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Grande interview : Mohamed Touré du PDG-RDA se prononce…

CONAKRY- “ Nous regrettons très sincèrement l’irresponsabilité de cette cour suprême“ ! C’est en ces termes le secrétaire général du parti “PDG-RDA“, Mohamed Touré, a analysé la décision de la cour suprême de se qualifier “incompétente“ de se prononcer sur un certain nombre de recours introduits par les partis politiques.
Dans une interview qu’il a accordée à notre rédaction, le leader du Parti Démocratique de Guinée s’est aussi prononcé sur la position de sa formation politique et son appréciation sur le déroulement du scrutin législatif du 28 septembre dernier…Exclusif !
AFRICAGUINEE.COM : Bonjour M. Touré !
MOHAMED TOURE : oui bonjour !
AFRICAGUINEE.COM : La cour suprême a rendu publics les résultats définitifs du scrutin législatif du 28 septembre dernier. En tant que leader politique ayant pris part à ce rendez-vous électoral, quelles sont vos appréciations par rapport à cette décision ?
MOHAMED TOURE : effectivement comme vous le dites, la cour suprême a rendu son arrêt définitif par rapport à l’appréciation des résultats provisoires que la commission électorale nationale indépendante (CENI) lui a communiqués. Et aussi l’arrêt a concerné les différents recours que les partis politiques lui ont communiqués contestant de façon globale ou partielle les résultats provisoires produits par la CENI. Nous avons toujours défendu au Parti Démocratique de Guinée (PDG) que nous étions un parti républicain. Conscient que l’enjeu de la nation aujourd’hui et qui doit mobiliser l’ensemble des énergies, c’est l’émergence de la construction d’un Etat de droit, la cour suprême selon ce que nous sommes tous convenus et qui doit être le seul cadre qui gouverne les décisions liées à la nation qui est en fait la constitution. Celle-ci mis en place et promulguée par le président intérimaire à l’époque et qui a charge de gérer la transition, cette constitution a dit que l’arrêt de la cour suprême est définitif. Je vous dis bien que notre parti est un parti discipliné. Cette discipline, nous ne l’appliquons pas par rapport à d’autres. Quelque soit par ailleurs leur position de pouvoir. Nous nous l’appliquons à nous-mêmes. Nous acceptons pour cette raison l’arrêt de la cour.
Sur un autre plan, nous regrettons très sincèrement l’irresponsabilité de cette cour suprême. Puisqu’en définitive ce qu’elle a décidé, c’est de se déclarer incompétente. L’organe qui doit juger les juges dans notre pays, l’organe qui doit s’assurer de la marche de tout ce que nous entreprenons par rapport à un cadre constitutionnel que nous sommes tous librement dotés. Cette cour se déclare incompétente, elle ne donne aucune ouverture pour régler les conflits de contentieux qui à notre avis valent la peine d’être examinés de façon sérieuse et minutieuse. Le PDG a déposé un recours qui a été un des premiers à être acceptés par la cour suprême. Ce qui est regrettable au de là de tout, c’est ce diktat qui est imposé par l’état même des choses.
Aujourd’hui la tendance de tout le monde après tant d’années de quête pour la mise en place d’un élément essentiel qu’est le parlement, après tant de sacrifice, de manifestations, parfois justifiables, parfois non justifiables et qui ont entrainé des morts d’Hommes et de façon répétitive, nous nous trouvons tous quelque part exténués. Est-ce que le processus a été fait à dessein pour avoir ce résultat ? Nous avons tendance à le dire, ça suffit, dépassons ça et voyons comment on peut avancer en tant que nation.
Ceci est la résultante de quoi, on crée des pressions, on met quelques formations politiques dans une situation de contrainte. C’est voulu certainement et sans aucun doute. De toutes les façons cette décision de la cour suprême ouvre toutes les possibilités. Au PDG nous préférons la sérénité et une action qui permette dans un terme plus ou moins raccourcis une transformation effective de la société en utilisant nos propres efforts pour amener le peuple de Guinée à se lever ensemble par son éducation, sa formation idéologique. D’autres formations politiques emprunteront d’autres démarches, mais la question n’est pas résolue fondamentalement.
