[IMG1] Elle fait la une de tous les journaux.Elle incarne la bravoure et son nom fait trembler les autorités guinéennes.Hadja Rabitaou Sérah Diallo du CNTG, revient ici sur les incident de mercredi à Conakry...
Pourquoi la marche de ce mercredi qui a échauffé la capitale guinéenne ?
Hadja Rabiatou : Nous l'avons organisé parce que nous sommes convaincus que le message lu hier soir par le président de l'Assemblée ne vient pas du président Conté...On ne faisait donc pas confiance parce que le chef de l'Etat nous avait dit qu'il étudiait le document que nous lui avons déposé. Le président nous avait dit qu'il ferait appel à nous aprÚs l'étude des différentes propositions. Pourqu'on discute de certains points.
Nous Ă©tions dans cette attente quand nous avons appris que le gouvernement veut faire reprendre le travail. Ce qui est anormal parce que celui qui a lancĂ© l'avis de grĂšve doit ĂȘtre le seul Ă demander la reprise du travail. Alors, hier nous avons pris la dĂ©cision d'aller dĂ©poser le document que nous avons fait Ă l'intention du prĂ©sident de l'AssemblĂ©e nationale en lui rappelant certains articles de la Loi fondamentale et quel doit ĂȘtre son rĂŽle dans de pareilles situations. Donc, on a voulu accompagner ce document en marchant. Une marche pacifique sans casse, sans rien.
Alors est-ce qui s'est passé pour que cette marche tourne à la violence ?
On a marchĂ© jusqu'au niveau de Yenguema et quelques instants aprĂšs, nous avons vu des chars et de camions militaires devant nous. On Ă©tait vraiment satisfaits parce que pour nous c'Ă©tait une marche pacifique qui Ă©tait encadrĂ©e. Mais je crois entre temps que les forces de l'ordre ont reçu des instructions de tirer sur nous. Et elles ont tirĂ© sur nous et lancĂ© des gaz lacrymogĂšnes. C'est ce qui m'a beaucoup fatiguĂ©. Ătant malade, je n'ai pas pu supporter et je suis tombĂ©e au beau milieu de la rue. Les camarades sont venus me prendre et je me suis blessĂ©e lĂ©gĂšrement Ă la cuisse.
La croix rouge m'a porté secours et nous sommes allées au Palais du peuple. J'ai aussi une entorse et je respirais difficilement.
AprĂšs vous ĂȘtes allĂ©s rencontrer le prĂ©sident de l'AssemblĂ©e nationale. Qu'est-ce que vous avez dit Ă Aboubacar SomparĂ© ?
Nous sommes allĂ©s Ă l'AssemblĂ©e dans l'interĂȘt de dire au prĂ©sident de m'achever. Je prĂ©fĂ©rerai qu'on me tue que de tirer sur les travailleurs et les pauvres jeunes. LĂ , nous avons dit Ă SomparĂ© que nous ne bougeons pas sans la libĂ©ration de huit de nos camarades arrĂȘtĂ©s par les forces de l'ordre. Heureusement qu'ils ont Ă©tĂ© libĂ©rĂ©s. Et nous sommes revenus Ă la Bourse du travail.
D'autres incindents vous attendaient Ă la Bourse du travail ?
Nous sommes revenus Ă la Bourse du travail oĂč une impressionnante foule nous attendait. Nous avons Ă©te surpris de voir les antigangs tirĂ©s encore sur la foule avec les balles rĂ©elles. Ils ont tirĂ© et cassĂ© le vitres de la Bourse du travail lorque nous Ă©tions Ă l'intĂ©rieur des locaux. Donc, ils ont mis les canaux vers la Bourse du travail. Nous avons ramassĂ© les tubes des balles rĂ©elles. Tout est cassĂ© avec les balles. Cette attitude est encore une preuve que le gouvernement est prĂȘt Ă faire rĂ©volter les GuinĂ©ens. Nous refusons d'aller Ă la prĂ©sidence oĂč le prĂ©sident ContĂ© nous attendrait.
Qu'est-ce que vous comptez faire maintenant ?
La solution à cette grÚve se trouve dans les mains du président Conté et les institutions républicaines. Nous avons fait des propositions. C'est au président Conté de nous prendre au sérieux parce que nous avons constaté que le chef de l'Etat est incapable de diriger le pays à cause de sa maladie. Nous continuerons le combat jusqu'à l'entiÚre satisfaction de ces points de revendications.
Le mouvenent continue et Ă l'heure oĂč je vous parle Mamou, Kankan, Fria, LabĂ©, N'ZĂ©rĂ©korĂ©, Pita, Kindia etc. ont fait aussi leur marche. Je viens d'apprendre d'ailleurs que la secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale de l'union locale de Pita est elle aussi Ă l'hĂŽpital Ignace Deen de Conakry.
Propos receuillis par Maséco Condé
Depuis Conakry-Guinée
Source:Le diplomate |
  Rubrique: Interview  date: 18-Jan-2007 à 00:00:00  Partager:   :  |