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Quand le gouvernement veut affamer le peuple...
[IMG1]Lors du dernier conseil des ministres, le gouvernement guinéen a exprimé son intention de lever l’interdiction d’exporter les produits agricoles et halieutiques. Une intention qui suscite des interrogations sur la volonté de l’équipe d’Ahmed Tidiane Souaré de lutter contre la vie chère qui touche les populations guinéennes. Bien entendu, derrière ce discours gouvernemental, plusieurs signes montrent le décalage entre les intentions de nos (nouveaux) ministres et la volonté des populations de sortir de la misère. Voyons de plus près…
Primo, deux mois « décisifs » s’annoncent pour les guinéens dans leur lutte pour la survie. D’abord le mois d’août qui arrive, sonne l’apogée de la période de « soudure » en Guinée.A l’intérieur du pays, les greniers sont désespérément vides et la menace de famine rode. A Conakry, le système « D » est de rigueur pour trouver les trois repas quotidiens, qui sont devenus un luxe dans certaines familles. Ensuite, le mois de septembre s’annonce déjà avec le carême musulman (Et oui, l’heure de la disette à sonner !).Un mois de pénitences, de prières et de….soucis ! Inutile de rappeler que c’est le moment idéal pour nos commerçants (ou mécréants) d’augmenter leurs prix ! Tans pis pour les pauvres, pourvu que nos ministres (grassouillets) et l’armée de commerçants qui gravitent autours de nos « petits chefs » fassent les bonnes affaires, sur le dos des citoyens ! Certes les guinéens ont appris à observer au lieu d’applaudir nos (grosses) huiles qui trônent sur nos ministères. Mais la faim s’annonce comme un moyen sûr, pour nos citoyens de découvrir le vrai visage de nos dirigeants. Et ca peut coûter cher à nos « petits chefs ».
Secundo, le contexte international est plutôt orageux ces derniers temps. Avec la montée du prix du pétrole qui tutoie les 125 dollars le baril, c’est le sauve qui peut dans les pays du sud. Bien entendu, notre Guinée va s’illustrer aux antipodes des politiques visant à soulager les populations locales face à la crise .Quand on sait qu’une augmentation du prix du carburant à la pompe est immédiatement répercutée sur le prix des denrées de première nécessité, on comprend mieux le « danger » que représente une levée des exportations des produits locaux. Au moment où nos voisins cherchent à protéger leurs marchés intérieurs pour éviter la disette, nos chefs préfèrent soulager nos « mécréants » qui préfèrent vendre chez nos voisins pour quelques billets du franc CFA comme profits ! Mais ça peut coûter cher à nos « petits chefs » !
Tertio, la levée de l’interdiction d’exporter les produits agricoles et halieutiques s’annonce comme un excellent moyen pour le gouvernement d’Ahmed Tidiane Souaré de s’éloigner des fameux accords tripartites du 27 janvier 2007.Et l’argument de la nouvelle équipe gouvernementale ne s’est fait attendre comme le souligne le dernier communiqué du conseil des ministres du 24 juillet dernier: « Cet accord n'est plus formellement en vigueur. Ensuite, il est en porte-à -faux avec le protocole d’accord de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) dans lequel il est fait état de la libre circulation des biens et des personnes ».
Si les accords tripartites du 27 janvier étaient « sâcrés » pour garantir une légitimité à son prédécesseur (l’ex PM Lansana Kouyaté),l’équipe d’Ahmed Tidiane Souaré veut garantir son indépendance , en se libérant des « chaînes » de ces accords. Une politique légitime certes, mais qui risque de fâcher les acteurs de la société civile, en particulier les syndicats qui défendent bec et ongles ces accords. D’ailleurs, le round d’observation a pris fin entre le gouvernement et les syndicats dès l’annonce de l’intention du gouvernement de lever l’interdiction sur les exportations des produits agricoles et halieutiques. A l’inter centrale syndicale, le cri de colère est à peine voilé face aux manœuvres du « Docteur « de la primature : "Ces accords restent valables jusqu'à preuve de contraire (...) Les populations ne sont pas correctement ravitaillées et les prix ne font que flamber sur le marché local. Dans ces conditions, il n'est pas question d'abroger la loi qui interdit l'exportation des produits", a souligné mardi dernier le secrétaire général du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLEG), Louis M’bemba Soumah. Ainsi, le divorce semble consommé entre les syndicats et le gouvernement d’Ahmed Tidiane Souaré. Un divorce qui risque de provoquer la grogne parmi les travailleurs, qui ne savent plus à quel saint se vouer. Et ça peut coûter cher à nos « petits chefs » !
Deux mois après la nomination de la nouvelle équipe gouvernementale d’Ahmed Tidiane Souaré, les guinéens attendent le « test » de la famine dans les prochains mois. Un test orchestré par le gouvernement mais dont l’issu est aussi imprévisible que risqué pour nos chefs .En affichant ses intentions de s’éloigner des accords du 27 janvier, le gouvernement d’Ahmed Tidiane Souaré devient donc une cible pour les syndicats, qui avaient misés sur « l’observation » et non sur « l’action ».Quand aux populations guinéennes, l’heure de la disette a sonné , seuls les débrouillards survivront. Et les conséquences d’une grogne populaire risquent de mettre à genoux le régime Conté. Mais ceci est une autre histoire. A la semaine prochaine !!!
Amadou Diallo
Conakry-Guinée
Pour Africaguinee.com
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  Rubrique: Coup de gueule  date: 30-Jul-2008 ŕ 11:48:08  Partager:   :  |
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