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Violences, criminalité en Guinée : Jean Marie Doré donne son point de vue…

CONAKRY- La recrudescence du banditisme et de la criminalité à Conakry ainsi que ses environs ne laisse personne indifférent ! Le leader de l’Union pour le Progrès de la Guinée (UPG) que nous avons interrogé sur ce sujet a fait une analyse profonde de ce phénomène et préconise des solutions, a constaté Africaguinee.com.
Voici la lecture que fait l’ancien Premier ministre sous la transition sur le fléau qui mine et terrorise la société guinéenne.
« Comme tout guinéen, je déplore cette spirale de violence qui fait chaque jour que Dieu fait un ou plusieurs morts. Cela est dû selon moi à beaucoup de facteurs qui, selon moi, doivent être analysés sur multiples plans notamment sociologiques, économiques. Et il faut emprunter à des facteurs indépendants de la volonté des guinéens : l’influence culturelle étrangère. Sociologiquement vous connaissez le caractère des populations de la capitale. Dans un pays normal même les éléments de la migration interne doivent être contrôlés. Mais personne n’est contrôlé aujourd’hui. Au moment où je vous parle je ne serais pas offusqué que certains me contredise avec des arguments, mais la police ne connait pas le nombre exact des migrants interne. A plus forte raison les localiser dans les cinq communes. Est-ce que les évadés des prisons de l’intérieur ne viennent pas ici ? Je ne sais pas ! Mais comme on n’analyse pas le faisceau social, il est très difficile de rechercher un bandit ou des bandits qui vivent côte à côte avec des honnêtes gens.
Donc à cette configuration de l’organisation sociale, vient s’ajouter un fait qui frappe chaque foyer guinéen : la désorganisation de l’Economie, le manque d’emploi qui met dans la rue des jeunes gens de 19 à 40 ans dans le désespoir de la vie de la rue. La vie est intense entre ces deux pôles que j’ai indiqués. Un jeune qui voudrait avoir une voiture, une maison, à trente ans, il n’a aucune perspective, graduellement, il sombre dans la nostalgie de cette vie entrevue mais qui ne sera jamais réalisée. Ça alimente aussi la chronique criminelle.
Mais le défaut de notre administration, on aime les effets de surface, un problème comme la criminalité a une cause. Il faut dépouiller tous les facteurs qui entrent en jeu pour voir quel est celui qui est déterminant et qui conduit par un effet de contagion, à un effet de domino à l’acte qui consiste soit à utiliser le poignard, soit à utiliser le pistolet ou bien le fusil pour tirer. Ça ne vient pas comme ça ! Il y a une raison.
Les fait sont multiples, on dit aux populations de participer à la localisation des bandits. Mais il faut d’abord que les policiers soient bien formés. La génération des policiers formés jusque dans les années ‘’90’’, c’était des professionnels. On peut dire qu’il y avait parmi eux même des limiers qui partaient d’un fait déterminé de l’emprunte digital jusqu’à débusquer le criminel. Mais aujourd’hui, il n’y a pas d’enquête et un fait dramatique apparemment anodin mais dramatique est là . Quand un citoyen porte plainte à la police, on lui dit : ‘’oui mais il faut amener le prix du carburant’’. Donc ça incrimine la responsabilité de l’Etat parce que c’est l’Etat qui doit mettre à la disposition de la police des moyens d’investigation. Ce n’est le rôle du citoyen de payer le mobilier du policier. Quand le policier est sollicité par un justiciable, il doit se mobiliser pour se mettre à la disposition du citoyen jusqu’à ce qu’on trouve le criminel. Il y a plusieurs choses comme ça : la faiblesse de l’Etat, les policiers qui ont pris des mauvaises habitudes (...).
Donc, il faut que l’Etat adopte une attitude pédagogique et même didactique. Il faut vraiment former le policier à la tâche d’assurer la sécurité du citoyen. Pouvoir déterminer la cause de l’inquiétude du citoyen, du dommage que subi le citoyen, sinon ce n’est pas une police. Le policier n’a pas le droit de tendre la main à citoyen.
Je pense que c’est à moyen terme qu’il faut résoudre le problème de l’insécurité. Ce n’est pas à court terme parce que les habitudes sont généralement installées et elles sont mauvaises. Il y a le comportement même du citoyen qui tombe dans le travers de la corruption. Le policer tend la main, on lui donne l’argent. Celui qui donne et celui reçoit sont tous en faute. Donc à mon avis, l’Etat doit commencer par former les policiers en terme exhaustif, en terme qualitatif et en terme quantitatif. Il faut y mettre les moyens de notre politique de sécurité, mais aussi insister sur la moralisation du comportement des agents de la profession. Il faut apprendre aux agents qui acceptent d’aller dans les écoles de police que c’est un véritable sacerdoce que d’accepter d’être au service de la communauté quand nous dormons dans nos maisons et lui il veille.
Je suis pour un Etat qui fonctionne avec des agents, il faut une bonne armée, une bonne police, une bonne gendarmerie et de bons douaniers. Ils doivent être mis dans des conditions telles que s’ils commettent une faute, ils doivent être sanctionnés sans état d’âme. Cela suppose que l’Etat doit payer correctement les policiers. Il faut donc que les agents de la force publique soient pris en charge par l’Etat de manière significative et de qualité, de telle manière que s’ils commettent cette forfaiture qu’on puisse le frapper sans état d’âme.
Privilégier d’armer la police avec de nouvelles armes sans avoir résolu le problème de la déontologie, de la formation et l’élément de désintéressement du policier, c’est armer de plus les bandits. Aussi, il y a au bout de la chaine il y a la justice. Si les policiers et gendarmes arrêtent les bandits, les malfrats et que le juge appliquant soit extensivement pour favoriser le délinquant, soit restrictivement pour le contraindre par laxisme, ça encourage les autres. On dit aujourd’hui ‘’on peut voler parce qu’à la prison il suffit de glisser quelques millions aux agents de prisons pour qu’ils vous laissent partir’’.
Donc le problème a deux bouts, il y a celui d’assurer la sécurité, de garantir la sanction de ceux qui violent les lois sur la sécurité et que les juges ne vendent plus les procès ! Parce que tout le monde parle de paix civile. Je l’entends souvent et ça m’énerve. Cette paix est impossible sans la justice. On ne peut pas faire la paix sans la justice (…) donc ici il faut épargner à la société d’avoir à douter de sa police, d’avoir à douter de ses juges.
Diallo Boubacar 1
Pour Africaguinee.com
Tel : (00224) 664 93 51 32
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  Rubrique: Politique  date: 04-Dec-2013 à 20:28:37  Partager:   :  |
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