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Burkina: le président ivoirien entame une visite d'Etat de trois jours


[IMG1]Le président ivoirien Laurent Gbagbo entame dimanche une visite d'Etat de trois jours au Burkina Faso, qui symbolise le net réchauffement des relations entre les deux pays voisins, après de vives tensions au début des années 2000.

Cette visite historique, la première de ce type du chef de l'Etat ivoirien au Burkina depuis son arrivée au pouvoir il y a 8 ans, intervient à un moment crucial dans le processus de paix ivoirien, qui doit culminer avec une élection présidentielle fixée au 30 novembre après plusieurs reports.

"Le conflit entre les deux chefs d'Etat (Blaise Compaoré et Laurent Gbagbo) ne pouvait pas perdurer", indique à l'AFP Newton Ahmed Barry, rédacteur en chef du bimensuel L'Evénement, très critique vis-à-vis du régime burkinabè.

Au plus fort de la rébellion politico-militaire déclenchée en septembre 2002 en Côte d'Ivoire, qui a coupé le pays en deux - le sud loyaliste et le nord sous contrôle de la rébellion des Forces nouvelles (FN) - Abidjan avait accusé le Burkina Faso de soutenir les rebelles.

De son côté, Ouagadougou affirmait que les autorités ivoiriennes avaient soutenu un projet de coup d'Etat éventé en octobre 2003 pour lequel sept militaires ont été condamnés en avril 2004.

"La Côte d'Ivoire a besoin du Burkina Faso pour son essor économique et le Burkina est contraint d'entretenir de bonnes relations avec ce pays voisin, ne serait-ce qu'à cause de la forte diaspora burkinabè qui y vit", estimée à près de 4 millions de personnes, poursuit le journaliste. "Cette visite indique que la brouille entre les deux chefs d'Etat s'est dissipée. C'est de la realpolitik", souligne-t-il.

Président en exercice de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao, 15 pays), M. Compaoré a même été désigné en février 2007 "facilitateur" du dialogue inter-ivoirien. Et il a obtenu le 4 mars 2007 la signature d'un accord politique par le président Gbagbo et le chef des FN, Guillaume Soro, devenu depuis Premier ministre de Côte d'Ivoire.

En tant que "facilitateur", le président Compaoré peut arbitrer, selon l'accord de Ouagadougou, un éventuel litige sur son interprétation ou sa mise en oeuvre.

Un projet, vivement contesté par l'opposition, du président Gbagbo de remanier le gouvernement, à seulement quatre mois de la présidentielle, devrait d'ailleurs figurer à l'ordre du jour des discussions entre les deux hommes, tout comme les autres difficultés liées au processus de paix. Le chef de l'Etat ivoirien a récemment déclaré qu'il ne voulait plus continuer avec le gouvernement de transition constitué peu après la signature en mars 2007 de l'accord de paix de Ouagadougou.

Avant son départ mardi soir, M. Gbagbo se rendra à Ziniaré, le village natal du président Compaoré mais surtout, selon le quotidien indépendant Le Pays, le président ivoirien prononcera un discours lundi devant les députés. Il deviendrait ainsi le troisième chef d'Etat étranger à faire une telle déclaration devant la représentation nationale.

"C'est le signe d'une extrême considération pour une personnalité étrangère", relève le journal en souhaitant un "Akwaba (bienvenue dans la langue du groupe Akan, un des principaux groupes ethniques de la Côte d'Ivoire), Laurent Gbagbo!".

Source:AFP
Africaguinee.com

  Rubrique: News Afrique  date: 27-Jul-2008 ŕ 15:33:06  Partager:   :

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