AFRICAGUINEE.COM : Selon vous qu’est-ce qui expliquerait le fait que votre formation politique, le PDG-RDA, n’ait pas eu à obtenir de siège à l’assemblée nationale ?
MOHAMED TOURE : plus d’un facteur explique le fait que nous ne soyons pas parmi ceux qui ont été énumérés. Le processus électoral pour les législatives a été trop long et a été émaillé de graves irrégularités. Un processus qui a pris trois ans et qui a donné le résultat qu’il a donné, montre les limites du système qui l’a mis en place, montre les limites de la classe politique qui a animé tout ce système électoral. Le PDG-RDA a décidé de s’engager dans ce combat électoral. Vous n’êtes pas sans savoir que dans ce contexte particulier le PDG est venu en tant que formation politique indépendante certes, mais qui appartient à un groupe politique plus grand que certains appellent la mouvance présidentielle. Dans ce contexte, nous en tant que formation politique, nous sommes toujours restés très fidèles à nos engagements d’un bout à l’autre. Mais qu’est-ce que nous avons constaté malheureusement après, c’est que nos partenaires, à trop de niveau et de façon répétitive, nos supposés alliés ont eu un comportement d’adversaire vis-à -vis de nous. Vous comprendrez que quand nous nous venons avec toute la bonne foi et que de l’autre côté pour des raisons électoralistes qui ne tiennent à rien, on se rend compte qu’enfin de compte on se demande si entre l’opposition et nos partenaires de la mouvance qui vraiment veut que le PDG continue son progrès. Depuis la désignation des gens dans les commissions administratives de révision des listes électorales (CARLE), on a commencé à comprendre que la focalisation était qu’un parti politique ramasse tout pour le groupe. Au nom de quoi ? Nous étions là , nous n’étions pas fusionnés et nous n’avons même pas d’accords électoraux bien que nous soyons de la mouvance. Il a fallu qu’on bataille pour avoir la possibilité de contrôler les étapes du processus électoral (...).
Maintenant je reviens au vote, vous savez mieux que moi, puisque ce n’est pas le PDG qui s’en est plaint le premier, il y a eu des cas de fraudes massives inacceptables ! Il y a eu des circonscriptions, je le répète où ce sont des ministres après avoir tout fait, distribuer de l’argent dans les bureaux de vote, après avoir utilisé des pressions sur les cadres de l’administration. Il y en a même qui ont été affectés. J’en connais, il y a un président de district qui a été révoqué parce qu’il a tout simplement reçu des délégués du PDG. Nous dénonçons ces faits. Il y a eu des ministres qui transportaient des urnes dans leur véhicule. Si vous acceptez cette élection (Prrrr !) nous respectons ! Allons-y de l’avant. C’est une étape importante parce que tout simplement nous avons besoin d’un peu plus de sérénité et de stabilité pour faire un travail effectif. Et ce travail là , ce n’est pas coûte que coûte aller à l’assemblée. Ce n’est pas acheter les consciences. D’abord le PDG n’a jamais acheté de consciences par ce que par principe nous nous opposons à ça. Il n’a jamais accumulé une cagnotte pour simplement acheter des votes. Nous ne comprenons pas la démocratie et nous ne l’appliquerons jamais de cette manière. Nous continuerons notre travail en approchant les populations et qui ont un niveau de conscience très avisé. Le peuple de Guinée est politiquement mure. Que ceux qui ne le comprennent pas se détrompent parce qu’au bout du compte, on ne peut pas tromper le peuple tous les temps.
AFRICAGUINEE.COM : il y a une évidence qui saute aux yeux dans ces élections, c’est que les deux partis politiques le PDG et le Parti de l’Unité et du Progrès (PUP) qui ont respectivement dirigé la Guinée pendant cinquante ans n’ont eu aucun député. Ne voyez-vous pas cela comme un désaveu du peuple à l’encontre de ces deux partis ?
