.

Votre pays est aussi la cible de plusieurs groupes terroristes dont le groupe Al-QaĂŻda au Maghreb Islamique. Quelles sont les mesures prises par le nouveau gouvernement mauritanien pour lutter contre le terrorisme dans votre pays ?

Le terrorisme est un problème global qui menace la planète. Avec le terrorisme, vous n’avez pas d’interlocuteurs .Ce sont des groupuscules qui se déplacent et qui attaquent les Etats et les individus. Nos dispositions sont d’abord de faire appel à la communauté internationale pour unir et mutualiser toutes nos forces pour pouvoir combattre ce genre de pratique, y compris nos frères africains, nos frères arabes et nos amis dans le monde.Nous n’épargnerons aucun effort pour combattre ce phénomène et nous ne céderons jamais aux menaces terroristes. Nous avons la volonté de les combattre et nous faisons appel à la communauté internationale pour comprendre avec nous ce phénomène et le combattre de manière radicale. Je pense que le terrorisme menace aussi toute la sous région, et il faut que les Etats se mettent ensemble pour mettre un front pour lutter contre le terrorisme, pour l’éradiquer. Cela permettrait de proposer des solutions aux populations qui sont victimes de ces groupes terroristes.

Pour terminer, vous êtes à Genève à l’occasion de la 9ème session du conseil des droits de l’Homme. Avez-vous un message pour la communauté internationale par rapport à la situation en Mauritanie ?

Mon appel à la communauté internationale, c’est d’abord de leur dire que chaque pays doit être compris dans sa spécificité et qu’il doit être aidé pour la démocratie et le respect des droits humains partout. Il faut que nous ayons des objectifs clairs pour le respect de la personne humaine dans ses choix dans, ses pratiques et dans ce qu’elle peut être en elle-même, tout en respectant l’autre. C’est ce message que j’ai envie de passer à la communauté internationale. Notre diversité, c’est notre richesse et notre planète a besoin d’être respectée et pour cela, il faut que les Hommes qui y vivent soient respectés.

Interview réalisée par Mamadou Kaba Souaré
Depuis Genève
Pour Africaguinee.com





  Rubrique: Interview  date: 21-Sep-2008 ŕ 16:29:20  Partager:   :

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