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Au Zimbabwe, Robert Mugabe remporte une élection très contestée
[IMG1]Au terme d'un scrutin très critiqué par la communauté internationale et marqué par le retrait du chef de l'opposition, le président du Zimbabwe Robert Mugabe a été réélu pour cinq ans, selon les résultats officiels annoncés par la Commission électorale.
Mugabe, seul candidat en lice au second tour après le retrait de Morgan Tsvangirai, a recueilli 85,51% des suffrages, selon la commission.
A 84 ans, l'homme qui est au pouvoir depuis l'indépendance de l'ex-Rhodésie en 1980 a prêté serment dimanche dans la foulée de la proclamation des résultats avant de se rendre, lundi, au sommet de l'Union africaine à Charm el Cheikh (Egypte).
"Moi, Robert Gabriel Mugabe, jure de servir sincèrement en tant que président, avec l'aide de Dieu", a-t-il dit sous les applaudissements lors de la cérémonie organisée dans sa résidence officielle, à Harare, la capitale.
Il a ajouté qu'il était prêt au "dialogue" avec le MDC. "J'espère vraiment, et le plus tôt sera le mieux, que nous pourrons, tous les différents partis politiques, organiser des consultations en vue d'un dialogue afin de réduire nos divergences et favoriser l'unité et la coopération", a-t-il dit.
Invité par Mugabe à assister à son investiture, Tsvangirai a déclaré dimanche à Reuters qu'il ne participerait pas à une cérémonie n'ayant "aucun sens" pour lui.
"Je ne peux pas apporter mon soutien à une (élection) à laquelle je suis totalement opposé (...). Le monde entier l'a condamnée, le peuple zimbabwéen ne lui apportera pas de légitimité et de soutien", a-t-il souligné.
Arrivé largement en tête au premier tour, le 29 mars, mais contraint de peu à un second tour, Tsvangirai avait jeté l'éponge le 22 juin, invoquant les violences ayant visé ses partisans et affirmant que les conditions d'une élection libre et équitable n'étaient pas réunies.
TSVANGIRAI PRET A NÉGOCIER
Le dirigeant du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) avait appelé ses partisans à s'abstenir vendredi, sauf s'ils étaient en danger, mais affirmé que les forces de l'ordre obligeraient les Zimbabwéens à voter.
Selon la Commission électorale, le taux de participation au second tour a été de 42,37%, soit un chiffre semblable à celui du premier tour, que Tsvangirai avait remporté avec 47,9% des voix, contre 43,2% à Mugabe.
Les observateurs du Parlement panafricain, l'un des seuls groupes autorisés à superviser le scrutin, ont demandé la tenue d'un nouveau scrutin.
"Ces élections n'ont été ni libres ni équitables", a estimé le chef des observateurs, Marwick Khumalo. "Les conditions d'une élection libre, équitable et crédible devraient être créées dès que possible."
Selon Khumalo, les observateurs ont relevé un nombre important de violences, d'intimidations, d'enlèvements et d'agressions parfois mortelles dimanche.
Il a estimé que le taux de participation avait été très faible, affirmant en outre qu'un grand nombre de bulletins nuls avaient été déposés.
Les observateurs de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), eux aussi, ont affirmé que le résultat du second tour ne reflétait pas la volonté populaire.
Ils ont ajouté que les violences et les manoeuvres d'intimidation qui ont marqué la campagne électorale portaient atteinte à la crédibilité du vote, qui ne correspondait pas aux exigences démocratiques.
L'UA DIVISÉE
Malgré la tenue du scrutin, Tsvangirai a répété dimanche qu'il restait ouvert à des négociations avec le gouvernement de Mugabe, sous l'égide de l'Union africaine.
Cité par le site internet du quotidien britannique The Sunday Telegraph, Tsvangirai se dit prêt à prendre la tête d'un gouvernement d'union nationale et à cohabiter avec Mugabe si celui-ci se contente d'une fonction de représentation.
Lundi, c'est en chef d'Etat que Mugabe devrait se rendre au sommet panafricain, où des divisions pourraient apparaître entre les pays partisans d'une ligne dure, comme le Kenya, et ceux plus accommodants, comme l'Afrique du Sud de Thabo Mbeki, médiateur très critiqué du dossier zimbabwéen.
Des responsables participants aux réunions préparatoires du sommet de Charm el Cheikh ont rapporté que la question du Zimbabwe pourrait ne pas être évoquée, au risque de susciter la colère des puissances occidentales.
Dimanche, le Premier ministre kényan Raila Odinga a souhaité que l'UA déploie des soldats au Zimbabwe, mais le commissaire de l'UA à la paix et à la sécurité a fait part de son opposition, expliquant qu'une force de maintien de la paix avait seulement pour mission de veiller à la mise en oeuvre d'un accord de paix.
"Ce qui se passe au Zimbabwe est une honte pour l'Afrique aux yeux de la communauté internationale et doit être dénoncé", a dit Odinga.
L'archevêque anglican sud-africain Desmond Tutu a fait preuve de la même fermeté en demandant à l'UA de ne pas reconnaître Mugabe et à l'Onu d'intervenir militairement.
Le Premier ministre britannique Gordon Brown a quant à lui plaidé pour la recherche d'une solution internationale et l'envoi d'émissaires africains, en lien avec l'Onu, afin "d'évaluer les progrès qui peuvent être faits".
La veille, le président George Bush avait demandé à l'administration américaine de réfléchir à de nouvelles sanctions contre le gouvernement "illégitime" de Mugabe. Il compte inviter les Nations unies à prendre elles aussi des mesures de rétorsion.
Sa secrétaire d'Etat Condoleezza Rice a jugé dimanche qu'il était "vraiment temps pour la communauté internationale d'agir avec force".
Africaguinee.com
Source:REUTERS |
  Rubrique: News Afrique  date: 29-Jun-2008 à 21:49:59  Partager:   :  |
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