MOHAMED TOURE : désaveu, d’abord je parle au nom du PDG. Je suis d’accord avec vous quand vous comparez le PDG au PUP parce qu’effectivement les deux formations politiques ont eu à gérer la nation à un moment. Mais la comparaison s’arrête là .
Maintenant que vous dites que c’est un désaveu, pas du tout ! bien au contraire, je vous ai expliqué les conditions dans lesquelles les élections se sont passées. Nous savons que nous n’avons pas été désavoués par le peuple de Guinée. Nous avons fait le tour de la Guinée. Regardez les résultats d’abord vous serez frappés par quelque chose. Il y a certains partis, on dit qu’à l’uninominale, un tel nombre de voix, à la proportionnelle, un tel nombre de voix. Mais la différence entre les voix à l’uninominal et à la proportionnelle pour ces partis n’est pas grande. Mais regardez les résultats du PDG, quand on a accepté de nous accorder 7000 voix quelque part à l’uninominal, c’est à peine si on a 400 voix à la proportionnelle. C'est-à -dire que les militants du PDG sont des bougnouls ? On a une lecture que nous avons de ce vote qui montre qu’on a délibérément barré le PDG à l’assemblée. Mais cela ne nous dérange pas puisque de toutes les façons la voix du PDG sera entendue par le peuple de Guinée. Je vous donne un autre exemple qui montre que notre parti n’a pas à rougir de ces résultats qui lui sont imposés. Le PDG est l’un des partis sinon le parti qui peut se féliciter d’avoir eu des votes dans toutes les circonscriptions électorales à l’intérieur comme à l’extérieur. Le PDG est un parti national. Pour nous c’est un motif de satisfaction. C’est un appel pour nous pour qu’on tire les conséquences de ce qui vient de se passer afin que les prochaines élections se fassent différemment. Puisque nous sommes en train de tirer les leçons pour que ce qui les erreurs d’appréciations qui nous aient arrivées, la fraude par la malice et le jeu politicien qui ont fait que ces résultats nous ait été imposés, ne nous arrivent plus.
AFRICAGUINEE.COM : Ces dénonciations ne seraient-t-elles pas en contradiction avec votre position étant donné que vous appartenez à la mouvance présidentielle et votre parti est même représenté au sein du gouvernement ?
MOHAMED TOURE : Ecoutez, le PDG comme tout parti politique a un objectif. C’est celui d’accéder au pouvoir politique. C’est clair ! Cependant, puisque nous sommes un parti républicain et puisque nous sommes un parti qui croit à la démocratie. Nous avons deux fois le mot démocratique dans notre nom : parti démocratique de Guinée et du rassemblement démocratique africain (PDG-RDA). Nous sommes profondément démocrates. Nous ne sommes pas dans ce combat politique exclusivement pour pouvoir poster quelques individus du parti, non ! Nous sommes dans ce combat pour une transformation effective de la société pour lui assurer un progrès réel. Cela ne se fait pas autour d’individus. Cela n’est possible qu’en étant la résultante d’un progrès de toute la société et d’une action commune. C’est ce que nous visons. Notre approche peut paraître étrange aux yeux de ceux qui sont à la recherche de postes. Parce que ça permet de grignoter et de faire ses poches, mais chacun a sa vision de ses enjeux politiques. Le PDG voit les choses autrement.
La mouvance (Prrrr…) nous sommes là -bas puisque nous avons dit que nous respectons nos engagements. C’est nous qui avons signé, nous n’avons pas eu le bâton derrière la tête pour le faire. Et donc nous sommes respectueux de ça. Nous sommes aussi un parti républicain, nous honorons les institutions républicaines et tout ça vient du PDG. Alors notre loyauté première, elle est par rapport au PDG. Donc mouvance, opposition quelque soit la décision prise, si elle corrobore à notre vision de développement de la Guinée nous l’embrassons. Nous sommes le PDG, ça doit suffire et ça nous suffit.
