[IMG1]La police guinéenne, à sa tête le nouveau ministre de la sécurité et de la protection civile, a rendu ce vendredi 27 juin un hommage des plus mérités à ses morts tombés le 17 juin dernier sous les balles des militaires à la CMIS à Camayenne.
C'était une foule nombreuse de parents, amis, collègues et hauts responsables de la police guinéenne qui a tenu à saluer la mémoire des policiers morts suite aux sanglants accrochages entre policiers et militaires à Conakry.
Très tôt ce vendredi, les policiers aux visages tristes ont ''pris d'assaut'' la direction nationale de la sécurité civile. Et chacun avec son commentaire.
Trois corps de policiers morts y étaient exposés sur les lieux. Il a fallu attendre 13heures pour voir venir le ministre de la Sécurité Mohamed Damba, accompagné d'autres personnalités de la police nationale.
Après la revue des troupes, Mohamed Damba a, au nom du Président de la République et du Gouvernement, présenté ses condoléances les plus attristées aux familles éplorées, à la police guinéenne et à l'ensemble du peuple de Guinée. Ensuite, une minute de silence sera observée pour le repos de l'âme des disparus.
Selon le ministre, le Gouvernement a profondément regretté ces évènements qui ont conduit à des pertes en vies humaines et à des dégâts matériels importants.
Poursuivant, le ministre en profitera pour lancer un appel patriotique à tous les hommes en tenue pour le maintien de la paix et de la stabilité dans le pays. Ajoutant que de nombreuses revendications des policiers ont été prises en compte.
''Les autres points suivront'', rassure le ministre. Des recueillements sur les dépouilles mortelles continueront. Et les corps seront dirigés à la mosquée Fayçal de Conakry pour d'autres prières avant leur inhumation au cimetière de Cameroun.
Le Premier ministre...et le ministre de la Réconciliation nationale aux abonnés-absents ...
Parmi les grands absents à ces obsèques, on compte le Premier ministre chef du Gouvernement, le ministre de la Réconciliation nationale, celui de la défense nationale. Pis, aucune personnalité de l'armée n'a également fait le déplacement. Bref, le Gouvernement.
Des policiers mécontents...
Pour les nombreux policiers présents à cette cérémonie de recueillement, l'absence des membres du Gouvernement est un mépris exprimé à l'égard de la police nationale. Pour SC: ''le Gouvernement devrait partager nos peines en sacrifiant cette journée du vendredi pour consoler les policiers. Mais...''
Des larmes de tristesse...
Ce fut émouvant cette cérémonie. Des femmes et autres proches des victimes étaient tous en larmes lors de la levée des corps. Des veuves également implorant la grâce divine pour le repos de l'âme de leurs époux ''tués injustement'', pour reprendre leurs termes. Des proches de certains policiers tués qui n'ont que leurs yeux pour pleurer ont demandé que justice soit rendue.
Le bilan est lourd...
Selon des policiers interrogés mais qui ont préféré garder l'anonymat, la police, dans ces accrocahges, a perdu au moins une vingtaine de personnes et d'importants dégats matériels. Certains policiers, apparemment très touchés par ces incidents, ont ''murmuré'' pour que désormais le 17 juin de chaque année soit retenue comme journée nationale de la police guinéenne. Triste..., pourrait-on dire enfin.
Mamadou Camara
Depuis Conakry pour africaguinee.com
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  Rubrique: Politique  date: 27-Jun-2008 ŕ 18:44:42  Partager:   :  |