[IMG1]Le président du Ghana John Kufuor, au pouvoir depuis 2000, est sous le feu de critiques après la fuite de documents selon lesquels son gouvernement a dépensé 41.300 euros (65.400 dollars) pour lui décerner une médaille.
John Kufuor, qui doit quitter la présidence dans six mois, a récemment créé une nouvelle distinction, le "Grand ordre de l'étoile et des aigles du Ghana", qui revient aux personnes qui occupent la présidence... à commencer par lui-même.
En dépit de la controverse, la cérémonie a eu lieu le 3 juillet, deux jours après la fête nationale du Ghana.
Quatre jours plus tard, le journal "The Insight" titrait: "Kufuor a rejoint Amin et Bokassa", en référence aux anciens dictateurs ougandais Idi Amin Dada et centrafricain Jean-Bedel Bokassa, connus notamment pour leur train de vie fastueux.
"Evidemment, il ne pouvait pas faire confiance au jugement du peuple sur son action, donc il a décidé de se proclamer lui-même le plus grand", estime le journal "Insight", édité par l'un des critiques les plus virulents du Ghana, Kwesi Pratt.
Alors que la controverse commençait à s'éteindre, un document officiel obtenu par de nombreux quotidiens et radios, a relancé la polémique: la médaille que s'est auto-décerné John Kufuor a coûté la bagatelle de 65.400 dollars et un total de cinq d'entre elles avait été été commandées chez la société londonienne Cleave, joaillier de la Cour d'Angleterre et fabriquant de médailles.
Selon un autre document également officiel, c'est un total de 1,4 million de dollars qui ont été dépensés pour ces médailles décernées le 3 juillet.
"Face à tous nos problèmes, la seule chose que le président trouve à faire c'est de s'acheter ce bijou à grands frais", relève avec ironie une secrétaire ghanéenne, Adoley Laryea. "Qu'on ne s'étonne pas qu'on aille nulle part!"
Devant ce tollé, la présidence a publié un communiqué pour tenter de calmer les esprits. "Nous reconnaissons qu'il est légitime que les médias soulèvent des questions sur des événements importants comme les honneurs nationaux et la fête nationale (...), mais nous trouvons que la connotation politique dans ces rapports est incontestablement forte".
"Le gouvernement n'a pas de regrets à honorer des héros et des héroïnes. A nos yeux, ils méritent même encore mieux. Bien que nous reconnaissions et acceptions les critiques constructives, nous pensons que la critique actuelle est une diversion insignifiante pour faire avancer les ambitions de ceux à l'origine de ces rapports", estime la présidence.
Source:AFP
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  Rubrique: News Afrique  date: 13-Jul-2008 à 14:59:09  Partager:   :  |