AFRICAGUINEE.COM : Quel est votre avis sur la décision de l’opposition de saisir les juridictions supra nationales et d’interpeller la communauté internationale sur l’arrêt rendu par la cour suprême ?
MOHAMED TOURE : d’abord je dirais que l’opposition a tous les droits. Si elle estime qu’elle doit faire recours à ce qu’elle a appelé les institutions supranationales, n’est-ce pas son droit ! En ce qui nous concerne, nous aurions eu une autre démarche puisque de toutes les façons, ces institutions ne sont pas étrangères au résultat que nous avons. Elles étaient là , impliquées dans le processus électoral. Après les résultats, des déclarations ont été faites par les unes et les autres pour dire : ‘’bravo à la Guinée, continuez’’. Ça c’est déjà fait ! Si l’opposition estime qu’elle peut encore faire ces recours là , c’est son droit, je n’ai pas de jugement à faire sur ça. PGD-RDA, nous n’aurions pas fait cette démarche, nous nous serions rentrés dans l’institution qui est le parlement avec la force que nous avons selon la répartition faite. Et à partir de là nous assumons les transformations que nous souhaitons pour la société guinéenne. Ce combat là peut être mené au parlement que dans la rue ou dans les joutes de l’ONU ou de l’UA ou de la CEDEAO. Avant tout, nous tous, mouvance, opposition, les différents centres, soyons de bons citoyens.
AFRICAGUINEE.COM : Comment comptez-vous poursuivre votre combat politique en dehors de l’assemblée nationale ?
MOHAMED TOURE : en ce concerne la direction nationale par mon intermédiaire, cette interview là , c’est un mode de combat pour moi. Mais ça ne suffit pas ! Le PDG est un parti national comme je vous l’ai dit tantôt. C’est vrai que nous aspirons le pouvoir, mais nous allons le faire en continuant notre travail de mobilisation, de formation politique, idéologique de nos militants et des sympathisants. En élargissant les bases de notre parti. Et nous croyons à ça, nous croyons que le changement peut venir que la transformation décisive n’est possible que quant c’est l’ensemble ou une grande majorité de la société qui y procède. Nous évoluons dans cette logique, nous nous donnons le temps qu’il faut, nous nous donnons les moyens qu’il faut, nous nous donnons le cadre organisationnel qu’il faut. Et nous amenons les populations à accepter notre démarche, notre vision et à s’investir pour la réalisation de cette vision. De toutes les façons c’est le combat que nous menons depuis, et c’est un combat qui se repose sur le peuple de Guinée tout entier qui est pour nous le référentiel et le seul référentiel.
AFRICAGUINEE.COM : Votre dernier mot…
MOHAMED TOURE : mon dernier mot c’est de dire au peuple de Guinée et de demander à la classe politique de cesser de nous tirer au rabais tout le temps. Notre peuple est grand, il a été la brèche dans l’empire colonial en Afrique, il a permis la libération du peuple africain du joug colonial. Aucune question n’était débattu en France, aux Etats-Unis, en grande Bretagne sans que référence ne soit faite à la Guinée. Alors qu’aujourd’hui ce leadership en mal d’affirmation et d’identité tente toujours de tirer ce grand peuple vers le bas. Il faut que ça s’arrête.
Nous disons au peuple de Guinée que c’est lui seul qui est capable de tirer cette spirale vertigineuse vers le bas pour que définitivement nous nous retrouvions sur la base des valeurs qui nous sommes propres et que nous reprenions la marche du progrès social et démocratique. C’est à ce défit que nous, nous attèlerons au fur et à mesure de façon démocratique. Nous croyons au pouvoir populaire, le pouvoir ce n’est pas le fauteuil, mais c’est la capacité qu’on a d’exercer un effet sur le milieu social et naturel dans lequel on existe. C’est ce combat que nous menons au PDG.
Interview réalisée par Diallo Boubacar 1
En collaboration avec SOUARE Mamadou Hassimiou
Pour Africaguinee.com
Tel : (00224) 664 93 51 32
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  Rubrique: Interview  date: 28-Nov-2013 à 15:47:40  Partager:   :  |
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