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Mme Germaine Manguet, ministre des affaires sociales:" Mon département à la lourde charge de mener l


[IMG1]Restaurer les droits des femmes , protéger les enfants en Guinée, c'est la mission que s'est fixée la ministre des affaires sociales, de la promotion féminine et de l'enfance,Mme Germaine Manguet.Notre reporter l'a rencontré à l'occasion de la commémoration de la journée nationale de la femme guinéenne, célébrée ce 27 août en Guinée...

Horoya : La journée nationale de la femme de guinée est un évènement majeur .Il serait utile de la camper à l’intention de nos lecteurs.

Mme Germaine Manguet : Le 27 août est la date anniversaire de la révolte, en 1977, des femmes vendeuses du marché de Madina contre les exactions de la police économique instaurée par les autorités de la première République. Depuis 1985, cette date donne lieu, sur toute l’étendue du territoire national, à d’importantes manifestations autour des préoccupations relatives aux droits économiques, politiques et socioculturels de la femme guinéenne. A l’occasion, les départements ministériels et l’ensemble des acteurs du secteur rivalisent en mobilisation et en initiatives pour interpeller l’opinion nationale et internationale sur la nécessité de prendre en compte les nombreux problèmes qui assaillent le vécu quotidien des femmes.

Quelles sont les dispositions spécifiques envisagées cette année ?

La célébration du 27 août 2008 est placée autour du thème « Femme-qualité de vie et parité ».Le choix de ce thème se justifie par la conjoncture nationale et internationale particulièrement difficile à cause de la flambée des prix du pétrole et la crise alimentaire aiguë qui affectent dangereusement les conditions de vie des populations les plus démunies, en particulier les femmes et les enfants. En termes de dispositions spécifiques envisagées, les activités suivantes ont été inscrites au programme des manifestations : L’organisation d’un atelier d’aménagement et de validation des textes réglementaires du conseil guinéen des femmes (COGUIFEM) ; L’organisation d’un Gala pour la levée de fonds en faveur des associations et groupements de femmes rurales, urbaines et péri urbaines ; L’organisation d’une journée de plaidoyer en faveur des droits fondamentaux de la femme (code civil révisé. Loi sur la parité. Protocole additionnel à la charité africaine des droits de l’homme et des peuples, relatif aux droits de la femme) et le respect du quota pour la représentativité des femmes aux postes de décisions ; L’organisation à N’Zérékoré d’un atelier de partage et d’appropriation du programme conjoint UNFPA/UNICEF sur les mutilations génitales féminines/excision ; L’organisation d’un atelier d’élaboration du plan d’action national de mise en œuvre de la résolution 1325 du conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité.

Les termes genre et équité sont très à la mode actuellement. Qu’en est il de nos jours ?

Loin d’être une simple question de mode, l’usage récurrent des vocables genre et équité résulte du constat déplorable de la non application effective du contenu des instruments juridiques nationaux et internationaux relatifs à l’exercice des droits humains qui prônent une égalité entre l’homme et la femme dans toutes les sphère d’activités de la vie. Déclaration universelle des droits de l’homme. Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard de la femme (CEDEF). Codes civil et pénal guinéen. Loi fondamentale. Dans notre pays, cette situation est illustrée par les comportements discriminatoires dont sont victimes les femmes qui pourtant, constituent plus de 52% de notre effectif démographique national. Pour pallier à cette distorsion, le département des affaires sociales, de la promotion féminine et de l’enfance a élaboré, dans le cadre de la mise en œuvre de sa politique, des stratégies, des projets et programmes qui tiennent compte de ce constat et qui ont comme objectif de réduire ces inégalités et ces iniquités dont souffrent les femmes – Programme cadre genre et développement (PCGeD), programme promotion du genre/PNUD. Programme renforcement des capacités des organisations féminines nationales, programme triennal d’alphabétisation des femmes (PTAF).

Dans notre pays la pauvreté frappe de plein fouet les ménages. Quelles sont, selon vous, les mesures susceptibles de nous sortir de cet état de fait ?

L’une des stratégies mises en place pour réduire la pauvreté qui frappe l’ensemble de nos populations et singulièrement les femmes, repose fondamentalement sur la transversalité des actions qui impliquent la prise en compte, par l’ensemble des politiques sectorielles des préoccupations liées à l’émergence d’une économie forte basée sur la relance du secteur agricole qui concerne près de 80% de la population. En effet, mon Département reste convaincu qu’une véritable relance du secteur agricole basée sur une organisation et une structuration du monde rural aura un effet d’entraînement évident sur une frange important de la population guinéenne y compris donc les femmes.

Nombre d’enfants guinéens subissent encore de mauvais traitements et font même l’objet de marchandage. Quels commentaires pouvez-vous en faire ?

Notre pays, en tant qu’Etat partie à la Convention relative aux droits de l’enfant, accorde une attention particulière aux principes de développement de protection, de survie et de participation des moins de 18 ans. Dans cette perspective, mon Département en collaboration avec l’Unicef et d’autres partenaires du secteur, s’emploie activement à la mise en œuvre du Plan d’action du comité national de lutte contre la traite des enfants. A cet effet, nous participons régulièrement aux rencontres sous régionales, régionales et internationales visant à élaborer des stratégies et engager des actions vigoureuses pour endiguer le fléau que constitue la traite des enfants. Sur la même lancée, beaucoup d’initiatives et d’activités sont en cours d’exécution à l’effet d’éradiquer la maltraitance et toutes les formes de violences faites aux enfants, notamment les enfants domestiques, les vendeuses à la criée, les enfants travailleurs, ceux en conflit avec la loi, les enfants handicapés et autres enfants ayant besoin de mesures spéciales de protection. Mon département à la lourde charge de mener la politique sociale du gouvernement et comme vous le savez, il n’y a pas de paix ni de développement économique sans justice sociale. C’est pourquoi, j’invite tous les partenaires, nationaux et internationaux, à apporter à ce département tout le soutien et l’appui nécessaire à la mise en œuvre de cette politique. C’est dire que nous attendons de chacun et de tous des efforts et des moyens en direction d’une politique du vieillissement, de la protection sociale, de lutte contre l’analphabétisme féminin, de protection de l’enfance ; d’une meilleure représentation au niveau de concentré etc…

Propos recueillis par
Ousmane Niang
Source:Horoya

  Rubrique: Interview  date: 27-Aug-2008 ŕ 13:01:41  Partager:   :

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