[IMG1]Le changement réclamé par les guinéens en 2007 est largement compromis suite au limogeage le 20 mai 2008 du Premier ministre Lansana Kouyaté, remplacé par Tidiane Souaré proche du président Lansana Conté. Les déclarations apaisantes du nouveau chef de gouvernement pour une inclusion et une poursuite du "changement" ne doivent pas faire illusion. Sans pression immédiate de la société civile et des dirigeants religieux et politiques, le gouvernement pourrait probablement remettre en cause ses promesses d'élections législatives en décembre 2008, compromettre le redressement économique du pays et enterrer la commission d'enquête indépendante chargée d’identifier et de poursuivre les auteurs de la répression sanglante de 2007.
Guinée: garantir la poursuite des réformes démocratiques
À moins que les acteurs de la société civile, les dirigeants des partis politiques et les autorités religieuses ne s’unissent pour réclamer le changement en Guinée, la dictature de Lansana Conté reviendra au pouvoir.
Guinée : Garantir la poursuite des réformes démocratiques, le dernier briefing de l’International Crisis Group, s’inquiète de la probable disparition du processus de transition politique. Le gouvernement Souaré-Conté a toutes les chances de remettre en cause ses promesses d’élections législatives crédibles en décembre 2008, de compromettre le redressement économique du pays et d’enterrer la commission d’enquête indépendante qui doit identifier et poursuivre les auteurs de la répression sanglante de janvier 2007.[IMG2]
« Le limogeage du Premier ministre Lansana Kouyaté le 20 mai 2008 et son remplacement par Tidiane Souaré, proche du président Lansana Conté, risque de compromettre l’ensemble du processus de réforme », explique Gilles Yabi, analyste senior à Crisis Group. « Le changement réclamé par la population guinéenne au prix de la vie de près de 200 jeunes en 2007 est largement compromis ».
Les citoyens et les acteurs des partis politiques et de la société civile attendaient beaucoup d’un Premier ministre doté initialement d’un puissant soutien populaire. Mais, paralysé par l’obstruction permanente de Conté et de ses alliés et coupé de l’élite politique et intellectuelle de Conakry, le Premier ministre a été progressivement neutralisé et suffisamment affaibli pour que le président puisse se permettre de le limoger sans craindre de nouvelles manifestations.
La Communauté économique des États d’Afrique de l’ouest (CEDEAO), l’Union européenne (UE), le bureau des Nations unies pour l’Afrique de l’ouest, la France, les États-Unis et les autres partenaires extérieurs de la Guinée doivent transmettre un message commun au nouveau Premier ministre.Leur assistance directe au gouvernement devrait être poursuivie à condition que celui-ci organise des élections législatives en décembre 2008, et qu’il fournisse des moyens financiers, logistiques et sécuritaires indispensables à l’ouverture des travaux de la commission d’enquête indépendante sur les évènements de juin 2006 et de janvier-février 2007.
« Sans une puissante et immédiate pression interne et extérieure, la perspective d’une transition politique disparaîtra », rappelle François Grignon, directeur du programme Afrique de Crisis Group. « Les déclarations apaisantes du nouveau chef de gouvernement en faveur de l’inclusion et de la poursuite du « changement » ne doivent pas faire illusion ».
Africaguinee.com
Source:International Crisis Group |
  Rubrique: Dossier du Jour  date: 24-Jun-2008 ŕ 17:14:16  Partager:   :  |