Detail de la News

Nouveau gouvernement d'Ahmed Tidiane Souaré:une lune de miel écourtée...


[IMG1]La semaine dernière, le défilé des passations de services (une mamaya dont seule la Guinée a le secret) dans nos ministères a pris fin. Fraîchement installés dans leurs « Kibanyi », nos ministres ont promis chacun de restructurer leurs départements, à la demande du « Docteur » de la primature, pour continuer leur lune de miel avec le président Conté et surtout avec leurs concitoyens. Moins applaudis que leurs prédécesseurs(le gouvernement de l’ex pm Kouyaté), Ahmed Tidiane Souaré et son équipe suscitent déjà une attente à peine voilée de la part de leurs concitoyens, impatients de les voir à l’œuvre, là où les autres ont échoués. Qu’on ne se trompe pas, les guinéens ont préféré cette fois ci « observer » au lieu d’applaudir la nouvelle équipe gouvernementale de Souaré. Certains signes annoncent déjà la fin de la « lune de miel » dont bénéficie (de façon éphémère), le nouveau gouvernement. Voyons de plus près ces signes qui interpellent déjà nos « petits chefs » qui trônent dans nos ministères….


Premier signe, les prix des denrées de première nécessité, continuent de grimper fauchant de passage, les (maigres) espoirs des populations guinéennes. Cette flambée des prix, tant redoutée en cette période de pluies, risque de réveiller les « vieux démons » de la contestation et des grèves à répétition dont la Guinée est devenue championne ces derniers temps. Les mauvaises langues prédisent déjà un risque de famine dans les foyers, quand le prix du sac de riz (aliment de base des guinéens) tutoie les 220.000 francs guinéens. Pire, le prix du carburant risque de grimper à la pompe (avec son inévitable cortège de hausse généralisée des prix) en cette période de crise planétaire de l’or noir. Certes le gouvernement du « Docteur » Ahmed Tidiane Souaré a hérité un cadeau (empoisonné) de l’équipe Kouyaté à cause des « vautours »de l’économie guinéenne(les caisses de l’Etat sont vides et l’entourage présidentiel empêche toute réforme pour redynamiser l’économie),et la flambée des cours du pétrole du côté des bourses occidentales, n’arrangent pas les choses. Mais les attentes des populations face à la menace de famine, risquent de « troubler le sommeil » de nos ministres si l’inflation n’est pas maîtrisée. Mission compliquée pour l’équipe Souaré, mais les guinéens sont aux aguets. Et quand le peuple grogne, ça sent mauvais pour nos « petits chefs » !

Deuxième signe, l’insécurité est devenue un fléau national qui n’épargne aucun citoyen dans le pays. Symbole même de la faiblesse de l’Etat, le grand banditisme continue de sévir et les populations sont terrorisées quotidiennement par des hors-la loi qui tuent, violent, extorquent les civils. La récente grogne des policiers en dit long sur l’anarchie qui règne dans nos villes. Des cris de détresse se font déjà entendre face au règne de la terreur imposé par les bandits sur les routes, dans les villes. Vu l’état et la gestion (catastrophique) de nos services de sécurité, les bandits ont désormais les mains libres pour commettre leurs forfaitures. Pire, la récente »amnistie » accordée en mai dernier par le Président Conté aux soldats impliqués dans les tueries et pillages en 2007, a renforcé ce climat d’impunité qui règne dans le pays. Comment faire la différence entre le crime commis par un bandit et celui commis par un soldat ? Réponse peu évidente, qui instaure désormais, un climat de méfiance entre les civils et les « hommes en tenue » accusés de tous les crimes dans les quartiers notamment dans la banlieue de la capitale guinéenne. L’épineux dossier de la sécurité, est donc un des gages de réussite du gouvernement du « Docteur « de la primature. Protéger ses concitoyens, c’est le prix à payer par le gouvernement d’Ahmed Tidiane Souaré pour bénéficier du sursis populaire .A défaut, c’est un climat d’anarchie (et son cortège de malheurs) qui risque de s’instaurer dans le pays, comme le prédisent les mauvaises langues. Et quand le peuple grogne, ça sent mauvais pour nos « petits chefs » !

Troisième signe, la polémique autour de l’absence (remarquée) du premier ministre à la 11ème conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine (UA) les 1er et 2 juillet dernier à Charm el-Cheik, en Egypte. Plusieurs observateurs ont dénoncé le refus du Président Conté de voir son chef de gouvernement quitter la capitale guinéenne. Quand on sait que le nouveau locataire de la primature est un proche du Président Conté, on comprend mieux que la marge de manœuvre du premier ministre est réduite à sa plus simple expression. Déjà les mauvaises langues ont critiqué ce « hold up » présidentiel malgré le camouflage du porte parole du gouvernement Tibou Kamara qui a déclaré que "Le sommet de l'UA était très important, mais les urgences nationales étaient également importantes" pour justifier l’absence de son « Boss » à ce sommet africain.Selon les observateurs, cette injonction présidentielle à la primature, montre que pour assurer sa pérennité, le gouvernement de Souaré doit une obéissance( sans faille) au convalescent alité du côté de Wawa. Et dire que les intentions du Président Conté et de son entourage sont aux antipodes des attentes des populations, la tâche s’annonce plus compliquée pour notre « Docteur » qui doit ménager la volonté du « Menguê » et la volonté populaire devenue plus exigeante( l’ex PM Lansana Kouyaté en sait quelque chose !).Car quand le peuple grogne ca sent mauvais pour nos « petits chefs » !

En définitive, après la désillusion sur le gouvernement de Lansana Kouyaté, les guinéens ont appris à observer avant d’applaudir. Le moindre faux pas du gouvernement sera lourd de conséquences. La nouvelle équipe d’Ahmed Tidiane Souaré est donc en sursis. Bien sûr, notre « Docteur » (contrairement à Kouyaté) a peu promis, mais les populations veillent au grain et attendent les « remèdes » prescrites par le docteur de la primature pour les soulager. Une mission compliquée pour le premier ministre, qui a déjà goûté à plusieurs grognes comme « cadeau » de bienvenue à la primature. Si Kouyaté a bravé le Président Conté, Souaré préfère obéir pour l’instant au convalescent de Wawa pour sauver son fauteuil. A moins qu’une nouvelle grogne populaire rappelle au gouvernement Souaré, son devoir de servir le peuple et non de servir le… « Menguê ».Mais ceci est une autre histoire. A la semaine prochaine !

Amadou Diallo
Conakry-Guinée
Pour Africaguinee.com


  Rubrique: Coup de gueule  date: 08-Jul-2008 ŕ 17:34:56  Partager:   :

The Nun'S copyright -- design by Nun'S